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1° travail : Cass. crim., 18 mai 1992, n° 91-83.508

Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 18 mai 1992, 91-83.508, Publié au bulletin

Mots-clés

  • 1° travail
  • Bâtiment et travaux publics
  • Intempéries
  • Fraude ou fausse déclaration pour obtenir ou tenter de faire obtenir des indemnités non dues
  • Eléments constitutifs
  • Elément intentionnel
  • 2° travail
  • Responsabilité du chef d'entreprise
  • Responsabilité pénale
  • Code du travail, article L. 731-8
  • Code du travail, article L. 793-1
  • Cassation

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
91-83.508
Publication
Bulletin criminel 1992 N° 193 p. 534
Solution
Cassation

Référence

Cass. crim., 18 mai 1992, n° 91-83.508, publié au Bulletin

Questions traitées

De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

1° travail ; Bâtiment et travaux publics ; Intempéries ; Fraude ou fausse déclaration pour obtenir ou tenter de faire obtenir des indemnités non dues ; Eléments constitutifs ; Elément intentionnel ; 2° travail ; Responsabilité du chef d'entreprise ; Responsabilité pénale

Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

1° L'infraction prévue par l'article L. 793-1 du Code du travail réprimant la fraude ou la fausse déclaration pour obtenir ou tenter de faire obtenir par suite d'intempéries des indemnités qui ne sont pas dues est un délit intentionnel

Lire le sommaire officiel

Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Cassation

Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?

Par ces motifs :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt de la cour d'appel de Paris en date du 6 mai 1991,

Et pour qu'il soit à nouveau jugé conformément à la loi :

RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Paris, autrement composée.

Lire le texte intégral

Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?

Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 18 mai 1992.

Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?

Bulletin criminel 1992 N° 193 p. 534

Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Pourvoi n° 91-83.508

Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?

CONFER : (2°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1989-11-28 , Bulletin criminel 1989, n° 452, p. 1102 (rejet). CONFER : (2°). (2) Cf. A comparer : Chambre criminelle, 1989-10-11 , Bulletin criminel 1989, n° 355, p. 860 (rejet).

Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?

Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007065684.

Titrage officiel

1° TRAVAIL - Bâtiment et travaux publics - Intempéries - Fraude ou fausse déclaration pour obtenir ou tenter de faire obtenir des indemnités non dues - Eléments constitutifs - Elément intentionnel

2° TRAVAIL - Responsabilité du chef d'entreprise - Responsabilité pénale - Bâtiment et travaux publics - Intempéries - Fraude ou fausse déclaration pour obtenir ou tenter de faire obtenir des indemnités non dues

Sommaire officiel

1° L'infraction prévue par l'article L. 793-1 du Code du travail réprimant la fraude ou la fausse déclaration pour obtenir ou tenter de faire obtenir par suite d'intempéries des indemnités qui ne sont pas dues est un délit intentionnel

2° Dans les entreprises du bâtiment et des travaux publics, l'arrêt de travail en cas d'intempéries est décidé, après consultation des délégués du personnel, par l'entrepreneur ou son représentant sur le chantier. Cette obligation, édictée par l'article L. 731-8 du Code du travail, pèse sur ledit entrepreneur lorsqu'il n'a pas délégué les pouvoirs qu'il tient de ce texte (1). Encourt la cassation l'arrêt qui, après avoir établi le caractère mensonger des déclarations d'intempéries portant la signature du chef du personnel, se borne à énoncer que la procédure n'a mis à la charge du dirigeant de l'entreprise aucun acte positif alors qu'étaient relevés un contrôle défectueux ainsi qu'un manque d'organisation (2)

Textes cités

Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.

Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.

Rapprochements officiels

CONFER : (2°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1989-11-28 , Bulletin criminel 1989, n° 452, p. 1102 (rejet). CONFER : (2°). (2) Cf. A comparer : Chambre criminelle, 1989-10-11 , Bulletin criminel 1989, n° 355, p. 860 (rejet).

Texte intégral

Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.

1CASSATION sur les pourvois formés par :

21°) la Caisse nationale de surcompensation du bâtiment et des travaux publics de France,

32°) la Caisse nationale des entrepreneurs de travaux publics de France et d'Outre-mer,

4parties civiles,

5contre l'arrêt de la cour d'appel de Paris, 11e chambre, en date du 6 mai 1991, qui dans la procédure suivie contre Alain X... des chefs de fraude ou fausses déclarations pour obtenir ou tenter de faire obtenir des indemnités d'intempéries qui n'étaient pas dues, après relaxe du prévenu, les a déboutées de leur demande.

