Convention europeenne des droits de l'homme : Cass. crim., 18 février 1985, n° 84-95.008
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 18 février 1985, 84-95.008, Publié au bulletin
Mots-clés
- Convention europeenne des droits de l'homme
- Article 14
- Trafic de stupéfiants
- Peines
- Peine complémentaire
- Interdiction définitive du territoire français
- Incompatibilité (non)
- Code de la santé publique, article L. 630-1
- Rejet
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 84-95.008
- Publication
- Bulletin criminel 1985 n° 76
- Solution
- Rejet
Référence
Cass. crim., 18 févr. 1985, n° 84-95.008, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Convention europeenne des droits de l'homme ; Article 14 ; Trafic de stupéfiants ; Peines ; Peine complémentaire ; Interdiction définitive du territoire français ; Incompatibilité (non)
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
La prohibition de toute discrimination fondée notamment sur la race ou la religion, telle qu'elle résulte de l'article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne concerne que la jouissance des droits et libertés reconnus dans ladite convention, parmi lesquels ne figure évidemment pas le trafic de stupéfiants, et ne fait pas obstacle à ce que soit prononcée, contre un étranger déclaré coupable d'un tel trafic, la peine de l'interdiction définitive du territoire français, telle que la prévoit l'article L. 630-1 du Code de la santé publique. Au demeurant, cette peine est spécialement envisagée, à l'égard des étrangers, par l'article 2 du Protocole n° 4 annexé à cette même convention, sous les conditions prévues par le texte et réunies dans l'espèce soumise à la Cour d'appel.
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Rejet
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 18 février 1985.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin criminel 1985 n° 76
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 84-95.008
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007061653.
Titrage officiel
CONVENTION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME - Article 14 - Trafic de stupéfiants - Peines - Peine complémentaire - Interdiction définitive du territoire français - Incompatibilité (non).
Références de titrage : * PEINES - Peines complémentaires - Interdiction définitive du territoire français - Trafic de stupéfiants - Article L. 630-1 du Code de la santé publique - Compatibilité - Article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'homme et des libertés fondamentales. | * SUBSTANCES VENENEUSES - Stupéfiants - Infractions à la législation - Peines - Peine complémentaire - Interdiction définitive du territoire français (article L. 630-1 du Code de la santé publique) - Compatibilité - Article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sommaire officiel
La prohibition de toute discrimination fondée notamment sur la race ou la religion, telle qu'elle résulte de l'article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne concerne que la jouissance des droits et libertés reconnus dans ladite convention, parmi lesquels ne figure évidemment pas le trafic de stupéfiants, et ne fait pas obstacle à ce que soit prononcée, contre un étranger déclaré coupable d'un tel trafic, la peine de l'interdiction définitive du territoire français, telle que la prévoit l'article L. 630-1 du Code de la santé publique. Au demeurant, cette peine est spécialement envisagée, à l'égard des étrangers, par l'article 2 du Protocole n° 4 annexé à cette même convention, sous les conditions prévues par le texte et réunies dans l'espèce soumise à la Cour d'appel.
