Cass. crim., 14 juin 2001, n° 99-30.240
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 14 juin 2001, 99-30.240, Inédit
Mots-clés
- Rejet
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 99-30.240
- Solution
- Rejet
Référence
Cass. crim., 14 juin 2001, n° 99-30.240, inédit
Questions traitées
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Rejet
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 14 juin 2001.
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 99-30.240
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007583756.
Texte intégral
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1AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
2LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, le quatorze juin deux mille un, a rendu l'arrêt suivant :
3Sur le rapport de Mme le conseiller THIN, les observations de la société civile professionnelle LYON-CAEN, FABIANI et THIRIEZ et de Me FOUSSARD, avocats en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général JOBARD ;
4Statuant sur les pourvois formés par :
5- X... Eva,
6- LA SCI DE L'ETOILE,
7- Y... Lydia, épouse A...,
8- LA SOCIETE REAUMUR AUTOMATIC,
9- LA SOCIETE DE GESTION COMMERCIALE ET D'ENTREPRISE (SGCE),
10- LA SOCIETE RAPID SERVICE,
11- LA SOCIETE LAVERIE TEINTURERIE DE LA TOUR D'AUVERGNE,
12- LA SOCIETE TOUS SERVICES,
13- LA SOCIETE TEINTURERIE LE FLEURON,
14contre l'ordonnance rendue par le président du tribunal de grande instance de NANTERRE, en date du 31 mai 1999, qui a autorisé l'administration des Impôts à effectuer des visites et saisies de documents, en vue de rechercher la preuve d'une fraude fiscale ;
15Joignant les pourvois, en raison de la connexité ;
16Vu les mémoires produits, le mémoire ampliatif comportant un moyen unique de cassation, annexé au présent arrêt ;
17Attendu que, par ordonnance du 31 mai 1999, le président du tribunal de grande instance de Nanterre a, en vertu de l'article L. 16 B du Livre des procédures fiscales, autorisé des agents de l'administration des Impôts à effectuer une visite et une saisie de documents dans les locaux d'habitation de M. et Mme A... et/ ou locaux occupés par la SCI Maineville Normandie ou Mainville situés ... à Neuilly sur Seine dans les Hauts de Seine, dans les locaux d'habitation de Serge Z... et/ ou locaux occupés par la SCI de l'Etoile situés ...à Boulogne-Billancourt dans les Hauts de Seine, et dans les locaux d'habitation d'Eva X... situés ...à Boulogne Billancourt dans les Hauts-de-Seine, en vue de rechercher la preuve de la fraude fiscale des SARL Réaumur Automatic, société de gestion commerciale et d'entreprise, Rapid Service, Laverie Teinturerie de la Tour d'Auvergne, Teinturerie le Fleuron et Tous services au titre de l'Impôt sur les sociétés et de la taxe sur la valeur ajoutée ;
18Sur le moyen unique de cassation, pris en sa première branche :
19Attendu qu'Eva X..., la SCI de l'Etoile, Lydia A..., la SARL Réaumur Automatic, la SARL société de gestion commerciale et d'entreprise, la SARL Rapid Service, la SARL Laverie Teinturerie de la Tour d'Auvergne, la SARL Tous Services et la SARL Teinturerie le Fleuron font grief à l'ordonnance d'avoir autorisé les visite et saisie litigieuses alors, selon le pourvoi, que la pièce 8- A fait état de pièces annexes transmises à l'administration fiscale dans le cadre de l'assistance administrative prévue par l'article 27 de la convention franco-britannique du 22 mai 1968 ; que ces pièces ne figurent pas parmi celles qui ont été soumises au juge à l'appui de sa requête par l'administration requérante ; que l'Administration n'ayant pas dès lors soumis à celui-ci l'intégralité des pièces en sa possession, le juge auquel il appartenait de les lui réclamer, ne pouvait, à défaut, faire droit à la requête sans violer l'article L. 16 B du Livre des procédures fiscales ;
20Attendu qu'il n'est pas démontré que l'absence de production des pièces invoquées par le moyen était de nature à remettre en cause l'appréciation par le juge des éléments retenus par lui à titre de présomptions de fraude fiscale pour autoriser les visite et saisie litigieuses par l'Administration ;
