Accident de la circulation : Cass. crim., 28 juin 1990, n° 88-86.996
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 28 juin 1990, 88-86.996, Publié au bulletin
Mots-clés
- Accident de la circulation
- Indemnisation
- Exclusion
- Victime autre que le conducteur
- Faute inexcusable
- Définition
- Code de procédure pénale, article 1985
- Code de procédure pénale, article 5
- Code de procédure pénale, article 593
- Code de procédure pénale, article 85-677
- Rejet
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 88-86.996
- Publication
- Bulletin criminel 1990 N° 268 p. 684
- Solution
- Rejet
Référence
Cass. crim., 28 juin 1990, n° 88-86.996, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Accident de la circulation ; Indemnisation ; Exclusion ; Victime autre que le conducteur ; Faute inexcusable ; Définition
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Est inexcusable la faute volontaire, d'une particulière gravité, exposant son auteur, sans raison valable, à un danger dont il aurait dû avoir conscience. Tel est le cas du comportement de celui qui ouvre, durant la marche, la portière du véhicule dans lequel il se trouve et se jette dans le vide (1).
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Rejet
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 28 juin 1990.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin criminel 1990 N° 268 p. 684
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 88-86.996
Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1989-02-14 , Bulletin criminel 1989, n° 70, p. 192 (rejet), et les arrêts cités.
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007063653.
Titrage officiel
ACCIDENT DE LA CIRCULATION - Indemnisation - Exclusion - Victime autre que le conducteur - Faute inexcusable - Définition
Sommaire officiel
Est inexcusable la faute volontaire, d'une particulière gravité, exposant son auteur, sans raison valable, à un danger dont il aurait dû avoir conscience. Tel est le cas du comportement de celui qui ouvre, durant la marche, la portière du véhicule dans lequel il se trouve et se jette dans le vide (1).
Textes cités
- Code de procédure pénale, article 1985
- Code de procédure pénale, article 5 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 593 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 85-677
Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.
Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.
Rapprochements officiels
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1989-02-14 , Bulletin criminel 1989, n° 70, p. 192 (rejet), et les arrêts cités.
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1REJET du pourvoi formé par :
2- X... Martine, veuve Y...,
3prise en son nom personnel et en sa qualité d'administratrice légale des biens de son fils mineur David, partie civile, contre l'arrêt de la cour d'appel d'Angers, chambre correctionnelle en date du 25 octobre 1988 qui l'a déboutée de sa demande de dommages-intérêts, après relaxe définitive de Georges Z... et de Hervé A... du chef d'homicide involontaire.
4LA COUR,
5Vu le mémoire produit ;
6Sur le moyen unique de cassation pris de la violation des articles 3 de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, et 593 du Code de procédure pénale :
7" en ce que l'arrêt attaqué a rejeté la demande de réparation du préjudice causé par le décès accidentel de son mari formée par Mme Y... ;
8" aux motifs que les portes du fourgon dans lequel Y... était transporté, même démunies de verrous, étaient correctement fermées ; que Y... dont l'état d'ivresse n'avait pu annihiler la conscience puisqu'il avait engagé la conversation pendant le trajet avec le policier qui le surveillait, a commis, en ouvrant brusquement la portière d'un véhicule en marche et en se jetant dans le vide, un geste volontaire, particulièrement inconsidéré et totalement imprévisible qui a le caractère d'une faute inexcusable qui a été la cause exclusive de son dommage ;
9" alors que seule est inexcusable, au sens de l'article 3 de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, la faute volontaire d'une exceptionnelle gravité exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience ; que n'a pas ce caractère la faute commise en l'espèce par la victime qui, interpellée en état d'ivresse manifeste par les policiers et dont le taux d'alcoolémie au moment de l'accident était de 2, 17 g pour mille, est descendue en marche du fourgon de police dans lequel elle avait été embarquée pour être conduite à l'hôpital ; qu'en décidant le contraire, l'arrêt attaqué a violé le texte susvisé " ;
10Attendu qu'il appert de l'arrêt attaqué qu'interpellé pour conduite en état d'ivresse manifeste, Jean Y... subissait sans difficultés les épreuves de dépistage alcoolique, " était conduit au commissariat central puis, dans un fourgon de police, au CHR d'Angers sans qu'il ait à aucun moment manifesté un quelconque énervement ou la moindre agressivité " ; que cependant, après l'arrêt à un carrefour et alors que le véhicule redémarrait, Jean Y... s'était levé brusquement, avait ouvert un des battants de la porte du fourgon et, en dépit des efforts du gardien qui se trouvait à ses côtés, avait sauté sur la chaussée, se blessant mortellement ;
11Attendu qu'après avoir, de manière circonstanciée, exclu toute faute de la part des gardiens de la paix, les juges du second degré estiment que la victime, " dont l'état d'ivresse n'avait pu annihiler la conscience, puisqu'elle avait engagé la conversation pendant le trajet avec le policier qui la surveillait " avait, " en ouvrant brusquement la portière d'un véhicule en marche et en se jetant dans le vide, commis un geste volontaire, particulièrement inconsidéré et totalement imprévisible, qui a le caractère d'une faute inexcusable " ;
12Attendu qu'en statuant ainsi, les juges n'ont pas encouru les griefs allégués ;
13Qu'en effet est inexcusable la faute volontaire, d'une exceptionnelle gravité, exposant son auteur, sans raison valable, à un danger dont il aurait dû avoir conscience ;
14Que le moyen, dès lors, doit être écarté ;
15Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ;
16REJETTE le pourvoi.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
Poser une question sur cette décision à BRANCO · Vérifier une citation · Toute la jurisprudence pénale