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Travail : Cass. crim., 5 novembre 1991, n° 90-86.146

Cour de cassation, Chambre criminelle, du 5 novembre 1991, 90-86.146, Inédit

Mots-clés

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
90-86.146
Solution
Cassation

Référence

Cass. crim., 5 nov. 1991, n° 90-86.146, inédit

Questions traitées

De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Travail ; Travailleurs clandestins ; Ouvriers déclarés ni comme artisans ni comme salariés ; Emploi irrégulier ; Constatations suffisantes

Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Cassation

Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?

Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 5 novembre 1991.

Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Pourvoi n° 90-86.146

Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?

Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007545703.

Titrage officiel

TRAVAIL - Travailleurs clandestins - Ouvriers déclarés ni comme artisans ni comme salariés - Emploi irrégulier - Constatations suffisantes.

Textes cités

Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.

Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.

Texte intégral

Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.

1LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, le cinq novembre mil neuf cent quatre vingt onze, a rendu l'arrêt suivant :

2Sur le rapport de M. le conseiller DUMONT, les observations de la société civile professionnelle WAQUET, FARGE et HAZAN, avocat en la Cour, et les conclusions de Mme l'avocat général PRADAIN ; Statuant sur le pourvoi formé par :

3X... Jean-Louis,

4X... Jean-Marie,

5contre l'arrêt N° 589 de la cour d'appel de VERSAILLES, 8ème chambre, en date du 14 septembre 1989 qui les a condamnés, pour travail clandestin, le premier, à un mois d'emprisonnement avec sursis et à une amende de 4 OOO francs, et le second, à un mois d'emprisonnement avec sursis et à deux amendes de 4 000 francs ; Vu le mémoire produit commun aux deux demandeurs ; d

6Sur le premier moyen de cassation pris de la violation des articles L. 362-3, alinéas 1 et 2, L. 324-9, 10 et suivants, L. 143-3, L. 143-5, L. 620-1, L. 620-3 du Code du travail, des articles 591 et 593 du Code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale ; "en ce que l'arrêt attaqué a déclaré les prévenus coupables d'avoir recours aux services de travailleurs clandestins ; "aux motifs que les faits reprochés à Jean-Louis et à Jean-Marie X... sont établis, mais que le recours à des travailleurs clandestins, au sens du Code du travail, ne peut être reproché à Jean-Louis X... que relativement à Denis Y... et à Jean-Marie X..., que pour l'emploi de deux bûcherons qu'il commandait et qu'il a déclaré faussement salarié Ali Z... ; "alors que les juges du fond n'ont pas spécialement justifié, comme l'exige le texte de répression, que les prévenus aient "sciemment" eu recours à des travailleurs clandestins, de sorte qu'en retenant Jean-Louis et Jean-Marie X... dans les liens de la prévention sans spécifier les faits pouvant caractériser le délit, la cour d'appel a violé les textes visés au moyen" ; Attendu que Jean-Marie X... et Jean-Louis X... ayant été poursuivis pour avoir sciemment eu recours aux services de travailleurs clandestins, la juridiction du second degré, pour les déclarer coupables, relève que les prévenus dirigeaient des ouvriers qui, selon les constatations de l'inspecteur du travail, n'étaient ni déclarés comme artisans ni comme salariés ; qu'elle observe que les déclarations faites par Jean-Marie X... prétendant qu'il s'agissait d'ouvriers salariés chez un autre entrepreneur étaient fausses ; qu'elle énonce en ce qui concerne JeanLouis Ains que le bûcheron

7qu'il employait n'était pas un artisan et travaillait exclusivement pour lui avec du matériel appartenant au prévenu ; Attendu qu'en l'état de ces motifs, la cour d'appel a caractérisé les éléments matériel et intentionnel des infractions poursuivies ; Qu'ainsi le moyen ne peut être admis ; Mais sur le second moyen de cassation proposé d et pris de la violation des articles L. 362-3 du Code du travail, L. 324-9 du même Code et du principe du non-cumul des peines ; "en ce que l'arrêt attaqué a prononcé à l'encontre des prévenus plusieurs peines d'amendes et une peine d'emprisonnement ; "au motif que les peines prononcées sont donc correctement évaluées par les premiers juges, et il convient d'en confirmer la nature et le montant ramenant toutefois à une pour Jean-Louis et deux pour Jean-Marie le nombre des infractions qu'elle sanctionne ; "alors que le texte de répression relatif aux délits de travail clandestin, ne prévoyant aucune exception à la règle générale du non-cumul des peines, les juges du fond ne pouvaient prononcer cumulativement plusieurs peines d'amendes à l'encontre des prévenus sans violer les textes et principes susvisés" ; Vu lesdits articles, ensemble l'article 5 du Code pénal ; Attendu qu'aux termes de l'article L. 363-2 du Code du travail, toute infraction aux interdictions définies à l'article L. 324-9 sera punie d'un emprisonnement de deux mois à deux ans et d'une amende de 2 000 F à 200 000 F ou de l'une de ces deux peines seulement ; que ce texte, qui ne déroge pas au principe du non-cumul des peines en matière délictuelle, ne prévoit pas que l'amende doive être prononcée autant de fois qu'il y a de personnes employées clandestinement ; Attendu qu'après avoir déclaré Jean-Marie X... coupable d'avoir eu recours aux services de deux travailleurs clandestins, la juridiction du second degré l'a condamné à un mois d'emprisonnement avec sursis et à deux amendes de 4 000 francs ; Mais attendu qu'en prononçant ainsi deux amendes distinctes, la cour d'appel a méconnu les textes susvisés ; D'où il suit que la censure est encourue de ce chef ; Par ces motifs,

8CASSE ET ANNULE l'arrêt de la cour d'appel de Versailles, en date du 14 septembre 1990, en ses seules d dispositions relatives à Jean-Marie X..., toutes autres dispositions étant expressément maintenues,

9Et pour qu'il soit à nouveau jugé conformément à la loi, dans les limites de la cassation ainsi prononcée,

10RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de

11Versailles, autrements composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ; ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel de Versailles, sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement annulé ; Ainsi jugé et prononcé par la Cour de Cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus ; Où étaient présents :

12M. Le Gunehec président, M. Dumont conseiller rapporteur, MM. Zambeaux, Dardel, Fontaine, Milleville, Alphand, Guerder, Fabre conseillers de la chambre, Mme Ract-Madoux conseiller référendaire, Mme Pradain avocat général, Mme Mazard greffier de chambre ; En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de

Source

Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.

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Fiche de l’arrêt

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Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
90-86.146
Solution
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Référence

Cass. crim., 5 nov. 1991, n° 90-86.146, inédit

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