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Cass. crim., 27 septembre 2001, n° 99-30.372

Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 27 septembre 2001, 99-30.372, Inédit

Mots-clés

  • Rejet

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
99-30.372
Solution
Rejet

Référence

Cass. crim., 27 sept. 2001, n° 99-30.372, inédit

Questions traitées

Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Rejet

Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 27 septembre 2001.

Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Pourvoi n° 99-30.372

Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?

Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007589407.

Texte intégral

Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.

1AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

2LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, le vingt-sept septembre deux mille un, a rendu l'arrêt suivant :

3Sur le rapport de M. le conseiller DULIN, les observations de la société civile professionnelle BOULLOCHE et de Me FOUSSARD, avocats en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général VIRICELLE ;

4Statuant sur les pourvois formés par :

5- LA SOCIETE NOVAMARK,

6- LA SOCIETE MARQUES-RODHAIN-PORTE,

7- LA SOCIETE NOVAMARK TECHNOLOGIES,

8- LA SOCIETE NOVAPAT,

9- LA SOCIETE DE DEVELOPPEMENT ET DE GESTION,

10- B... Johan,

11- Z... Simone, épouse B...,

12contre l'ordonnance du président du tribunal de grande instance de PONTOISE, en date du 25 mai 1999, qui a autorisé l'administration des Impôts à procéder aux visite et saisies de documents en vue de rechercher la preuve d'une fraude fiscale ;

13Joignant les pourvois en raison de la connexité ;

14Vu les mémoires produits, le mémoire ampliatif contenant un moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ;

15Attendu que, par ordonnance du 25 mai 1999, le président du tribunal de grande instance de Pontoise a, en vertu de l'article L. 16- B du Livre des procédures fiscales, autorisé des agents de l'administration des Impôts à effectuer une visite et une saisie de documents dans les locaux occupés par Johan ou Simone B... situés... à Saint-Gratien (95), en vue de rechercher la preuve de la fraude fiscale des SA Novamark, Novamark Technologies, Marques Rodhain et Porte, Société de Développement et de Gestion (SDG) et de la SARL Novapat au titre de l'impôt sur les sociétés et de la taxe sur la valeur ajoutée ;

16Sur le moyen unique de cassation pris en ses deux premières branches :

17Attendu que la SA Novamark, la SA Marques Rodhain et Porte, la SA Novamark Technologies, la SARL Novapat, la SA société de Développement et de Gestion, Johan et Simone B... font grief à l'ordonnance d'avoir autorisé les visite et saisie litigieuses alors, selon le pourvoi, d'une part, que seuls le chef de service d'une des directions nationales fiscales compétentes, le directeur régional des impôts et le directeur des services fiscaux du département ont le pouvoir de saisir le juge d'une demande d'autorisation de visite domiciliaire ;

18qu'en l'espèce, la requête a été présentée par un inspecteur des impôts, de sorte qu'en la déclarant recevable, le président du tribunal de grande instance a violé l'article L. 16- B du Livre des procédures fiscales ;

19Alors, d'autre part, que les inspecteurs des impôts ne peuvent agir qu'en exécution d'une décision spéciale de recourir à cette procédure pour l'enquête en cause, prise préalablement par le chef de service d'une des directions nationales fiscales compétentes, par le directeur régional des impôts ou par le directeur des services fiscaux du département ; qu'en l'espèce, le président du tribunal a donc violé l'article L. 16- B du Livre des procédures fiscales en accueillant une requête aux fins d'autorisation de visites domiciliaires présentées par un inspecteur des impôts qui n'a pas justifié avoir agi en exécution d'une décision expresse prise par l'une de ces autorités de demander au juge une autorisation de perquisition ;

20Attendu que l'ordonnance attaquée, qui mentionne que la requête a été présentée par un inspecteur des impôts, spécialement habilité par le directeur général des impôts, satisfait aux prescriptions de l'article L. 16- B du Livre des procédures fiscales ;

21Sur le moyen unique de cassation pris en sa troisième branche :

