Cour d'appel de Montpellier, 15 octobre 2015, n° 15/00540
Cour d'appel de Montpellier, 15 octobre 2015, 15/00540
Mots-clés
- CHAMBRE DE L'INSTRUCTION
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour d'appel de Montpellier
- Formation
- CHAMBRE DE L'INSTRUCTION
- Date
- Numéro d’affaire
- 15/00540
Référence
CA Montpellier, 15 oct. 2015, n° 15/00540
Questions traitées
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la Cour d’appel de Montpellier ?
L'article 41-4 du code de procédure pénale ne donne compétence au procureur de la République pour décider de la restitution des objets placés sous main de justice que dans trois hypothèses, à savoir au cours de l'enquête, lorsqu'aucune juridiction n'a été saisie, et lorsque la juridiction a été saisie mais a épuisé sa compétence sans avoir statué sur la demande de restitution des dits objets. Dès lors que le tribunal correctionnel, par jugement définitif, a ordonné à titre de peine complémentaire la confiscation du véhicule ayant servi à commettre l'infraction et épuisé ainsi sa compétence après avoir statué sur la confiscation du véhicule, il ne relève pas des attributions du procureur de la République de statuer sur la requête en restitution présentée par son propriétaire, qui n'entre pas dans les prévisions du texte précité.
Que décide la Cour d’appel de Montpellier dans son dispositif ?
PAR CES MOTIFS
LA COUR, statuant en chambre du conseil, après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Vu l'article 41-4 du code de procédure pénale modifié par la loi no2015-177 du 16 février 2015 en son article 14, les articles 194 à 200 du code de procédure pénale ;
Vu même code ;
EN LA FORME
DÉCLARE le recours recevable ;
AU FOND
ANNULE la décision du procureur de la République du 12 mai 2015 ;
DIT QUE le présent arrêt sera exécuté à la diligence de M. le procureur général.
LE GREFFIER LE PRESIDENT
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La Cour d’appel de Montpellier, le 15 octobre 2015.
Quel est le numéro d’affaire de cet arrêt de la Cour d’appel de Montpellier ?
Affaire n° 15/00540
Quelle formation de la Cour d’appel de Montpellier a statué ?
CHAMBRE DE L'INSTRUCTION
Où lire cet arrêt de la Cour d’appel de Montpellier sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000031847549.
Sommaire officiel
L'article 41-4 du code de procédure pénale ne donne compétence au procureur de la République pour décider de la restitution des objets placés sous main de justice que dans trois hypothèses, à savoir au cours de l'enquête, lorsqu'aucune juridiction n'a été saisie, et lorsque la juridiction a été saisie mais a épuisé sa compétence sans avoir statué sur la demande de restitution des dits objets. Dès lors que le tribunal correctionnel, par jugement définitif, a ordonné à titre de peine complémentaire la confiscation du véhicule ayant servi à commettre l'infraction et épuisé ainsi sa compétence après avoir statué sur la confiscation du véhicule, il ne relève pas des attributions du procureur de la République de statuer sur la requête en restitution présentée par son propriétaire, qui n'entre pas dans les prévisions du texte précité.
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1COUR D'APPEL DE MONTPELLIER
2CHAMBRE DE L'INSTRUCTION
3DU 15 octobre 2015
4N 2015/ 00540
5RECOURS CONTRE UNE DÉCISION DE REJET DE DEMANDE DE RESTITUTION D'OBJETS PLACÉ SOUS MAIN DE JUSTICE
6DECISION :
7Annulation de la décision du procureur de la République
8A R R E T No
9prononcé en chambre du conseil le quinze octobre deux mil quinze par Madame ISSENJOU, président
10PERSONNE REQUÉRANTE :
11B... ... ...-03001 ESPAGNE
12sans avocat
13COMPOSITION DE LA COUR : lors des débats, du délibéré :
14Madame ISSENJOU, Président Madame GAUBERT et Monsieur COMMEIGNES, conseillers,
15régulièrement désignés conformément à l'article 191 du code de procédure pénale.
16GREFFIER : Madame VIGINIER et Monsieur BELLANGER, greffiers lors des débats et Madame VIGINIER lors du prononcé de l'arrêt. MINISTERE PUBLIC : Madame BRIGNOL, substitut général lors des débats. Arrêt prononcé en présence du Ministère Public.
17DÉBATS
18A l'ouverture des débats, il est constaté que Madame B... ne parle pas et ne comprend pas le français. Cette dernière est accompagnée de Monsieur Thomas Z..., son époux, né le 10 mai 1970 à ODLEN (SUISSE) et muni d'une pièce d'identité.
19A l'audience en chambre du conseil le 17 septembre 2015 ont été entendus :
20La requérante était assisté de Monsieur Thomas Z..., étant âgée de plus de 21 ans qui a accepté de servir d'interprète en langue espagnole et qui a prêté serment d'apporter son concours à la justice en son honneur et en sa conscience, conformément à l'article 407 du code de procédure pénale.
21Monsieur COMMEIGNES, conseiller, en son rapport
22Madame BRIGNOL, substitut général, en ses réquisitions
23RAPPEL DE LA PROCÉDURE
24Par jugement du tribunal correctionnel de Perpignan du 12 novembre 2014, ... A...a été condamné à titre de peine complémentaire à la confiscation du véhicule Jeep immatriculé en Espagne sous le numéro ...ayant servi à commettre l'infraction.
