Reparation a raison d'une detention : Cour d'appel de Reims, 13 mars 2007, n° 09/2006
Cour d'appel de Reims, 13 mars 2007, 09/2006
Mots-clés
- Reparation a raison d'une detention
- Bénéfice
- Exclusion
- Cas
- // jdf
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour d'appel de Reims
- Date
- Numéro d’affaire
- 09/2006
Référence
CA Reims, 13 mars 2007, n° 09/2006
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la Cour d’appel de Reims ?
Reparation a raison d'une detention ; Bénéfice ; Exclusion ; Cas ; // jdf
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la Cour d’appel de Reims ?
N'ouvre pas droit à réparation au sens de l'article 149 du code de procédure pénale, la perte de chance hautement hypothétique de mettre fin à une situation d'errance en suivant un stage de formation professionnel alors même que le requérant ne justifie d'aucune qualification ni d'aucune activité antérieure ou au jour de la décision. Ne doit pas être indemnisé, le requérant pour la maladie, d'origine génétique et dont il présentait des symptômes plusieurs années auparavant, alors qu'il n'est pas démontré de lien de causalité avec la détention
Que décide la Cour d’appel de Reims dans son dispositif ?
PAR CES MOTIFS,
Donnons acte à monsieur l'agent judiciaire du Trésor de ce qu'il offre 8.000 Euros en réparation du préjudice moral du requérant ;
Disons cette offre satisfactoire et qu'une indemnité de HUIT MILLE EUROS (8.000 ) sera versée à ce titre à monsieur Abdelkader X... ;
Le déboutons de sa demande au titre du préjudice économique ;
Disons qu'il lui sera versé un montant de TROIS MILLE EUROS (3.000 ) au titre des frais exposés pour assurer la défense de ses intérêts.
Ainsi fait, jugé et prononcé en audience publique par Monsieur BANGRATZ, président de chambre en remplacement de Monsieur le premier président de la cour d'appel de REIMS, le TREIZE MARS DEUX MILLE SEPT,
Où étaient présents Monsieur BANGRATZ, président de chambre, désignée par ordonnance de Monsieur le premier président en date du 11 décembre 2006, Monsieur ENQUEBECQ, procureur général, et Madame SIOURILAS, greffier.
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La Cour d’appel de Reims, le 13 mars 2007.
Quel est le numéro d’affaire de cet arrêt de la Cour d’appel de Reims ?
Affaire n° 09/2006
Où lire cet arrêt de la Cour d’appel de Reims sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000020363878.
Titrage officiel
REPARATION A RAISON D'UNE DETENTION - Bénéfice - Exclusion - Cas - // JDF
Sommaire officiel
N'ouvre pas droit à réparation au sens de l'article 149 du code de procédure pénale, la perte de chance hautement hypothétique de mettre fin à une situation d'errance en suivant un stage de formation professionnel alors même que le requérant ne justifie d'aucune qualification ni d'aucune activité antérieure ou au jour de la décision. Ne doit pas être indemnisé, le requérant pour la maladie, d'origine génétique et dont il présentait des symptômes plusieurs années auparavant, alors qu'il n'est pas démontré de lien de causalité avec la détention
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1DÉCISION N 6
2DU 13 MARS 2007
3DÉCISION PRÉVUE PAR L'ARTICLE 149-1
4DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE
5==========
6LE PREMIER PRÉSIDENT DE LA COUR D'APPEL DE REIMS, statuant en audience publique le TREIZE MARS DEUX MILLE SEPT, a prononcé la décision suivante :
7Statuant sur la requête de :
8Abdelkader X...
9né le 20 juin 1981 à VERDUN
10fils d'Amar et d'Amina Y...
11de nationalité française,
12sans profession,
13demeurant ... SUR MARNE
14formée en vertu de l'article 149-1 du Code de procédure pénale, enregistrée au secrétariat le 31 juillet 2006 sous le numéro IDP 9/2006,
15Ayant pour avocat Maître COHEN-SABBAN,
16Avocat au barreau de PARS,
17Vu le dossier de la procédure, duquel il résulte qu'Abdelkader X..., mis en examen du chef de recel de vol criminel et destruction de preuves judiciaires, a bénéficié d'une ordonnance de non-lieu rendue le 11 avril 2006 par l'un des juges d'instruction au tribunal de grande instance de TROYES,
18Vu les conclusions de l'Agent Judiciaire du Trésor Public en date du 11 octobre 2006 et notifiées par lettre recommandée avec avis de réception le 16 octobre 2006,
19Vu les conclusions du procureur général près la cour d'appel de REIMS en date du 27 octobre 2006 et notifiées par lettre recommandée avec avis de réception le 8 novembre 2006,
20- 2 -
21Vu la lettre recommandée avec avis de réception en date du 22 décembre 2006 par laquelle a été notifiée la date de l'audience fixée au 30 janvier 2007 à 9 heures 30,
22Vu, Notre rapport, les observations de Maître COHEN-SABBAN, de Maître A..., suppléé par Maître NICOLAS, avocat à la cour d'appel de REIMS, avocat de l'Agent Judiciaire du Trésor Public, les conclusions de Monsieur B..., substitut général,
23Maître COHEN-SABBAN ayant eu la parole le dernier,
24Et après en avoir délibéré conformément à la loi,
25Vidant son délibéré à l'audience publique de ce jour, 13 mars 2007 :
26Par requête reçue le 31 Juillet 2006, Abdelkader X... sollicite en application des dispositions des articles 149 et suivants du Code de Procédure Pénale, la réparation intégrale de son préjudice matériel et moral ensuite d'une détention provisoire du 24 Janvier 2004 au 29 Juillet 2004 soit 6 mois et 7 jours qu'il a subie suite à sa mise en examen avant son placement sous contrôle judiciaire par la chambre de l'instruction le 29 Juillet 2004 et une ordonnance de non lieu définitive du 11 Avril 2006.
