Peines : Cass. crim., 16 mai 1994, n° 93-83.223
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 16 mai 1994, 93-83.223, Inédit
Mots-clés
- Peines
- Peines accessoires et complémentaires
- Faillite personnelle
- Application
- Constatations insuffisantes
- Ancien code pénal, article 4
- Ancien code pénal, article 402
- Code de procédure pénale, article 593
- Cassation
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 93-83.223
- Solution
- Cassation
Référence
Cass. crim., 16 mai 1994, n° 93-83.223, inédit
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Peines ; Peines accessoires et complémentaires ; Faillite personnelle ; Application ; Constatations insuffisantes
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Cassation
Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?
Par ces motifs, et sans qu'il y ait lieu d'examiner le premier moyen proposé,
CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt de la cour d'appel de Nancy, en date du 18 juin 1993, et pour qu'il soit jugé à nouveau conformément à la loi,
RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Colmar, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;
ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel de Nancy, sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
- Ancien code pénal, article 4
- Ancien code pénal, article 402
- Code de procédure pénale, article 593
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 16 mai 1994.
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 93-83.223
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007565618.
Titrage officiel
PEINES - Peines - Peines accessoires et complémentaires - Faillite personnelle - Application - Constatations insuffisantes.
Textes cités
- Ancien code pénal, article 4
- Ancien code pénal, article 402
- Code de procédure pénale, article 593 · sur ce site
Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.
Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
2LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, le seize mai mil neuf cent quatre vingt quatorze, a rendu l'arrêt suivant :
3Sur le rapport de M. le conseiller HECQUARD, les observations de la société civile professionnelle BORE et XAVIER, avocat en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général MONESTIE ;
4Statuant sur le pourvoi formé par :
5- X... Marie-Louise, contre l'arrêt de la cour d'appel de NANCY, chambre correctionnelle, en date du 18 juin 1993, qui, pour banqueroute, l'a condamnée à 18 mois d'emprisonnement avec sursis, 300 000 francs d'amende et a prononcé contre elle la faillite personnelle pour une durée de 5 ans ;
6Vu le mémoire produit ;
7Sur le second moyen de cassation pris de la violation des articles 4 et 402 du Code pénal, des articles 126, 129, 133 de la loi du 13 juillet 1967, des articles 197, 201 et 238 de la loi du 25 janvier 1985 et de l'article 23 de la loi du 2 février 1981, de l'article 593 du Code de procédure pénale et de l'article 7 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
8"en ce que l'arrêt attaqué a condamné Mme X... à une peine d'emprisonnement de 18 mois avec sursis, au paiement d'une amende de 300 000 francs et a prononcé pour une durée de 5 années la faillite personnelle ;
9"1 ) alors que le cumul des peines d'amende et d'emprisonnement n'est devenu possible, en cas de banqueroute frauduleuse, qu'à compter de l'entrée en vigueur de la loi du 2 février 1981 ; que cette aggravation de la peine encourue ne peut être applicable qu'aux faits commis postérieurement à l'entrée en vigueur de la loi du 2 février 1981 ; qu'il résulte en l'espèce des termes de l'arrêt attaqué que les faits constitutifs du délit de banqueroute frauduleuse reprochés à Mme X... ont été commis dans le courant de l'année 1980 ; qu'en prononçant néanmoins une condamnation à l'emprisonnement et une condamnation au paiement d'une amende, la cour d'appel a violé les textes susvisés;
10"2 ) alors que la sanction de la faillite personnelle prévue par l'article 201 de la loi du 25 janvier 1985 entrée en vigueur le 1er janvier 1986 ne pouvait être prononcée avant cette date que par la juridiction consulaire, en cas de banqueroute ; que les faits constitutifs du délit de banqueroute frauduleuse reprochés à Mme X... remontent, aux termes de l'arrêt attaqué, à l'année 1980 ;
11qu'en prononçant néanmoins la sanction de la faillite personnelle, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;
12"3 ) alors qu'en toute hypothèse, l'article 402 du Code pénal en sa rédaction issue de la loi du 25 janvier 1985 dispose que le maximum de la peine d'amende susceptible d'être prononcée est de 200 000 francs ; qu'en prononçant une peine de 300 000 francs non prévue par la loi, la cour d'appel a violé les textes susvisés" ;
13Vu lesdits articles ;
14Attendu que selon l'article 4 du Code pénal devenu l'article 112-1, nulle contravention, nul délit, nul crime ne peuvent être punis de peines qui n'étaient pas prévues à la date à laquelle ils ont été commis ;
15Attendu qu'il appert de l'arrêt attaqué que les faits constitutifs du délit de banqueroute par détournement d'actif dont Marie-Louise X... a été déclarée coupable ont été perpétrés en 1979 et 1980 ;
16Qu'à l'époque des faits, cette infraction n'était punie par l'article 402 du Code pénal que d'une peine d'emprisonnement, la peine d'amende n'ayant été ajoutée au texte répressif que par la loi du 2 février 1981 et la sanction complémentaire de la faillite personnelle n'ayant été instituée que par l'article 201, alinéa 1er de la loi du 25 janvier 1985 ;
17Qu'ainsi, en prononçant outre la peine d'emprisonnement une peine d'amende et la faillite personnelle, la cour d'appel a méconnu les textes susvisés ;
18Que, dès lors, la cassation est encourue ;
19Par ces motifs, et sans qu'il y ait lieu d'examiner le premier moyen proposé,
20CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt de la cour d'appel de Nancy, en date du 18 juin 1993, et pour qu'il soit jugé à nouveau conformément à la loi,
21RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Colmar, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;
22ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel de Nancy, sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;
23Ainsi jugé et prononcé par la Cour de Cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus ;
24Où étaient présents : M. Tacchella conseiller doyen faisant fonctions de président en remplacement du président empêché, M. Hecquard conseiller rapporteur, MM. Gondre, Roman, Schumacher conseillers de la chambre, M. de Mordant de Massiac, Mme Mouillard conseillers référendaires, M. Monestié avocat général, Mme Nicolas greffier de chambre ;
25En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre ;
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
Poser une question sur cette décision à BRANCO · Vérifier une citation · Toute la jurisprudence pénale