25Par courrier sans date adressé au procureur de la République de PERPIGNAN, ...B... a sollicité la restitution dudit véhicule.
26Par décision du 12 mai 2015, le procureur de la République de Perpignan a rejeté cette demande de restitution du bien confisqué. Cette décision a été notifiée le même jour à la requérante.
27Par lettre recommandée avec avis de réception datée du 2 juin 2015, expédiée le 11 juin 2015 et reçue au tribunal de grande instance de PERPIGNAN le 17 juin 2015, ...B... a formé un recours contre cette décision.
28Par avis, télécopie et lettre recommandée du 04 août 2015, le procureur général a notifié à la personne requérante la date à laquelle l'affaire serait appelée à l'audience.
29Le dossier comprenant le réquisitoire écrit de M. le procureur général a été déposé au greffe de la chambre de l'instruction et tenu à la disposition des parties.
30Il a été ainsi satisfait aux formes et délais prescrits par les articles 194 et 197 du code de procédure pénale.
31Il n'a pas été déposé de mémoire
32DECISION
33prise après en avoir délibéré conformément à la loi ;
34EN LA FORME
35L'article 41-4 du code de procédure pénale ne prévoit pas d'appel contre cette décision de non restitution au sens de l'article 186 du Code de procédure pénale, mais la possibilité de la déférer à la chambre de l'instruction dans le délai d'un mois suivant sa notification, par déclaration au greffe du tribunal ou de la cour ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
36Ce recours exercé dans le délai imparti et dans les formes prescrites sera déclaré recevable.
37AU FOND
38Par jugement contradictoire du tribunal correctionnel de Perpignan du 12 novembre 2015, ... A...a été condamné des chefs de détention, transport et importation non autorisés de produits stupéfiants et d'importation en contrebande de marchandise dangereuse pour la santé publique à un emprisonnement délictuel de 4 mois et à titre complémentaire à la confiscation du véhicule Jeep immatriculé en Espagne sous le numéro ...ayant servi à commettre l'infraction.
39Par requête du 02 juin 2015 expédiée le 11 juin 2015, ...B... demeurant à LLORET DE MAR (Espagne) a sollicité la restitution de ce véhicule faisant valoir qu'elle en était propriétaire et qu'elle l'avait simplement prêté à la personne impliquée sans savoir que celle-ci allait commettre un délit en utilisant celui-ci.
40Par décision du 12 mai 2015, le procureur de la République de Perpignan a donc rejeté cette demande de restitution au motif que le tribunal correctionnel avait dans sa décision devenue définitive ordonné la confiscation de ce véhicule, lequel était ainsi devenu propriété de l'Etat.
41C'est la décision déférée.
42*****
43M. le procureur général requiert qu'il plaise à la chambre de l'instruction de confirmer la décision de rejet de demande de restitution contestée.
44SUR QUOI
45Attendu que l'article 41-4 du code de procédure pénale donne compétence au procureur de la République pour décider de la restitution des objets placés sous main de justice dans trois hypothèses à savoir : - au cours de l'enquête ; - lorsqu'aucune juridiction n'a été saisie ; - lorsque la juridiction a été saisie mais a épuisé sa compétence sans avoir statué sur la demande de restitution des dits objets ;
46Attendu qu'en l'espèce le tribunal correctionnel de PERPIGNAN dans son jugement contradictoire du 12 novembre 2014 devenu définitif a ordonné à l'encontre de ... A...à titre de peine complémentaire la confiscation du véhicule Jeep immatriculé en Espagne sous le numéro ...ayant servi à commettre l'infraction ;
47Que dès lors cette juridiction ayant épuisé sa compétence après avoir statué sur la confiscation du véhicule dont il s'agit, il ne relevait pas des attributions du procureur de la République de statuer sur la requête de Mme ...B... qui ne rentre pas dans les prévisions de l'article 41-4 du code de procédure pénale ;
48Attendu qu'en conséquence le procureur de la République ayant excédé les pouvoirs que lui conférait l'article 41-4 du Code de Procédure Pénale, l'ordonnance déférée sera annulée ;
49Qu'il n'entre pas davantage dans les attributions de la chambre de l'instruction d'examiner la requête de Mme ...B... qui pourrait éventuellement, sans pour autant préjuger de sa recevabilité, être soumise au tribunal correctionnel sur le fondement des dispositions de l'article 710 du code de procédure pénale ;
50PAR CES MOTIFS
51LA COUR, statuant en chambre du conseil, après en avoir délibéré conformément à la loi ;
52Vu l'article 41-4 du code de procédure pénale modifié par la loi no2015-177 du 16 février 2015 en son article 14, les articles 194 à 200 du code de procédure pénale ;
53Vu même code ;
54EN LA FORME
55DÉCLARE le recours recevable ;
56AU FOND
57ANNULE la décision du procureur de la République du 12 mai 2015 ;
58DIT QUE le présent arrêt sera exécuté à la diligence de M. le procureur général.
59LE GREFFIER LE PRESIDENT
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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