Urbanisme : Cass. crim., 16 janvier 2018, n° 17-81.884
Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 16 janvier 2018, 17-81.884, Publié au bulletin
Mots-clés
- Urbanisme
- Permis de construire
- Construction non conforme
- Démolition, mise en conformité ou réaffectation du sol
- Mesures prévues par l'article L. 480-5 du code de l'urbanisme
- Démolition
- Convention européenne des droits de l'homme
- Article 8
- Respect de la vie familiale
- Proportionnalité
- Nécessité
- Moyen inopérant
- Cas
- Construction sur une zone inondable avec fort aléa
- Code de procédure pénale, article 567-1-1
- Rejet
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 17-81.884
- ECLI
- ECLI:
FR: CCASS: 2018: CR03373 - Publication
- Publié au Bulletin
- Solution
- Rejet
Référence
Cass. crim., 16 janv. 2018, n° 17-81.884, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Urbanisme ; Permis de construire ; Construction non conforme ; Démolition, mise en conformité ou réaffectation du sol ; Mesures prévues par l'article L. 480-5 du code de l'urbanisme ; Démolition ; Convention européenne des droits de l'homme ; Article 8 ; Respect de la vie familiale ; Proportionnalité ; Nécessité ; Moyen inopérant ; Cas ; Construction sur une zone inondable avec fort aléa
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
La disproportion manifeste entre l'atteinte à la vie privée et familiale et au domicile par rapport aux impératifs d'intérêt général des législations urbanistique et environnementale qui résulterait de la démolition ne saurait être utilement invoquée quand la construction litigieuse est située en zone inondable avec fort aléa
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Rejet
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 16 janvier 2018.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Publié au Bulletin
Quels sont le numéro de pourvoi et l’identifiant européen de la jurisprudence (ECLI) de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 17-81.884
ECLI : ECLI:FR:CCASS:2018:CR03373
Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?
Sur la nécessité de répondre aux conclusions tirées du caractère disproportionné de l'atteinte, portée par la mesure de démolition ordonnée en application de l'article L. 480-5 du code de l'urbanisme, au droit eu respect de la vie privée et familiale et au domicile, à rapprocher :Crim., 31 janvier 2017, pourvoi n° 16-82.945, Bull. crim. 2017, n° 26 (cassation partielle), et l'arrêt cité
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000036584407.
Titrage officiel
URBANISME - Permis de construire - Construction non conforme - Démolition, mise en conformité ou réaffectation du sol - Mesures prévues par l'article L. 480-5 du code de l'urbanisme - Démolition - Convention européenne des droits de l'homme - Article 8 - Respect de la vie familiale - Proportionnalité - Nécessité - Moyen inopérant - Cas - Construction sur une zone inondable avec fort aléa
Références de titrage : CONVENTION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME - Article 8 - Respect de la vie familiale - Urbanisme - Permis de construire - Construction non conforme - Démolition, mise en conformité ou réaffectation du sol - Mesures prévues par l'article L. 480-5 du code de l'urbanisme - Démolition - Proportionnalité - Nécessité - Moyen inopérant - Cas - Construction sur une zone inondable avec fort aléa
Sommaire officiel
La disproportion manifeste entre l'atteinte à la vie privée et familiale et au domicile par rapport aux impératifs d'intérêt général des législations urbanistique et environnementale qui résulterait de la démolition ne saurait être utilement invoquée quand la construction litigieuse est située en zone inondable avec fort aléa
Textes cités
- Code de procédure pénale, article 567-1-1 · sur ce site
Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.
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Rapprochements officiels
Sur la nécessité de répondre aux conclusions tirées du caractère disproportionné de l'atteinte, portée par la mesure de démolition ordonnée en application de l'article L. 480-5 du code de l'urbanisme, au droit eu respect de la vie privée et familiale et au domicile, à rapprocher :Crim., 31 janvier 2017, pourvoi n° 16-82.945, Bull. crim. 2017, n° 26 (cassation partielle), et l'arrêt cité
Texte intégral
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Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, a rendu l'arrêt suivant :
2N° F 17-81.884 F-P+B
3N° 3373
4SL
516 JANVIER 2018
6REJET
7M. X... président,
8R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E
9________________________________________
10AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
11_________________________
12LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, a rendu l'arrêt suivant :
13REJET du pourvoi formé par Mme Christiane Y..., contre l'arrêt de la cour d'appel de Nîmes, chambre correctionnelle, en date du 9 décembre 2016, qui, pour infractions au code de l'urbanisme, l'a condamnée à 5 000 euros d'amende, a ordonné la remise en état des lieux sous astreinte et a prononcé sur les intérêts civils AR ;
14La COUR, statuant après débats en l'audience publique du 5 décembre 2017 où étaient présents dans la formation prévue à l'article 567-1-1 du code de procédure pénale : M. X..., président, M. Z..., conseiller rapporteur, M. Pers, conseiller de la chambre ;
15Greffier de chambre : Mme Hervé ;
16Sur le rapport de M. le conseiller Z..., les observations de la société civile professionnelle SPINOSI et SUREAU, avocat en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général A... ;
