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Instruction : Cass. crim., 9 mai 2012, n° 11-85.522

Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 9 mai 2012, 11-85.522, Publié au bulletin

Mots-clés

  • Instruction
  • Mesures conservatoires prises en application de l'article 706-148 du code de procédure pénale
  • Confiscation
  • Bien dont le mise en examen a la libre disposition
  • Condition
  • Lois et reglements
  • Application dans le temps
  • Loi de forme ou de procédure
  • Application immédiate
  • Domaine d'application
  • Article 706-148 dans sa rédaction issue de la loi n° 2012-409 du 27 mars 2012
  • Modalités de la saisie conservatoire des biens de la personne mise en examen
  • Code pénal, article 122-2
  • Code de procédure pénale, article 706-148
  • Code pénal, article 112-2
  • Ancien code pénal, article 2
  • Annulation

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
11-85.522
Publication
Bulletin criminel 2012, n° 110
Solution
Annulation

Référence

Cass. crim., 9 mai 2012, n° 11-85.522, publié au Bulletin

Questions traitées

De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Instruction ; Mesures conservatoires prises en application de l'article 706-148 du code de procédure pénale ; Confiscation ; Bien dont le mise en examen a la libre disposition ; Condition ; Lois et reglements ; Application dans le temps ; Loi de forme ou de procédure ; Application immédiate ; Domaine d'application ; Article 706-148 dans sa rédaction issue de la loi n° 2012-409 du 27 mars 2012 ; Modalités de la saisie conservatoire des biens de la personne mise en examen

Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Il ressort des dispositions de l'article 706-148 du code de procédure pénale, dans sa rédaction issue de la loi du 27 mars 2012, que la saisie à titre conservatoire des biens de la personne mise en examen, ou, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi, des biens dont celle-ci a la libre disposition, peut être autorisée au cours de l'instruction lorsque la loi qui réprime le crime ou le délit poursuivi prévoit leur confiscation

Lire le sommaire officiel

Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Annulation

Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?

Par ces motifs, et sans qu'il y ait lieu d'examiner les moyens de cassation proposés :

ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt n° 407 susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, en date du 23 juin 2011, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi,

RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;

ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la chambre de I'instruction de la cour d'appel de Paris et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;

Lire le texte intégral

Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?

Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 9 mai 2012.

Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?

Bulletin criminel 2012, n° 110

Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Pourvoi n° 11-85.522

Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?

Sur le n° 1 : Sur la nature des biens pouvant faire l'objet d'une mesure conservatoire :Crim., 26 mai 2010, pourvoi n° 10-81.163, Bull. crim. 2010, n° 94 (annulation et renvoi). Sur le n° 2 : Sur l'application immédiate des lois de forme ou de procédure, à rapprocher :Crim., 16 décembre 2009, pourvoi n° 09-85.153, Bull. crim. 2009, n° 216 (rejet)

Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?

Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000025860312.

Titrage officiel

INSTRUCTION - Mesures conservatoires prises en application de l'article 706-148 du code de procédure pénale - Confiscation - Bien dont le mise en examen a la libre disposition - Condition

LOIS ET REGLEMENTS - Application dans le temps - Loi de forme ou de procédure - Application immédiate - Domaine d'application - Article 706-148 dans sa rédaction issue de la loi n° 2012-409 du 27 mars 2012 - Modalités de la saisie conservatoire des biens de la personne mise en examen

Sommaire officiel

Il ressort des dispositions de l'article 706-148 du code de procédure pénale, dans sa rédaction issue de la loi du 27 mars 2012, que la saisie à titre conservatoire des biens de la personne mise en examen, ou, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi, des biens dont celle-ci a la libre disposition, peut être autorisée au cours de l'instruction lorsque la loi qui réprime le crime ou le délit poursuivi prévoit leur confiscation

Cette mesure conservatoire étant d'application immédiate au sens de l'article 122-2 2° du code pénal, doit être annulé, afin qu'il soit prononcé au vu des nouvelles règles de procédure de la loi précitée, l'arrêt d'une chambre de l'instruction qui a, conformément aux dispositions antérieurement applicables de l'article 706-148 susvisé, infirmé la décision du juge d'instruction ordonnant la saisie de l'immeuble d'une société civile immobilière, en retenant qu'il ne pouvait être procédé en l'espèce à une saisie, dès lors que le mis en examen ne détenait aucune part dans la société civile immobilière et que cette société, propriétaire du bien, disposait d'un patrimoine propre

Textes cités

Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.

Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.

Rapprochements officiels

Sur le n° 1 : Sur la nature des biens pouvant faire l'objet d'une mesure conservatoire :Crim., 26 mai 2010, pourvoi n° 10-81.163, Bull. crim. 2010, n° 94 (annulation et renvoi). Sur le n° 2 : Sur l'application immédiate des lois de forme ou de procédure, à rapprocher :Crim., 16 décembre 2009, pourvoi n° 09-85.153, Bull. crim. 2009, n° 216 (rejet)

Texte intégral

Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.

1LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, a rendu l'arrêt suivant :

2Statuant sur les pourvois formés par :

3- Le procureur général près la cour d'appel de Paris, - L'Etat, partie civile,

4contre l'arrêt n° 407 de la chambre de l'instruction de ladite cour d'appel, 2e section, en date du 23 juin 2011, qui, dans l'information suivie notamment contre M. Haroun X... du chef de blanchiment en bande organisée d'escroqueries aggravées, a prononcé sur une mesure de saisie de patrimoine ;

5La COUR, statuant après débats en l'audience publique du 11 avril 2012 où étaient présents : M. Louvel président, Mme Guirimand conseiller rapporteur, M. Blondet, Mme Koering-Joulin, MM. Beauvais, Guérin, Straehli, Finidori, Monfort, Buisson conseillers de la chambre, Mme Divialle, MM. Maziau, Barbier conseillers référendaires ;

6Avocat général : M. Gauthier ;

7Greffier de chambre : Mme Leprey ;

8Sur le rapport de Mme le conseiller GUIRIMAND, et les observations de Me FOUSSARD, de la société civile professionnelle BORÉ et SALVE de BRUNETON, de la société civile professionnelle PIWNICA et MOLINIÉ et de la société civile professionnelle BOULLEZ, avocats en la Cour, les conclusions de M. l'avocat général GAUTHIER ;

9Vu l'ordonnance du président de la chambre criminelle, en date du 21 novembre 2011, joignant les pourvois et prescrivant leur examen immédiat ;

10Vu les mémoires produits en demande et en défense ;

11Sur le moyen relevé d'office et pris de l'application de l'article 706-148 du code de procédure pénale, dans sa rédaction issue de la loi du 27 mars 2012 ;

12Vu ledit article, ensemble l'article 112-2-2° du code pénal ;

13Attendu, d'une part, qu'en application de l'article 112-2-2° du code pénal, les lois fixant les modalités des poursuites et les formes de la procédure sont applicables immédiatement à la répression des infractions commises avant leur entrée en vigueur ;

14Attendu, d'autre part, qu'il ressort des dispositions de l'article 706-148 du code de procédure pénale, dans sa rédaction issue de la loi du 27 mars 2012, que la saisie à titre conservatoire des biens de la personne mise en examen, ou, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi, des biens dont celle-ci a la libre disposition, peut être autorisée au cours de l'instruction lorsque la loi qui réprime le crime ou le délit poursuivi prévoit leur confiscation ;

15Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que, le 13 décembre 2010, le juge d'instruction a, en application des dispositions de l'article 706-148 du code de procédure pénale alors en vigueur, ordonné la saisie d'un bien immobilier appartenant à la société civile immobilière Joinville Quai de la Seine dont toutes les parts étaient détenues par des membres de la famille de M. X..., mis en examen du chef de blanchiment en bande organisée d'escroqueries aggravées, au motif que ce dernier était le véritable dirigeant de la société au sens de ce texte ; que la société civile immobilière et M. X... ont relevé appel de la décision ;

16Attendu que, pour accueillir l'argumentation des appelants qui faisaient valoir que la mesure conservatoire n'aurait pu être envisagée qu'à l'égard de la SCI, seule propriétaire de l'immeuble saisi, et infirmer l'ordonnance entreprise, l'arrêt énonce que M. X... ne détient aucune part dans la société civile immobilière Joinville Quai de la Seine, et que le bien en cause est la propriété de cette société, qui dispose d'un patrimoine propre ;

17Mais attendu que si la chambre de l'instruction n'encourt aucune censure pour avoir statué comme elle l'a fait au jour de sa décision, la saisie de patrimoine contestée ne pouvant alors s'effectuer que sur les seuls biens appartenant au mis en examen, l'arrêt attaqué doit cependant être annulé afin qu'il soit prononcé au vu des dispositions de procédure précitées de la loi du 27 mars 2012, qui concernent une mesure conservatoire d'application immédiate ;

18Par ces motifs, et sans qu'il y ait lieu d'examiner les moyens de cassation proposés :

19ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt n° 407 susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, en date du 23 juin 2011, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi,

20RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;

21ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la chambre de I'instruction de la cour d'appel de Paris et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;

22Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le neuf mai deux mille douze ;

23En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre ;

Source

Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.

Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
11-85.522
Publication
Bulletin criminel 2012, n° 110
Solution
Annulation

Référence

Cass. crim., 9 mai 2012, n° 11-85.522, publié au Bulletin

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