22Attendu que la SA Novamark, la SA Marques Rodhain et Porte, la SA Novamark Technologies, la SARL Novapat, la SA société de Développement et de Gestion, Johan et Simone B... font grief à l'ordonnance d'avoir autorisé les visite et saisie litigieuses alors, selon le pourvoi, que le droit a un procès équitable implique qu'une décision de justice soit rendue par un magistrat indépendant, au moins aux yeux des deux parties concernées par la décision ; que cette indépendance suppose que le juge ait motivé lui-même sa décision ;

23qu'en outre, le juge saisi d'une demande d'autorisation de procéder à une visite domiciliaire doit, conformément aux principes posés par le Conseil constitutionnel, vérifier de manière concrète que la demande qui lui est soumise est bien fondée et il doit motiver sa décision par l'indication des éléments qu'il retient et qui laissent présumer, en l'espèce, l'existence des agissements frauduleux dont la preuve est recherchée ; que cette obligation de contrôle effectif des éléments fournis par l'administration fiscale exclut que le juge se borne à signer un document préparé par celle-ci ; qu'en l'espèce, l'ordonnance attaquée, rendue le jour même de sa présentation au président du tribunal de grande instance, est strictement identique, tant dans sa motivation que dans sa typographie, à d'autres ordonnances, également frappées de pourvois, rendues dans la même procédure d'enquête par des magistrats du tribunal de grande instance de Nanterre, de Blois et de Paris ; que cette identité établit que ces ordonnances n'ont pas été rédigées par les magistrats mais par les auteurs des recours, de sorte que ces juges n'ont pas, au moins en apparence, exercé leur pouvoir de contrôle ; que l'ordonnance attaquée est donc entachée d'un excès de pouvoir et a été rendue en méconnaissance des articles 64 et 66 de la Constitution du 4 octobre 1958, 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 16- B du Livre des procédures fiscales ;

24Attendu que l'ordonnance est réputée avoir été établie par le juge qui l'a rendue et signée ; que les circonstances que la requête ait été déposée le même jour et que la décision soit rédigée dans les mêmes termes que d'autres ordonnances concernant les mêmes sociétés, mais rendues par d'autres magistrats, sont sans incidence sur la régularité de la décision ;

25Sur le moyen unique de cassation pris en sa quatrième branche :

26Attendu que la SA Novamark, la SA Marques Rodhain et Porte, la SA Novamark Technologies, la SARL Novapat, la SA société de Développement et de Gestion, Johan et Simone B... font grief à l'ordonnance d'avoir autorisé les visite et saisie litigieuses alors, selon le pourvoi, que le juge ne peut ordonner de perquisitions dans des lieux dont une personne est propriétaire sans justifier d'une présomption suivant laquelle cette personne aurait participé à la soustraction à l'établissement ou au paiement de l'impôt ; que l'ordonnance attaquée autorise la visite des lieux occupés par Johan ou Simone B... ; qu'en autorisant ainsi la visite de lieux qui pourraient être exclusivement occupés par Simone B..., sans avoir relevé que celle-ci aurait pu être concernée par des présomptions de soustraction à l'impôt, le président du tribunal de grande instance a privé son arrêt de base légal au regard de l'article L. 16- B du Livre des procédures fiscales ;

27Attendu que l'ordonnance n'encourt pas le grief allégué, dès lors qu'il n'est pas établi que l'autorisation donnée ait concerné des lieux exclusivement occupés par Simone B... ;

28D'où il suit que le moyen doit être écarté ;

29Et attendu que l'ordonnance attaquée est régulière en la forme ;

30REJETTE les pourvois ;

31Ainsi jugé et prononcé par la Cour de Cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus ;

32Etaient présents aux débats et au délibéré : M. Cotte président, M. Dulin conseiller rapporteur, M. Pibouleau, Mmes Thin, Desgrange conseillers de la chambre, Mme de la Lance, M. Samuel conseillers référendaires ;

33Avocat général : M. Viricelle ;

34Greffier de chambre : Mme Lambert ;

35En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre ;

Source

Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.

Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
99-30.372
Solution
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Cass. crim., 27 sept. 2001, n° 99-30.372, inédit

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