17Vu le mémoire produit ;
18Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, L. 123-1, L. 123-2, L. 123-3, L. 123-4, L. 123-5, L. 123-19, L. 160-1, L. 421-1, L. 480-4, L. 480-5, L. 480-7, R. 421-1, R. 421-14 du code de l'urbanisme, 485, 512, 591 et 593 du code de procédure pénale :
19"en ce que la cour d'appel a condamné Mme Christiane Y... à une amende de 5 000 euros et a ordonné la démolition totale de la construction illicite située sur la parcelle cadastrée section [...] , lieudit [...], commune de [...], dans un délai de six mois à compter du jour où l'arrêt d'appel serait définitif et, passé ce délai, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
20"aux motifs que la prévenue a reconnu les faits, dûment constatés par le procès-verbal dressé par la police municipale ; qu'elle a érigé une construction particulièrement importante sur son terrain sans déposer de demande de permis de construire et alors même qu'elle savait que sa parcelle était située en zone inconstructible ; qu'en dépit de l'arrêté interruptif de travaux pris par le maire, elle a finalisé sa construction ; qu'elle sera en conséquence déclarée coupable des faits qui lui sont reprochés ; que [...] sur la répression, que si la prévenue n'a jamais été condamnée auparavant, la cour ne peut que constater qu'elle n'a jamais tenté de régulariser sa situation en déposant un permis de construire et a même persisté dans l'illégalité en achevant sa construction ; qu'au vu de la maison ainsi édifiée d'une superficie d'environ 120 m², il est évident que la prévenue a engagé des frais importants et qu'elle peut difficilement faire valoir son impécuniosité ; que la cour la condamnera à une amende de 5 000 euros ; [...] que les observations de la représentante de la Direction des territoires et de la Mer ont été recueillies sur l'audience, par application de l'article L. 480-5 du code de l'urbanisme, et confirment le rapport déjà au dossier selon lequel la situation n'est pas régularisable ; que l'argument avancé par la prévenue selon lequel il pourrait y avoir un hypothétique changement de classification de la zone n'est pas recevable en l'état des pièces jointes à la procédure et que la cour ordonnera la démolition totale de la construction illicite située sur la parcelle cadastrée section [...] , lieu dit [...] sur la commune de [...], dans un délai de six mois à compter du jour où le présent arrêt sera définitif et, passé ce délai sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
21"1°) alors qu'en ordonnant une mesure de démolition sans répondre à l'articulation essentielle de la prévenue selon laquelle Mme Y... était atteinte de diverses pathologies qui lui interdisaient désormais de voyager et qui justifiaient, au contraire, qu'elle réside sur le terrain où elle avait fait édifier la construction, lequel avait perdu de longue date toute vocation agricole, de sorte qu'aucun impératif de nécessité de préserver cet espace ne s'imposait en l'espèce et que les conséquences d'une démolition seraient disproportionnées au regard de la gravité de la faute commise et des intérêts à protéger, la cour d'appel a entaché sa décision d'un défaut de réponse à conclusions ;
22"2°) alors que toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale et au respect de son domicile ; qu'en l'espèce, la cour d'appel ne pouvait d'autant moins statuer comme elle l'a fait qu'elle risquait de priver Mme Y..., atteinte de sérieux problèmes de santé, de ce qui constituait son seul domicile en ordonnant la démolition, commettant ainsi une ingérence disproportionnée dans son droit au respect de la vie privée et familiale et de son domicile" ;
23Attendu que, pour ordonner la remise en état des lieux et la démolition de la maison d'habitation de la prévenue, l'arrêt attaqué énonce que Mme Y... a reconnu les faits, dûment constatés par le procès-verbal dressé par la police municipale ; que les juges ajoutent qu'elle a érigé une construction particulièrement importante sur son terrain sans déposer de demande de permis de construire alors même qu'elle savait que sa parcelle était située en zone inconstructible ; que les juges rappellent que la direction des territoires et de la mer a indiqué que la construction ne pouvait être régularisée parce que située en zone NC réservée aux activités agricoles et en zone inondable avec fort aléa et qu'en dépit de l'arrêté interruptif de travaux pris par le maire, Mme Y... a finalisé sa construction et que l'argument selon lequel il pourrait y avoir un hypothétique changement de classification de la zone n'est pas recevable en l'état des pièces jointes à la procédure ;
24Attendu qu'en statuant ainsi, la cour d'appel a répondu sans insuffisance ni contradiction aux conclusions dont elle était saisie, dès lors que la disproportion manifeste entre l'atteinte à la vie privée et familiale et au domicile par rapport aux impératifs d'intérêt général des législations urbanistique et environnementale qui résulterait de la démolition, ne saurait être utilement invoquée quand la construction litigieuse est située en zone inondable avec fort aléa ;
25D'où il suit que le moyen doit être écarté ;
26Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ;
27REJETTE le pourvoi DAR ;
28Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le seize janvier deux mille dix-huit ;
29En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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