6LA COUR,

7Joignant les pourvois en raison de la connexité ;

8Vu les mémoires produits en demande et en défense ;

9Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles L. 731-1 à L. 731-13, R. 731-1 à R. 731-21, L. 793-1 du Code du travail, des articles 591 à 593 du Code de procédure pénale, défaut et contradiction de motifs, manque de base légale :

10" en ce que l'arrêt attaqué a débouté les deux caisses, parties civiles, de leurs demandes de condamnations pécuniaires de X... ;

11" aux motifs que l'article L. 793-1 du Code du travail ne met pas formellement et de plein droit à la charge du chef d'entreprise l'infraction reprochée ; que Mme Y... et M. Z..., préposés de X..., s'occupaient seuls des déclarations d'intempéries ; que X... ne s'occupait pas des déclarations d'intempéries et se fiait uniquement aux chiffres que Mme Y... lui donnait ; que X... n'était donc pas intervenu personnellement dans le processus d'infraction et qu'aucun acte positif de sa part n'était mis en évidence ; que c'était à bon droit que les premiers juges avaient prononcé sa relaxe et qu'il y avait lieu, en conséquence, de débouter les parties civiles ;

12" alors qu'il appartient au chef d'entreprise de veiller personnellement au respect des dispositions du Code du travail ; qu'en l'espèce, les juges du fond ont dûment constaté l'existence d'une fraude caractérisée et répétée, commise au sein de l'entreprise dont X... était le dirigeant ; que la cour d'appel a également constaté expressément qu'il s'était fié, entièrement et sans aucun contrôle, au travail de simples subordonnés à qui il n'avait donné aucune délégation ; qu'en déclarant néanmoins qu'il n'était pas coupable du délit de fausse déclaration d'intempérie, la cour d'appel a omis de déduire les conséquences légales qui s'évinçaient nécessairement de ses propres constatations " ;

13Vu lesdits articles ;

14Attendu que tout jugement ou arrêt doit contenir les motifs propres à justifier la décision ; que l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence ;

15Attendu qu'il appert de l'arrêt attaqué et du jugement qu'il confirme que la Caisse nationale de surcompensation des congés payés du bâtiment (CNSBTP) a reçu de la Société nouvelle de pose d'éléments paysagers (SNPEP), plusieurs déclarations d'intempérie, dont le caractère mensonger a été établi par les juges ; que, cependant, le président de la SNPEP, Alain X..., a été relaxé et que seules ont relevé appel les deux caisses qui s'étaient constituées parties civiles ;

16Attendu que, pour débouter la CNSBTP et la CNETP de leurs demandes, après avoir constaté que les documents incriminés portaient la signature du chef du personnel, l'arrêt attaqué se borne à énoncer que la procédure n'a mis en évidence à la charge de X... aucun acte positif et que le contrôle défectueux et le manque d'organisation de l'entreprise ne sauraient suffire à établir la responsabilité pénale de son dirigeant ;

17Mais attendu qu'en l'état de tels motifs, et alors que, selon l'article L. 731-8 du Code du travail, il n'appartient qu'au chef d'entreprise lui-même ou au représentant qu'il doit désigner, de décider de l'arrêt de travail pour cause d'intempérie, la cour d'appel ne pouvait, sans se contredire ou mieux s'en expliquer, constater, d'une part, la réalité de l'insuffisance des contrôles et l'aveu d'actes qualifiés d'erreurs, et déduire, d'autre part, de la seule signature, par un préposé non muni d'une délégation, de documents relevant de la responsabilité exclusive du dirigeant social, l'absence de tout rôle de ce dernier dans les agissements frauduleux exécutés sous le nom de la société elle-même ;

18Que la cassation est encourue de ce chef ;

19Par ces motifs :

20CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt de la cour d'appel de Paris en date du 6 mai 1991,

21Et pour qu'il soit à nouveau jugé conformément à la loi :

22RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Paris, autrement composée.

Source

Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.

Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
91-83.508
Publication
Bulletin criminel 1992 N° 193 p. 534
Solution
Cassation

Référence

Cass. crim., 18 mai 1992, n° 91-83.508, publié au Bulletin

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