1° etranger : Cass. crim., 3 juin 1998, n° 97-83.387
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 3 juin 1998, 97-83.387, Publié au bulletin
Mots-clés
- 1° etranger
- Entrée et séjour
- Entrée et séjour irréguliers
- Réfugié
- Demande de reconnaissance
- Refus
- Constatations suffisantes
- 2° etranger
- Peines
- Interdiction du territoire français
- Décision spécialement motivée
- Article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945
- Code pénal, article 131-20
- Ancien code pénal, article 1945
- Ancien code pénal, article 2
- Code pénal, article 45-2658
- Code de procédure pénale, article 1951
- Code de procédure pénale, article 28
- Rejet
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 97-83.387
- Publication
- Bulletin criminel 1998 N° 179 p. 487
- Solution
- Rejet
Référence
Cass. crim., 3 juin 1998, n° 97-83.387, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
1° etranger ; Entrée et séjour ; Entrée et séjour irréguliers ; Réfugié ; Demande de reconnaissance ; Refus ; Constatations suffisantes ; 2° etranger ; Peines ; Interdiction du territoire français ; Décision spécialement motivée ; Article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
1° Lorsqu'un étranger, poursuivi pour entrée et séjour irréguliers en France, reconnaît que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) lui a refusé le statut de réfugié et que son recours contre cette décision a été rejeté, la juridiction pénale, en l'absence de contestation sur ce point, n'est pas tenue de vérifier si sa demande d'obtention du statut de réfugié a été définitivement rejetée(1).
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Rejet
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
- Code pénal, article 131-20
- Ancien code pénal, article 1945
- Ancien code pénal, article 2
- Code pénal, article 45-2658
- Code de procédure pénale, article 1951
- Code de procédure pénale, article 28
- Code de procédure pénale, article 45-2658
- Code de procédure pénale, article 593
- Code pénal, article 131-30
À quelles infractions les textes cités par cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation se rattachent-ils ?
- Penetration non autorisee sur le territoire national apres interdiction judiciaire du territoire (numéro d’infraction NATINF 6313)
- Detention de produit phytopharmaceutique, sans document justificatif regulier : fait repute importation en contrebande (numéro d’infraction NATINF 40015)
- Retrait de la provision d'un cheque avec l'intention de porter atteinte aux droits d'autrui (numéro d’infraction NATINF 7)
- Opposition au paiement d'un cheque avec l'intention de porter atteinte aux droits d'autrui (numéro d’infraction NATINF 8)
- Blessures routieres avec incapacite n'excedant pas 3 mois par conducteur de vehicule terrestre a moteur en etat d'ivresse manifeste (numéro d’infraction NATINF 25)
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 3 juin 1998.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin criminel 1998 N° 179 p. 487
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 97-83.387
Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1989-10-11, Bulletin criminel 1989, n° 353, p. 855 (rejet) et les arrêts cités ; Chambre criminelle, 1997-06-03, Bulletin criminel 1997, n° 217, p. 708 (rejet). CONFER : (2°). (2) Cf. Chambre criminelle, 1997-05-06, Bulletin criminel 1997, n° 172, p. 570 (rejet), et l'arrêt cité.
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007070757.
Titrage officiel
1° ETRANGER - Entrée et séjour - Entrée et séjour irréguliers - Réfugié - Demande de reconnaissance - Refus - Constatations suffisantes.
2° ETRANGER - Entrée et séjour - Entrée et séjour irréguliers - Peines - Interdiction du territoire français - Décision spécialement motivée - Article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945.
Références de titrage : 2° PEINES - Peines complémentaires - Interdictions, déchéance ou incapacités professionnelles - Interdiction du territoire français - Interdiction temporaire du territoire français - Etranger - Réfugié - Article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945
Sommaire officiel
1° Lorsqu'un étranger, poursuivi pour entrée et séjour irréguliers en France, reconnaît que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) lui a refusé le statut de réfugié et que son recours contre cette décision a été rejeté, la juridiction pénale, en l'absence de contestation sur ce point, n'est pas tenue de vérifier si sa demande d'obtention du statut de réfugié a été définitivement rejetée(1).
2° Selon les dispositions de l'article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, l'interdiction du territoire français ne peut être prononcée, dans les cas prévus par ce texte, que par une décision spécialement motivée au regard de la gravité de l'infraction. Satisfait à ces exigences l'arrêt qui, pour condamner à une peine d'interdiction du territoire français pendant 2 ans, un étranger déclaré coupable d'entrée et de séjour irréguliers en France, relève que l'intéressé, s'y est introduit sans être muni des pièces nécessaires et qu'exerçant une activité clandestine de " marabout ", il s'y est maintenu malgré le rejet définitif de sa demande d'asile politique et l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière(2).
Textes cités
- Code pénal, article 131-20 · sur ce site
- Ancien code pénal, article 1945
- Ancien code pénal, article 2
- Code pénal, article 45-2658
- Code de procédure pénale, article 1951
- Code de procédure pénale, article 28 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 45-2658
- Code de procédure pénale, article 593 · sur ce site
- Code pénal, article 131-30 · sur ce site
Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.
Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.
Rapprochements officiels
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1989-10-11, Bulletin criminel 1989, n° 353, p. 855 (rejet) et les arrêts cités ; Chambre criminelle, 1997-06-03, Bulletin criminel 1997, n° 217, p. 708 (rejet). CONFER : (2°). (2) Cf. Chambre criminelle, 1997-05-06, Bulletin criminel 1997, n° 172, p. 570 (rejet), et l'arrêt cité.
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1REJET du pourvoi formé par :
2- X... Mahamadou,
3contre l'arrêt de la cour d'appel de Nancy, chambre correctionnelle, du 20 mai 1997, qui, pour infraction à la législation relative aux étrangers, l'a condamné, à titre principal, à l'interdiction du territoire français pendant 2 ans.
4LA COUR,
5Vu le mémoire produit ;
6Sur le premier moyen de cassation, pris de la violation des articles 5, 6, 19, 31 et suivants de l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, 31 de la Convention de Genève du 28 juillet 1951, 593 du Code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale :
7" en ce que l'arrêt attaqué a déclaré Mahamadou X... coupable d'avoir pénétré et séjourné irrégulièrement en France ;
8" aux motifs, adoptés de ceux des premiers juges, que Mahamadou X... a déclaré qu'il était arrivé en France le 9 décembre 1992, alors que son épouse se trouvait à Paris depuis quelque temps ; qu'il avait demandé à l'OFPRA l'obtention du statut de réfugié le 2 septembre 1993 ; que, suite au rejet de sa demande, il avait fait un recours qui avait été également rejeté, et qu'il était donc en situation irrégulière depuis le 24 juillet 1993 ;
9" alors que le respect du droit d'asile implique de manière générale que l'étranger qui se réclame de ce droit soit autorisé à demeurer provisoirement sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur sa demande ; qu'en se bornant à prendre en considération les déclarations de l'intéressé concernant sa situation administrative, sans établir formellement que sa demande de statut de réfugié avait été effectivement rejetée par l'OFPRA et la Commission des recours, les juges du fond, qui retiennent que l'accusé était un demandeur d'asile, ont privé leur décision de base légale au regard des dispositions susvisées " ;
10Attendu que la cour d'appel n'était pas tenue de rechercher si la demande d'obtention du statut de réfugié présentée par le prévenu avait été définitivement rejetée dès lors qu'elle n'était saisie d'aucune contestation sur ce point, l'intéressé ayant expressément reconnu que son recours contre la décision de refus de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) avait été rejeté ;
11D'où il suit que le moyen ne peut qu'être écarté ;
12Sur le second moyen de cassation, pris de la violation des articles 19 et 21 bis de l'ordonnance n° 45-2658 du 2 novembre 1945, 131-20 du Code pénal et 593 du Code de procédure pénale, 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
13" en ce que l'arrêt attaqué, infirmatif sur ce point, a prononcé à l'encontre de Mahamadou X... une peine d'interdiction du territoire français pour une durée de 2 ans, à titre de peine principale ;
14" alors, d'une part, que, aux termes des articles 131-30 du Code pénal et 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le tribunal ne peut prononcer que par une décision spécialement motivée au regard de la gravité de l'infraction l'interdiction du territoire à l'encontre d'un condamné étranger, père d'un enfant français à l'égard duquel il exerce l'autorité parentale ; qu'en se bornant à affirmer que le prononcé de cette peine contre Mahamadou X... était justifié " eu égard à la gravité de l'infraction ", la cour d'appel, qui constate que l'intéressé était le père d'un enfant français, n'a pas satisfait à cette exigence de motivation spéciale ;
15" alors, d'autre part, que la cour d'appel ne pouvait ordonner l'interdiction du territoire français de Mahamadou X... du chef d'entrée et séjour irréguliers en France sans violer l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le prévenu étant le père d'un enfant français sur lequel il exerce l'autorité parentale et aux besoins duquel il subvient effectivement " ;
16Attendu que, pour condamner le prévenu à une peine d'interdiction du territoire français pendant 2 ans, l'arrêt attaqué et le jugement qu'il confirme sur ce point énoncent que la sanction est justifiée par la gravité de l'infraction et relèvent à cet égard que l'intéressé, qui exerce une activité clandestine de marabout, " s'est introduit sur le territoire français sans être muni des documents nécessaires, qu'il s'y est maintenu pendant plusieurs mois après que lui a été notifié un rejet de sa demande d'asile politique, d'abord par l'OFPRA puis par la Commission de recours et un arrêté de reconduite à la frontière " ;
17Qu'en prononçant ainsi, la cour d'appel a satisfait aux prescriptions de l'article 21 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 et n'a pas méconnu les dispositions conventionnelles invoquées ;
18Qu'ainsi le moyen ne peut être admis ;
19Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ;
20REJETTE le pourvoi.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
Poser une question sur cette décision à BRANCO · Vérifier une citation · Toute la jurisprudence pénale