Textes cités
Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1STATUANT SUR LE POURVOI FORME PAR :
2- X... MOHAMED,
3CONTRE L'ARRET DE LA CHAMBRE CORRECTIONNELLE DE LA COUR D'APPEL DE COLMAR, EN DATE DU 9 OCTOBRE 1984, QUI L'A CONDAMNE, POUR TRAFIC DE STUPEFIANTS ET TRANSPORT SANS TITRE DE MARCHANDISES PROHIBEES SOUMISES A JUSTIFICATION D'ORIGINE, A QUINZE MOIS D'EMPRISONNEMENT, EN ORDONNANT SON MAINTIEN EN DETENTION, AINSI QU'A DES PENALITES DOUANIERES ET A L'INTERDICTION DEFINITIVE DU TERRITOIRE FRANCAIS ;
4VU LE MEMOIRE PERSONNEL REGULIEREMENT PRODUIT PAR LE DEMANDEUR ET LE MEMOIRE EN DEFENSE DE L'ADMINISTRATION DES DOUANES ;
5SUR LE MOYEN UNIQUE DE CASSATION PROPOSE, PRIS DE LA VIOLATION DES ARTICLES 6 ET 14 DE LA CONVENTION EUROPEENNE DE SAUVEGARDE DES DROITS DE L'HOMME ET DES LIBERTES FONDAMENTALES ;
6ATTENDU QUE LA COUR D'APPEL, POUR CONDAMNER MOHAMED X..., RESSORTISSANT MAROCAIN, A LA PEINE DE L'INTERDICTION DEFINITIVE DU TERRITOIRE FRANCAIS QUE L'ARTICLE L. 630-1 DU CODE DE LA SANTE PUBLIQUE PERMET AUX JURIDICTIONS REPRESSIVES DE PRONONCER CONTRE TOUT ETRANGER DECLARE COUPABLE D'UN DES DELITS PREVUS A L'ARTICLE L. 627 DE CE CODE, ET POUR REJETER LES CONCLUSIONS DU PREVENU, REPRISES AU MOYEN, SELON LESQUELLES CETTE PEINE SERAIT INCOMPATIBLE AVEC LES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 14 DE LA CONVENTION EUROPEENNE DE SAUVEGARDE DES DROITS DE L'HOMME ET DES LIBERTES FONDAMENTALES, ENONCE QUE "SI X... PEUT SE PREVALOIR DU DROIT D'ALLER ET DE VENIR SUR LE TERRITOIRE FRANCAIS, ENCORE FAUT-IL QU'IL FASSE USAGE DE CE DROIT DANS LE RESPECT DE LA LEGISLATION NATIONALE ET SANS COMPROMETTRE L'ORDRE PUBLIC ;
7QU'EN SE LIVRANT AU TRAFIC DE RESINE DE CANNABIS, IL PORTE GRAVEMENT ATTEINTE A LA SANTE PUBLIQUE QUE CHAQUE ETAT EST EN DROIT DE PROTEGER PAR TOUT MOYEN QU'IL JUGE UTILE ;
8QUE L'INTERDICTION DU TERRITOIRE OPPOSEE A UN RESSORTISSANT ETRANGER CONSTITUE MANIFESTEMENT UN DE CES MOYENS ;
9QU'AINSI LA DISTINCTION ETABLIE PAR LE LEGISLATEUR N'EST NULLEMENT ARBITRAIRE DES LORS QU'ELLE REPOSE SUR UNE JUSTIFICATION OBJECTIVE ET RAISONNABLE" ;
10ATTENDU QU'EN PRONONCANT AINSI, LES JUGES ONT DONNE UNE BASE LEGALE A LEUR DECISION, SANS ENCOURIR LES GRIEFS ALLEGUES ;
11QU'EN EFFET, L'INTERDICTION DE TOUTE DISCRIMINATION FONDEE NOTAMMENT SUR LA RACE OU L'ORIGINE NATIONALE, TELLE QU'ELLE EST PREVUE PAR L'ARTICLE 14 DE LA CONVENTION EUROPEENNE DE SAUVEGARDE DES DROITS DE L'HOMME ET DES LIBERTES FONDAMENTALES, NE CONCERNE QUE LA JOUISSANCE DES DROITS ET LIBERTES RECONNUS DANS LADITE CONVENTION, PARMI LESQUELS NE FIGURE EVIDEMMENT PAS LE TRAFIC DE STUPEFIANTS, ET NE FAIT PAS OBSTACLE A CE QUE SOIT PRONONCEE EN APPLICATION DE LA LOI NATIONALE, CONTRE UN ETRANGER RECONNU COUPABLE D'UN TEL TRAFIC, L'INTERDICTION DEFINITIVE DU TERRITOIRE ;
12QU'AU DEMEURANT, L'ARTICLE 2, PARAGRAPHE 3, DU PROTOCOLE N° 4 ANNEXE A LA MEME CONVENTION, PERMET AU LEGISLATEUR D'UN ETAT DEMOCRATIQUE D'INTERDIRE L'ACCES DE SON TERRITOIRE A UN ETRANGER LORSQUE CETTE MESURE EST NECESSAIRE A LA SECURITE NATIONALE, A LA SURETE PUBLIQUE, AU MAINTIEN DE L'ORDRE PUBLIC, A LA PREVENTION DES INFRACTIONS PENALES, A LA PROTECTION DE LA SANTE OU DE LA MORALE, OU A LA PROTECTION DES DROITS ET LIBERTES D'AUTRUI ;
13QUE TEL EST LE CAS EN L'ESPECE ;
14QU'AINSI LE MOYEN PROPOSE NE PEUT QU'ETRE ECARTE ;
15ET ATTENDU QUE L'ARRET EST REGULIER EN LA FORME ;
16REJETTE LE POURVOI.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
Poser une question sur cette décision à BRANCO · Vérifier une citation · Toute la jurisprudence pénale