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Intervention : Cass. crim., 13 mars 1996, n° 95-81.995

Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 13 mars 1996, 95-81.995, Publié au bulletin

Mots-clés

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
95-81.995
Publication
Bulletin criminel 1996 N° 112 p. 328
Solution
Rejet

Référence

Cass. crim., 13 mars 1996, n° 95-81.995, publié au Bulletin

Questions traitées

De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Intervention ; Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme ; Recours subrogatoire ; Exercice ; Conditions ; Transaction entre la victime et le Fonds de garantie

Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Il résulte des dispositions combinées des articles L. 422-1 du Code des assurances et 706-11 du Code de procédure pénale que, si le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions est subrogé dans les droits des victimes, il ne peut exercer son recours que dans la limite des réparations mises à la charge des personnes responsables du dommage causé par l'infraction ou tenues, à un titre quelconque, d'en assurer la réparation totale ou partielle ; il s'ensuit que c'est à bon droit que la cour d'appel déclare irrecevable, en l'état, la demande de Fonds de garantie tendant à être remboursé des sommes versées en application de la transaction intervenue avec les victimes, alors que des expertises sont en cours et que le préjudice des victimes n'est pas déterminé par la juridiction de jugement. (1).

Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Rejet

Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?

Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 13 mars 1996.

Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?

Bulletin criminel 1996 N° 112 p. 328

Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Pourvoi n° 95-81.995

Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?

CONFER : (1°). (1) A rapprocher : Chambre criminelle, 1993-06-02, Bulletin criminel 1993, n° 197 (2), p. 492 (cassation partielle), et l'arrêt cité ; Chambre criminelle, 1993-10-20, Bulletin criminel 1993, n° 301, p. 752 (rejet), et les arrêts cités.

Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?

Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007067985.

Titrage officiel

INTERVENTION - Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme - Recours subrogatoire - Exercice - Conditions - Transaction entre la victime et le Fonds de garantie.

Références de titrage : INDEMNISATION DES VICTIMES - Victimes des actes de terrorisme - Fonds de garantie - Recours subrogatoire - Exercice - Conditions - Transaction entre la victime et le Fonds de garantie | ACTION CIVILE - Préjudice - Réparation - Victime d'un acte de terrorisme - Recours - Recours subrogatoire du Fonds de garantie - Exercice - Conditions - Transaction entre la victime et le Fonds de garantie

Sommaire officiel

Il résulte des dispositions combinées des articles L. 422-1 du Code des assurances et 706-11 du Code de procédure pénale que, si le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions est subrogé dans les droits des victimes, il ne peut exercer son recours que dans la limite des réparations mises à la charge des personnes responsables du dommage causé par l'infraction ou tenues, à un titre quelconque, d'en assurer la réparation totale ou partielle ; il s'ensuit que c'est à bon droit que la cour d'appel déclare irrecevable, en l'état, la demande de Fonds de garantie tendant à être remboursé des sommes versées en application de la transaction intervenue avec les victimes, alors que des expertises sont en cours et que le préjudice des victimes n'est pas déterminé par la juridiction de jugement. (1).

Textes cités

Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.

Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.

Rapprochements officiels

CONFER : (1°). (1) A rapprocher : Chambre criminelle, 1993-06-02, Bulletin criminel 1993, n° 197 (2), p. 492 (cassation partielle), et l'arrêt cité ; Chambre criminelle, 1993-10-20, Bulletin criminel 1993, n° 301, p. 752 (rejet), et les arrêts cités.

Texte intégral

Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.

1REJET du pourvoi formé par :

2- le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions, partie civile,

3contre l'arrêt de la cour d'appel de Paris, 10e chambre, du 1er mars 1995, qui, dans la procédure suivie contre Thomas X..., Georges Y..., Emmanuel Z... pour, notamment, association de malfaiteurs en vue de la préparation de destructions ou de détériorations de biens immobiliers et violences avec préméditation, a déclaré le Fonds de garantie irrecevable en l'état en ses demandes.

4LA COUR,

5Vu l'ordonnance du président de la chambre criminelle du 13 mars 1996 prescrivant l'examen immédiat du pourvoi ;

6Vu le mémoire produit ;

7Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles L. 422-1 et L. 422-2 du Code des assurances, 591 et 706-11 du Code de procédure pénale :

8" en ce que l'arrêt attaqué a déclaré irrecevable le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions ;

9" aux motifs qu'il n'est pas contestable que le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions dispose d'une subrogation d'une particulière étendue dans les droits que possèdent les victimes contre les auteurs du dommage ; les arrêts de la Cour de Cassation cités par l'appelant confirment ce principe ; mais le subrogé ne saurait avoir plus de droits que celui dont il exerce l'action ; le fait d'avoir dans une transaction avec une victime évalué le préjudice, ne saurait le soustraire, vis-à-vis de l'auteur du dommage à la procédure d'évaluation judiciaire du préjudice par expertise, telle qu'elle est couramment pratiquée ; la transaction passée avec la victime est donc inopposable à l'auteur du dommage qui n'y a pas été partie ; ce point se trouve d'ailleurs implicitement confirmé par un des arrêts de la Cour de Cassation invoqué par le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (Maxime A...et Fonds de garantie... du 19 novembre 1993), qui précise que " le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions ne justifie pas du grief que lui cause la condamnation des accusés à une somme supérieure à celle résultant des transactions intervenues entre lui et lesdites victimes " ; il résulte donc bien de ce texte qu'on ne saurait établir de lien entre l'évaluation judiciaire du dommage et le montant des transactions intervenues ;

10" alors que le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions est subrogé dans les droits que possède la victime contre la personne responsable du dommage ; que lorsque le Fonds de garantie transige avec la victime suite à la procédure d'offre à laquelle il est tenu, cette transaction est de plein droit opposable à l'auteur des dommages ; que la Cour ne pouvait donc prétendre que la transaction passée par le Fonds de garantie avec la victime était inopposable à l'auteur du dommage " ;

11Attendu que, par arrêt du 1er octobre 1990, devenue définitif, la cour d'appel de Paris a, dans la procédure suivie contre Emmanuel Z..., Thomas X... et Georges Y..., notamment ordonné une expertise médicale en vu de déterminer les conséquences des blessures subies par Nicole et Kenneth B..., débouté ces derniers de leur demande de provision, reçu le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et autres infractions en sa constitution de partie civile et sursis à statuer sur sa demande ;

12Attendu que les 11 et 12 décembre 1993 le Fonds de garantie a, conformément à l'article 10, 2e alinéa du Code de procédure pénale, assigné les prévenus devant le tribunal correctionnel au paiement des sommes de 203 000 francs et 423 076, 47 francs qu'il a été amené à payer respectivement à Nicole et Kenneth B... en vertu d'une transaction ;

13Attendu que, pour déclarer ces dernières demandes irrecevables en l'état, la juridiction du second degré, après avoir énoncé que le Fonds de garantie est subrogé dans les droits des victimes contre les auteurs du dommage, retient qu'il ne saurait se soustraire à la procédure d'évaluation judiciaire du préjudice après expertise, la transaction passée avec les victimes étant inopposable aux auteurs du dommage qui n'y ont pas été parties ;

14Attendu qu'en l'état de ces motifs la cour d'appel a justifié sa décision sans encourir le grief allégué ;

15D'où il suit que le moyen doit être écarté ;

16Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ;

17REJETTE le pourvoi.

Source

Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.

Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
95-81.995
Publication
Bulletin criminel 1996 N° 112 p. 328
Solution
Rejet

Référence

Cass. crim., 13 mars 1996, n° 95-81.995, publié au Bulletin

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