21Sur le moyen unique de cassation, pris en sa deuxième branche :
22Attendu qu'Eva X..., la SCI de l'Etoile, Lydia A..., la SARL Réaumur Automatic, la SARL société de gestion commerciale et d'entreprise, la SARL Rapid Service, la SARL Laverie Teinturerie de la Tour d'Auvergne, la SARL Tous Services et la SARL Teinturerie le Fleuron font grief à l'ordonnance d'avoir autorisé les visite et saisie litigieuses alors, selon le pourvoi, que le juge fonde sa décision sur deux pièces produites en langue anglaise (pièces 8- B et 8- C) sans être accompagnées d'une traduction en français ; qu'en ne déclarant pas ces pièces irrecevables et en faisant droit à la requête de l'administration requérante, le juge qui ne peut de la sorte justifier avoir effectivement analysé les pièces citées à l'appui de sa décision, a violé tant l'ordonnance rendue en août 1539 à Villers-Cotterêts que l'article L. 16 B du Livre des procédures fiscales ;
23Attendu qu'il ne ressort pas de l'ordonnance que les pièces contestées ont été produites en langue anglaise, et au surplus, sans traduction en langue française ; qu'en outre, l'ordonnance de Villers-Cotterêts ne concerne que les actes de procédure ; qu'il appartient au juge du fond dans l'exercice de son pouvoir souverain d'apprécier la force probante des éléments de preuve qui lui sont soumis ; que le moyen n'est donc pas fondé ;
24Sur le moyen unique de cassation, pris en ses troisième et quatrième branches :
25Attendu qu'Eva X..., la SCI de l'Etoile, Lydia A..., la SARL Réaumur Automatic, la SARL société de gestion commerciale et d'entreprise, la SARL Rapid Service, la SARL Laverie Teinturerie de la Tour d'Auvergne, la SARL Tous Services et la SARL Teinturerie le Fleuron font grief à l'ordonnance d'avoir autorisé les visite et saisie litigieuses alors, selon le pourvoi, d'une part, que le juge qui ne relève aucun fait dont pourrait se déduire que les chiffres d'affaires des sociétés mises en cause apparaissant dans leur comptabilité et déclarés auprès des services fiscaux pourraient être inférieurs à la réalité, ne fait état à leur encontre que d'un soupçon de fraude et non, en l'absence de tout fait le corroborant, des présomptions requises par l'article L. 16 B du Livre des procédures fiscales ; qu'en l'état, sa décision se trouve privée de base légale au regard de cette disposition ;
26alors d'autre part, que le juge ne pouvait sans se contredire estimer que la réalité des apports en compte courant des associés de la SARL Teinturerie le Fleuron ne pouvait fait l'objet d'une justification fiable alors qu'il constatait qu'avait été produit devant l'administration fiscale, postérieurement au rapport mettant en cause cette possibilité, une attestation d'une banque attestant de la réalité des mouvements de fonds litigieux ; que cette contradiction prive la décision attaquée de motifs de sorte que le juge a violé l'article 455 du nouveau Code de procédure civile ;
27Attendu que le juge, s'étant référé, en les analysant, aux éléments d'information fournis par l'Administration, a souverainement apprécié l'existence des présomptions d'agissements justifiant la mesure autorisée ;
28D'où il suit que le moyen doit être écarté ;
29Et attendu que l'ordonnance attaquée est régulière en la forme ;
30REJETTE les pourvois ;
31Ainsi jugé et prononcé par la Cour de Cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus ;
32Etaient présents aux débats et au délibéré : M. Cotte président, Mme Thin conseiller rapporteur, MM. Schumacher, Martin, Roger, Dulin, Mme Desgrange conseillers de la chambre, Mme de la Lance, M. Samuel conseillers référendaires ;
33Avocat général : M. Jobard ;
34Greffier de chambre : Mme Nicolas ;
35En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre ;
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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