Cass. crim., 11 mai 2016, n° 15-86.817
Mots-clés
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Formation de section
- Date
- Pourvoi
- 15-86.817
- ECLI
- ECLI:
FR: CCASS: 2016: CR02295 - Publication
- Non publié
- Solution
- Cassation
Référence
Cass. crim., 11 mai 2016, n° 15-86.817, inédit
Questions traitées
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Cassation
Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?
Par ces motifs :
CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, en date du 2 novembre 2015, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi,
RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;
ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
À quelles infractions les textes cités par cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation se rattachent-ils ?
- Recel de bien obtenu a l'aide d'une escroquerie (numéro d’infraction NATINF 497)
- Recel de bien obtenu a l'aide d'un abus de confiance (numéro d’infraction NATINF 498)
- Recel de faux en ecriture (numéro d’infraction NATINF 499)
- Recel de faux document administratif (numéro d’infraction NATINF 507)
- Recel de bien provenant d'un crime ou d'un delit (numéro d’infraction NATINF 699)
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 11 mai 2016.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Non publié
Quels sont le numéro de pourvoi et l’identifiant européen de la jurisprudence (ECLI) de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 15-86.817
ECLI : ECLI:FR:CCASS:2016:CR02295
Quelle formation de la chambre criminelle de la Cour de cassation a statué ?
Formation de section
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur le site de la Cour de cassation (Judilibre) : https://www.courdecassation.fr/decision/5fd93416ee1b6415a4c02e04.
Textes cités
- Code pénal, article 321-1 · sur ce site
- Code pénal, article 321-2 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 591 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 593 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 8 · sur ce site
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Texte intégral
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1N° B 15-86.817 FS-D
2N° 2295
3SL
411 MAI 2016
5CASSATION
6M. GUÉRIN président,
7R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E
8________________________________________
9AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
10_________________________
11LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, a rendu l'arrêt suivant :
12Statuant sur le pourvoi formé par :
13-
14M. [L] [W],
15contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'AIX-EN-PROVENCE, en date du 2 novembre 2015, qui, dans l'information suivie contre lui du chef de recel aggravé, a rejeté sa demande de constatation d'extinction de l'action publique par prescription ;
16La COUR, statuant après débats en l'audience publique du 31 mars 2016 où étaient présents : M. Guérin, président, M. Moreau, conseiller rapporteur, M. Raybaud, Mmes Caron, Drai, M. Stephan, conseillers de la chambre, M. Laurent, Mme Carbonaro, M. Béghin, conseillers référendaires ;
17Avocat général : M. Gaillardot ;
18Greffier de chambre : Mme Randouin ;
19Sur le rapport de M. le conseiller MOREAU, les observations de la société civile professionnelle GADIOU et CHEVALLIER, avocat en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général GAILLARDOT ;
20Vu l'ordonnance du président de la chambre criminelle, en date du 4 février 2016, prescrivant l'examen immédiat du pourvoi ;
21Vu le mémoire produit ;
22Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 321-1, 321-2 du code pénal, 8, 591 et 593 du code de procédure pénale, défaut de motifs, manque de base légale ;
23"en ce que l'arrêt attaqué a rejeté l'exception de prescription soulevée par M. [W] ;
24"aux motifs que, par arrêt en date du 2 juillet 2014, la chambre de l'instruction, d'une part, annulait la mise en examen de M. [L] [W], du chef de recel en bande organisée d'un vol commis avec dégradation, pour la période du 1er octobre 2007 au 5 décembre 2012, et d'autre part, disait que ce dernier, demeurait mis en examen du chef de recel en bande organisée d'un vol commis avec dégradation, pour la période du 29 avril 2007 au 30 septembre 2007 ; que le délit de recel par détention est un délit continu, dont la prescription ne débute qu'au jour où le receleur se dépossède de la chose ; qu'en l'espèce, le vol de la motocyclette a été commis le 29 avril 2007, à [Localité 1] ; que ce véhicule a été découvert, le 5 décembre 2012, à Cognoli-Montichi, par des gendarmes ; que ce véhicule, entre temps, avait fait l'objet de travaux en juin 2007 (changement de boîtier) et en juillet 2012 (changement du cadre) ; qu'une expertise apparaissait établir que cette motocyclette avait été utilisée par les auteurs de l'assassinat de Me [C], le [Date décès 1] 2012, à [Localité 1] ; que c'est à la date du 5 décembre 2012 que la prescription a commencé à courir, y compris pour M. [W], qui aurait recelé la motocyclette de avril à septembre 2007 ; qu'en effet, les receleurs successifs de la moto sont les auteurs d'une infraction unique, et que par conséquent la prescription ne commence à courir à l'égard de tous qu'au jour où le dernier d'entre eux s'est défait du véhicule en le jetant dans un ravin, en décembre 2012 ; que la chambre de l'instruction n'est pas tenue par l'analyse du juge d'instruction, au demeurant erronée, selon laquelle les faits seraient prescrits en ce qui concerne M. [E] ; qu'il convient, en conséquence, de rejeter l'exception de prescription soulevée ;
