Convention europeenne des droits de l'homme : Cass. crim., 19 juin 1997, n° 96-84.226
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 19 juin 1997, 96-84.226, Publié au bulletin
Mots-clés
- Convention europeenne des droits de l'homme
- Article 8
- Droit au respect de la vie privée et familiale, du domicile et de la correspondance
- Mesure nécessaire à la sûreté publique, à la prévention des infractions pénales et à la protection de la santé
- Etranger
- Infraction à la législation sur les stupéfiants
- Interdiction du territoire français
- Prononcé
- Rejet
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 96-84.226
- Publication
- Bulletin criminel 1997 N° 248 p. 820
- Solution
- Rejet
Référence
Cass. crim., 19 juin 1997, n° 96-84.226, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Convention europeenne des droits de l'homme ; Article 8 ; Droit au respect de la vie privée et familiale, du domicile et de la correspondance ; Mesure nécessaire à la sûreté publique, à la prévention des infractions pénales et à la protection de la santé ; Etranger ; Infraction à la législation sur les stupéfiants ; Interdiction du territoire français ; Prononcé
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Ne méconnaît pas l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme la cour d'appel qui prononce l'interdiction du territoire français à l'encontre d'un étranger reconnu coupable d'infraction à la législation sur les stupéfiants, dès lors que sa décision spécialement motivée au regard de l'article 21 bis 1° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 dont les exigences sont conformes à l'article 8-2 du texte conventionnel.
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Rejet
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 19 juin 1997.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin criminel 1997 N° 248 p. 820
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 96-84.226
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007071374.
Titrage officiel
CONVENTION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME - Article 8 - Droit au respect de la vie privée et familiale, du domicile et de la correspondance - Mesure nécessaire à la sûreté publique, à la prévention des infractions pénales et à la protection de la santé - Etranger - Infraction à la législation sur les stupéfiants - Interdiction du territoire français - Prononcé.
Références de titrage : PEINES - Peines privatives de liberté - Interdiction, déchéances ou incapacités professionnelles - Interdiction du territoire français - Interdiction temporaire du territoire français - Prononcé - Infraction à la législation sur les étrangers (article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945) - Infraction à la législation sur les stupéfiants - Convention européenne des droits de l'homme, article 8 - Compatibilité | ETRANGER - Entrée et séjour - Entrée et séjour irréguliers - Peines - Peine privative de liberté - Interdiction du territoire français - Interdiction temporaire du territoire français - Prononcé - Article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 - Convention européenne des droits de l'homme, article 8 - Compatibilité | ETRANGER - Interdiction du territoire français - Infraction à la législation sur les stupéfiants - Interdiction temporaire du territoire français - Peine principale privative de liberté - Décision spécialement motivée - Article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 - Convention européenne des droits de l'homme, article 8 - Compatibilité
Sommaire officiel
Ne méconnaît pas l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme la cour d'appel qui prononce l'interdiction du territoire français à l'encontre d'un étranger reconnu coupable d'infraction à la législation sur les stupéfiants, dès lors que sa décision spécialement motivée au regard de l'article 21 bis 1° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 dont les exigences sont conformes à l'article 8-2 du texte conventionnel.
Texte intégral
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Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1REJET du pourvoi formé par :
2- X... Sabahaddin,
3contre l'arrêt de la cour d'appel de Nancy, chambre correctionnelle, en date du 16 juillet 1996, qui, pour détention de stupéfiants et infractions à la législation sur les étrangers, l'a condamné, notamment, à l'interdiction du territoire français pendant 5 ans et a ordonné son maintien en détention.
4LA COUR,
5Vu le mémoire produit ;
6Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
7" en ce que Sabahaddin X... a été condamné à une peine d'interdiction du territoire national pour une durée de 5 ans ;
8" aux motifs que, si l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme prévoit que toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, ce même texte prévoit que l'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit est possible pour autant qu'elle est prévue par la loi et constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, notamment ; que l'article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, dans sa rédaction actuellement applicable, prévoit que l'interdiction du territoire français ne peut être prononcée que par décision spécialement motivée au regard de la gravité de l'infraction pour un condamné étranger père d'un enfant français résidant en France à condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ; que notamment à l'égard de son fils Sony X..., né le 9 décembre 1994 à Nancy d'une mère française née en France et s'agissant d'un enfant légitime (acte de naissance), le prévenu remplit cette condition d'exercice d'autorité parentale (exercice conjoint de droit) ; que le prévenu est ici déclaré coupable, non seulement de faits relatifs aux stupéfiants, mais encore d'infractions distinctes de pénétration et séjour en France sans titre ni visa et malgré expulsion résultant d'un arrêté ministériel et en état de récidive légale, et qu'en 1990 il a déjà été condamné à 6 mois ferme pour soustraction à un précédent arrêté d'expulsion puis à nouveau en 1992 puis en 1994 ; que la gravité et la répétition de ces faits spécifiques justifient l'application de la dérogation prévue par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, alinéa 2, et le prononcé de l'interdiction du territoire français au vu de l'article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée ;
9" alors que l'ingérence que constituerait une mesure d'interdiction du territoire français de 5 ans dans l'exercice par Sabahaddin X..., marié à une Française et père de deux jeunes enfants français, de son droit au respect de sa vie familiale, ne peut trouver de justification nécessaire et proportionnée dans les atteintes à l'ordre résultant des infractions à la législation sur le séjour en France des étrangers qu'il a commises, notamment, depuis la naissance de ses deux enfants français " ;
10Attendu qu'il appert de l'arrêt attaqué et du jugement qu'il confirme que Sabahaddin X... a été déclaré coupable de détention de stupéfiants, ainsi que d'entrée et séjour sur le territoire français malgré l'interdiction résultant d'un arrêté d'expulsion, et ce, en récidive légale des deux chefs de la prévention ;
11Qu'en réponse aux conclusions du prévenu, qui invoquait une atteinte au respect de sa vie familiale en faisant valoir qu'il est marié à une Française et père de deux enfants français, la cour d'appel a estimé, par les motifs repris au moyen, que la gravité et la répétiion des faits justifiaient le prononcé à son encontre de l'interdiction du territoire français pour une durée de 5 ans ;
12Qu'en cet état et dès lors que sa décision a été spécialement motivée au regard de l'article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, non contraire aux dispositions de l'article 8. 2 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, lesquelles prévoient une dérogation fondée sur la prévention des infractions pénales ainsi que sur la protection de la santé ou de la morale publique, la cour d'appel n'a pas encouru le grief allégué ;
13Que, dès lors, le moyen ne peut être accueilli ;
14Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ;
15REJETTE le pourvoi.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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