Renvoi d'un tribunal a un autre : Cass. crim., 3 novembre 1994, n° 94-84.752
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 3 novembre 1994, 94-84.752, Publié au bulletin
Mots-clés
- Renvoi d'un tribunal a un autre
- Suspicion légitime
- Domaine d'application
- Doute objectif sur l'impartialité d'un tribunal
- Code de procédure pénale, article 662
- Renvoi
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 94-84.752
- Publication
- Bulletin criminel 1994 N° 351 p. 856
- Solution
- Renvoi
Référence
Cass. crim., 3 nov. 1994, n° 94-84.752, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Renvoi d'un tribunal a un autre ; Suspicion légitime ; Domaine d'application ; Doute objectif sur l'impartialité d'un tribunal
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Est objectivement de nature à faire naître un doute sur l'impartialité de la juridiction, selon l'article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et constitue, dès lors, un motif de dessaisissement pour cause de suspicion légitime, au sens de l'article 662 du Code de procédure pénale, la circonstance que l'assemblée générale des magistrats d'un tribunal a adopté une motion de soutien à l'un de ses membres, constitué partie civile dans une procédure pendante devant ce tribunal. (1).
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Renvoi
Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?
Par ces motifs :
RENVOIE devant le juge d'instruction au tribunal de grande instance de Bordeaux, la procédure suivie devant le juge d'instruction de La Roche-sur-Yon contre Y..., suite à la plainte avec constitution de partie civile déposée par X..., du chef d'outrage à magistrat.
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 3 novembre 1994.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin criminel 1994 N° 351 p. 856
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 94-84.752
Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1990-08-21, Bulletin criminel 1990, n° 305, p. 772 (renvoi d'un tribunal à un autre).
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007067198.
Titrage officiel
RENVOI D'UN TRIBUNAL A UN AUTRE - Suspicion légitime - Domaine d'application - Doute objectif sur l'impartialité d'un tribunal.
Références de titrage : CONVENTION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME - Article 6 - Droit de toute personne à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial - Suspicion légitime - Doute objectif sur l'impartialité d'un tribunal
Sommaire officiel
Est objectivement de nature à faire naître un doute sur l'impartialité de la juridiction, selon l'article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et constitue, dès lors, un motif de dessaisissement pour cause de suspicion légitime, au sens de l'article 662 du Code de procédure pénale, la circonstance que l'assemblée générale des magistrats d'un tribunal a adopté une motion de soutien à l'un de ses membres, constitué partie civile dans une procédure pendante devant ce tribunal. (1).
Textes cités
Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.
Rapprochements officiels
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1990-08-21, Bulletin criminel 1990, n° 305, p. 772 (renvoi d'un tribunal à un autre).
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1RENVOI d'un tribunal à un autre sur la requête du procureur de la République près le tribunal de grande instance de La Roche-sur-Yon, tendant au renvoi pour cause de suspicion légitime, devant une autre juridiction du même ordre, de la connaissance de la procédure suivie sur plainte avec constitution de partie civile de M. X..., devant le juge d'instruction de ce tribunal, contre Y..., du chef d'outrage à magistrat.
2LA COUR,
3Vu ladite requête et le mémoire produit en défense ;
4Vu l'article 662 du Code de procédure pénale, ensemble l'article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
5Sur la recevabilité :
6Attendu que la requête est régulière en la forme, qu'elle a été signifiée, qu'elle est donc recevable ;
7Au fond :
8Attendu qu'il résulte des pièces produites qu'à la suite d'un incident survenu le 26 mai 1994, entre un avocat et X..., présidant une audience correctionnelle, le bâtonnier Y... a écrit une lettre au président du tribunal se plaignant du comportement de ce magistrat ; que ce dernier a porté plainte avec constitution de partie civile pour outrage ; qu'il a été soutenu dans sa démarche par une motion de l'assemblée générale du tribunal qui s'est réunie le 24 juin 1994, à laquelle a répondu une délibération du conseil de l'Ordre réuni le 29 juin 1994, désapprouvant à l'unanimité, les termes de cette motion ;
9Que ces éléments objectifs sont de nature à faire naître un doute sur l'impartialité du magistrat instructeur saisi du dossier ainsi que celle des magistrats qui seront par la suite éventuellement chargés du jugement de l'affaire ;
10Qu'il existe, dès lors, des motifs suffisants, au sens tant de l'article 662 du Code de procédure pénale que de l'article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, pour attribuer à un autre juge d'instruction la connaissance de cette information ;
11Par ces motifs :
12RENVOIE devant le juge d'instruction au tribunal de grande instance de Bordeaux, la procédure suivie devant le juge d'instruction de La Roche-sur-Yon contre Y..., suite à la plainte avec constitution de partie civile déposée par X..., du chef d'outrage à magistrat.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
Poser une question sur cette décision à BRANCO · Vérifier une citation · Toute la jurisprudence pénale