25"1°) alors que la prescription du recel de choses commence à courir du jour où la personne en cause a cessé de détenir le bien litigieux ; qu'au cas présent, la cour d'appel, qui a relevé que M. [W] aurait prétendument recelé la motocyclette du 29 avril 2007 au 30 septembre 2007, n'a pas tiré les conséquences légales de ses constatations d'où résultait que la prescription du soi-disant recel aurait commencé à courir après le 30 septembre 2007 de sorte que la prescription de l'action publique était acquise au plus tard après le 30 septembre 2010, soit bien avant un quelconque acte de nature à interrompre la prescription ;
26"2°) alors que les receleurs successifs quels qu'ils soient, ne sauraient être regardés comme les auteurs d'une infraction unique dès lors qu'il n'y a pas eu réitération par des individus différents d'une même résolution criminelle pour atteindre un même but ; qu'au cas présent, les prétendus faits de recel d'une motocyclette reprochés à M. [W] du 29 avril 2007 au 30 septembre 2007 ne sauraient avoir pour but un projet criminel réalisé cinq ans plus tard à une époque où M. [W] était en détention d'autant que sa mise en examen du chef d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d' assassinat -qui aurait été le projet criminel- a été annulée car « il n'existe aucun indice grave ou concordant », qu'en rejetant la prescription, l'arrêt attaqué a violé les textes précités" ;
27Vu l'article 593 du code de procédure pénale ;
28Attendu que tout arrêt de la chambre de l'instruction doit comporter les motifs propres à justifier la décision; que l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence ;
29Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que, le [Date décès 1] 2012, vers 9 heures, Antoine Sollacaro, avocat au barreau d'Ajaccio, a été assassiné par deux individus circulant sur une motocyclette volée à Ajaccio le 29 avril 2007 et découverte le 5 décembre 2012 dans un ravin ; que M. [W] et plusieurs autres personnes ont été soupçonnés d'être à l'origine de sa dissimulation et de certaines modifications apportées à l'engin ; qu'ils ont été mis en examen notamment pour recel aggravé commis en bande organisée ;
30Attendu que, sur la demande d'annulation de la mise en examen de M. [W], la chambre de l'instruction a relevé, par un précédent arrêt, en date du 2 juillet 2014, que les indices graves et concordants du recel en bande organisée ne couvraient que la période comprise entre le 29 avril 2007 et le 30 septembre 2007 ; qu'elle a en conséquence annulé la mise en examen pour la période postérieure du 1er octobre 2007 au 5 décembre 2012 et celle du chef d'association de malfaiteurs en vue de la préparation du crime d'assassinat courant 2012 jusqu'au [Date décès 1] 2012 ;
31Attendu que, pour refuser de constater l'extinction de l'action publique ensuite invoquée par M. [W], l'arrêt attaqué retient que les receleurs successifs de la motocyclette, étant les auteurs d'une infraction unique, la prescription ne commence à courir à l'égard de tous qu'au jour où le dernier d'entre eux s'est défait de l'engin en décembre 2012 ;
32Mais attendu qu'en l'état de ces motifs, alors que la chambre de l'instruction ne pouvait sans se contredire tout à la fois retenir que le recel de la motocyclette imputable à M. [W] avait cessé le 30 septembre 2007 et estimer, sans mieux s'en expliquer, que ledit recel se serait poursuivi de manière ininterrompue jusqu'à ce que le dernier détenteur se défasse du véhicule en 2012, l'arrêt encourt la censure ;
33D'où il suit que la cassation est encourue ;
34Par ces motifs :
35CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, en date du 2 novembre 2015, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi,
36RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;
37ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;
38Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le onze mai deux mille seize ;
39En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre.
Source
Texte et métadonnées officiels de la Cour de cassation (Judilibre), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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