Cass. crim., 15 mai 1990, n° 88-86.807
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 15 mai 1990, 88-86.807, Publié au bulletin
- Juridiction
- Cour de cassation
- Date
- 15 mai 1990
- Formation
- Chambre criminelle
- Solution
- Rejet
- Pourvoi
- 88-86.807
- Publication
- Bulletin criminel 1990 N° 195 p. 496
Titrage officiel
CONVENTION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME - Article 6 - Droit de toute personne à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial - Chambre d'accusation - Procédure - Audience - Chambre du conseil
Références de titrage : CHAMBRE D'ACCUSATION - Procédure - Audience - Chambre du conseil - Convention européenne des droits de l'homme - Article 6 - Compatibilité
Sommaire officiel
En statuant en chambre du conseil comme le prévoit, sauf les cas où la loi en dispose autrement, l'article 199 du Code de procédure pénale, la chambre d'accusation ne méconnaît pas les prescriptions de l'article 6.1 de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.. Ce texte qui concerne les juridictions appelées à se prononcer sur le fond de l'affaire ne saurait être invoqué à l'égard de la chambre d'accusation, juridiction d'instruction (1).
Textes cités
- Code de procédure pénale, article 199
- Code de procédure pénale, article 1
- Code de procédure pénale, article 591
- Code de procédure pénale, article 593
Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.
Rapprochements officiels
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1984-06-14 , Bulletin criminel 1984, n° 219, p. 575 (rejet).
Texte intégral
REJET du pourvoi formé par la société Goiseau-Guitot, partie civile, contre l'arrêt de la chambre d'accusation de la cour d'appel de Versailles, en date du 25 octobre 1988, qui, dans les poursuites engagées contre X... des chefs d'abus de biens sociaux et d'abus du crédit d'une société anonyme, a confirmé l'ordonnance de non-lieu rendue par le juge d'instruction.
LA COUR,.
Vu le mémoire produit ;
Sur le premier moyen de cassation pris de la violation des articles 6.1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 591 et 593 du Code de procédure pénale, vice de forme :
" en ce que l'arrêt attaqué, statuant sur l'appel que la société Goiseau-Guitot, partie civile, interjetait contre l'ordonnance du juge d'instruction disant qu'il n'y a lieu à suivre sur sa plainte pour abus de biens ou du crédit d'une société anonyme, a été rendu dans la chambre du conseil après que les débats se furent eux-mêmes déroulés dans la chambre du conseil ;
" alors que toute personne a droit que sa cause soit entendue publiquement sur les contestations relatives à ses droits et obligations de nature civile ; qu'il n'en va autrement que dans le cas où les intérêts de la moralité, de l'ordre public, de la sécurité nationale, de mineurs, de la protection de la vie privée ou de la justice sont en cause ; que la chambre d'accusation ne justifie pas que l'appel dont elle était saisie mettait en cause un de ces intérêts ; que l'arrêt attaqué, dès lors, ne satisfait pas dans la forme aux conditions essentielles de son existence légale " ;
Attendu que le demandeur ne saurait valablement soutenir qu'en statuant en chambre du conseil comme le prévoit, sauf les cas où la loi en dispose autrement, l'article 199 du Code de procédure pénale, la chambre d'accusation a méconnu les prescriptions de l'article 6.1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Qu'en effet, ce texte concerne les juridictions appelées à se prononcer sur le fond de l'affaire et ne saurait être invoqué à l'égard de la chambre d'accusation, juridiction d'instruction dont les décisions qui ne préjugent en rien de la culpabilité, se bornent à examiner si les éléments recueillis au cours de l'information peuvent constituer des charges suffisantes de nature à justifier le renvoi de l'inculpé devant la juridiction compétente pour le juger ;
D'où il suit que le moyen ne saurait être accueilli ;
Sur le deuxième moyen de cassation : (sans intérêt) ;
Sur le troisème moyen de cassation : (sans intérêt) ;
Par ces motifs :
REJETTE le pourvoi
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans résumé ni commentaire. Lire la décision sur le site officiel.
Poser une question sur cette décision à BRANCO · Vérifier une citation · Toute la jurisprudence pénale