27Le requérant au terme de ses dernières écritures, expose que sa détention lui a causé un préjudice économique constitué par une perte de chance dés lors qu'il envisageait de suivre une formation pour exercer à terme une activité professionnelle dans le commerce justifiant l'allocation d'une indemnité de 7.000 Euros. Il ajoute qu'il a été dans l'obligation d'exposer des frais d'avocat d'un montant de 3.000 Euros pour assurer la défense de ses intérêts et notamment régulariser des demandes de mise en liberté comme en font foi les factures versées aux débats. Quant à son préjudice moral pour la réparation duquel il met en compte un montant de 30.000 Euros il fait observer que sa compagne donnait naissance à leur premier enfant quatre mois avant son placement en détention, que le traumatisme de la détention sera dés lors très important d'autant qu'il était affecté de la maladie de CROHN dés son arrivée en détention dont la guérison est rare et qu'il a été privé de sa famille en détention, circonstances à l'origine d'un grave traumatisme alors qu'il était innocent et devait craindre pour lui en détention.
28Monsieur l'Agent Judiciaire du Trésor conclut pour sa part au débouté de la demande au titre du préjudice matériel et offre un montant de 8.000 euros en réparation du préjudice moral seul justifié.
29- 3 -
30Il fait remarquer qu'il n'est pas justifié du préjudice économique ou matériel par la moindre pièce, sachant que la détention était d'une durée de 6 mois et 7 jours et non pas comme indiqué de 7 mois et 4 jours.
31Quant au préjudice moral il note qu'il n'est pas établi et bien plus que les pièces produites contredisent cette approche, que la maladie soit la conséquence du placement en détention, que le montant mis en compte apparaît excessif et sera réduit dans de notables proportions.
32Le Ministère Public conclut à un débouté quant au préjudice économique et matériel faute de preuve de ce poste de préjudice. Quant au préjudice moral il fait observer que l'indemnisation doit être mesurée au préjudice réellement subi par le requérant.
33Le conseil du requérant reprend ses dernières écritures.
34SUR CE.
35Vu les pièces de la procédure ;
36Considérant qu'en application des dispositions de l'article 149 du Code de Procédure Pénale la personne qui a fait l'objet d'une détention provisoire au cours de la période achevée par une décision de non lieu, de relaxe ou d'acquittement devenue définitive, a droit à sa demande, à réparation intégrale du préjudice matériel et moral que lui a causé cette détention ;
37Considérant que le requérant a été détenu durant 6 mois et 7 jours du 24 Janvier 2004 au 29 Juillet 2004 pour des faits dont il a été définitivement innocenté par une ordonnance de non lieu définitive du 11 Avril 2006 ;
38Quant au préjudice économique :
39Considérant que le requérant soutient qu'il entendait mettre un terme à une situation d'errance en suivant un stage de formation professionnelle que son placement en détention l'empêchait de suivre pour réclamer une réparation d'une perte de chance ;
40Considérant que la perte de chance est au cas d'espèce hautement hypothétique dés lors que le requérant ne justifie d'aucune qualification, d'aucune activité antérieure pas plus qu'il ne justifie d'une activité à ce jour ;
41Considérant qu'ainsi faute de préjudice avéré il échet de le débouter de sa demande à ce titre ;
42Considérant cependant que le requérant a exposé des frais pour sa défense et plus particulièrement l'assistance de son conseil qui a formé plusieurs demandes de mise en liberté ;
43- 4 -
44Attendu qu'au vu des deux factures versées aux débats il convient de retenir à ce titre une indemnité de 3.000 Euros ;
45Quant au préjudice moral :
46Considérant qu'il est constant que le placement en détention du requérant qui n'avait jamais été condamné auparavant et n'avait pas plus été en détention, lui a causé un préjudice certain justifiant une indemnisation ;
47Considérant que cette indemnisation doit prendre en compte la souffrance du requérant privé de sa famille sachant que sa compagne venait d'accoucher de leur premier enfant peu avant ;
48Considérant cependant que la maladie de Crohn dont il est atteint ne saurait être imputée à la détention et être indemnisée dans le cadre de la présente procédure alors que le requérant présentait déjà depuis plusieurs années auparavant des colopathies et qu'il n'est pas démontré le lien de causalité avec la détention sachant que la maladie dont s'agit est d'origine génétique ;
49Considérant que compte tenu de ce qui précède l'allocation d'un montant de 8.000 Euros réparera exactement ce poste de préjudice ;
50PAR CES MOTIFS,
51Donnons acte à monsieur l'agent judiciaire du Trésor de ce qu'il offre 8.000 Euros en réparation du préjudice moral du requérant ;
52Disons cette offre satisfactoire et qu'une indemnité de HUIT MILLE EUROS (8.000 ) sera versée à ce titre à monsieur Abdelkader X... ;
53Le déboutons de sa demande au titre du préjudice économique ;
54Disons qu'il lui sera versé un montant de TROIS MILLE EUROS (3.000 ) au titre des frais exposés pour assurer la défense de ses intérêts.
55Ainsi fait, jugé et prononcé en audience publique par Monsieur BANGRATZ, président de chambre en remplacement de Monsieur le premier président de la cour d'appel de REIMS, le TREIZE MARS DEUX MILLE SEPT,
56Où étaient présents Monsieur BANGRATZ, président de chambre, désignée par ordonnance de Monsieur le premier président en date du 11 décembre 2006, Monsieur ENQUEBECQ, procureur général, et Madame SIOURILAS, greffier.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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