1° cour d'assises : Cass. crim., 26 novembre 1990, n° 90-81.702
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 26 novembre 1990, 90-81.702, Publié au bulletin
Mots-clés
- 1° cour d'assises
- Questions
- Feuille de questions
- Mentions
- Arrêt de condamnation
- Concordance
- 2° cour d'assises
- Complexité
- Question posée in abstracto
- Circonstances aggravantes
- Circonstance aggravante réelle
- Commission par deux ou plusieurs auteurs ou complices
- Viol
- Pluralité de faits principaux distincts
- Question unique
- Ancien code pénal, article 332
- Code de procédure pénale, article 366
- Code de procédure pénale, article 376
- Code de procédure pénale, article 593
- Code de procédure pénale, article 349
- Cassation
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 90-81.702
- Publication
- Bulletin criminel 1990 N° 402 p. 1011
- Solution
- Cassation
Référence
Cass. crim., 26 nov. 1990, n° 90-81.702, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
1° cour d'assises ; Questions ; Feuille de questions ; Mentions ; Arrêt de condamnation ; Concordance ; 2° cour d'assises ; Complexité ; Question posée in abstracto ; Circonstances aggravantes ; Circonstance aggravante réelle ; Commission par deux ou plusieurs auteurs ou complices ; Viol ; Pluralité de faits principaux distincts ; Question unique
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
1° Les mentions de la feuille de questions et les énonciations de l'arrêt de condamnation doivent, à peine de nullité, être en concordance.. Ainsi, encourt la cassation l'arrêt qui porte que la Cour et le jury ont déclaré les accusés coupables de viol avec la circonstance aggravante de pluralité d'auteurs, alors que la feuille de questions ne fait pas mention d'une interrogation relative à cette circonstance (1).
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Cassation
Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?
Par ces motifs :
CASSE ET ANNULE l'arrêt susvisé de la cour d'assises de la Côte-d'Or, du 20 février 1990, ayant condamné X... et Y... chacun à 13 ans de réclusion criminelle, ensemble la déclaration de la Cour et du jury et les débats qui l'ont précédée pour être statué à nouveau conformément à la loi :
RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'assises du Doubs.
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 26 novembre 1990.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin criminel 1990 N° 402 p. 1011
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 90-81.702
Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1989-05-23 , Bulletin criminel 1989, n° 213, p. 540 (cassation partielle), et les arrêts cités. CONFER : (2°). (2) Cf. A rapprocher : Chambre criminelle, 1985-01-09 , Bulletin criminel 1985, n° 20, p. 51 (cassation partielle) ; Chambre criminelle, 1985-02-13 , Bulletin criminel 1985, n° 74, p. 198 (cassation partielle) ; Chambre criminelle, 1987-06-24 , Bulletin criminel 1987, n° 265, p. 720 (cassation partielle).
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007068380.
Titrage officiel
1° COUR D'ASSISES - Questions - Feuille de questions - Mentions - Arrêt de condamnation - Concordance
2° COUR D'ASSISES - Questions - Complexité - Question posée in abstracto - Circonstances aggravantes - Circonstance aggravante réelle - Commission par deux ou plusieurs auteurs ou complices - Viol - Pluralité de faits principaux distincts - Question unique
Références de titrage : 1° COUR D'ASSISES - Arrêts - Arrêt de condamnation - Déclaration de culpabilité - Concordance avec les questions posées - Nécessité | 2° VIOL - Cour d'assises - Questions - Complexité - Question posée in abstracto - Circonstance aggravante - Commission par deux ou plusieurs auteurs ou complices - Pluralité de faits principaux distincts - Question unique
Sommaire officiel
1° Les mentions de la feuille de questions et les énonciations de l'arrêt de condamnation doivent, à peine de nullité, être en concordance.. Ainsi, encourt la cassation l'arrêt qui porte que la Cour et le jury ont déclaré les accusés coupables de viol avec la circonstance aggravante de pluralité d'auteurs, alors que la feuille de questions ne fait pas mention d'une interrogation relative à cette circonstance (1).
2° Est entachée de complexité prohibée comme englobant, en une formule unique, des crimes distincts perpétrés sur une même victime par deux auteurs différents, la question, posée de manière abstraite, par laquelle il est demandé à la Cour et au jury si des actes de pénétration sexuelle par violence, contrainte ou surprise ont été commis sur la même personne (2).
Textes cités
- Ancien code pénal, article 332
- Code de procédure pénale, article 366 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 376 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 593 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 349 · sur ce site
Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.
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Rapprochements officiels
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1989-05-23 , Bulletin criminel 1989, n° 213, p. 540 (cassation partielle), et les arrêts cités. CONFER : (2°). (2) Cf. A rapprocher : Chambre criminelle, 1985-01-09 , Bulletin criminel 1985, n° 20, p. 51 (cassation partielle) ; Chambre criminelle, 1985-02-13 , Bulletin criminel 1985, n° 74, p. 198 (cassation partielle) ; Chambre criminelle, 1987-06-24 , Bulletin criminel 1987, n° 265, p. 720 (cassation partielle).
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1CASSATION sur les pourvois formés par :
2- X...,
3- Y...,
4contre l'arrêt de la cour d'assises de la Côte-d'Or, en date du 20 février 1990, qui, pour viol aggravé, les a condamnés chacun à 13 ans de réclusion criminelle.
5LA COUR,
6Joignant les pourvois en raison de la connexité ;
7Vu le mémoire produit commun aux demandeurs ;
8Sur le moyen unique de cassation pris de la violation des articles 366, 376 et 593 du Code de procédure pénale, de l'article 332 du Code pénal, ensemble du principe selon lequel les énonciations de l'arrêt de condamnation et celles de la feuille de questions doivent, à peine de nullité, être en concordance :
9" en ce que la feuille de questions ne fait pas état de la circonstance aggravante tirée du fait que le viol a été commis par deux ou plusieurs auteurs ;
10" alors que l'arrêt de condamnation déclare X... et Y... coupables du crime de viol, par deux auteurs, d'une personne vulnérable en raison d'une déficience mentale ; que l'inadéquation entre l'arrêt de condamnation et la feuille de questions caractérise la violation des textes précités, ensemble la méconnaissance du principe sus-énoncé ;
11" et alors, enfin, que la contradiction entre les énonciations de la feuille de questions et l'arrêt de condamnation caractérise la méconnaissance des exigences de l'article 593 du Code de procédure pénale " ;
12Vu lesdits articles ;
13Attendu que les mentions de la feuille de questions et les énonciations de l'arrêt de condamnation doivent, à peine de nullité, être en concordance ;
14Attendu que la feuille de questions indique que X... et Y... sont déclarés coupables de viol avec la circonstance aggravante que ledit viol a été commis sur une personne particulièrement vulnérable en raison d'une déficience mentale ;
15Que l'arrêt de condamnation mentionne que lesdits accusés sont condamnés pour " viol par deux auteurs d'une personne vulnérable en raison d'une déficience mentale " ;
16Que du fait de cette discordance entre les mentions de la feuille de questions et celles de l'arrêt qui a retenu la circonstance aggravante de pluralité d'auteurs pour laquelle aucune question n'a été posée, la cassation est encourue ;
17Et sur le moyen de cassation relevé d'office, pris de la violation de l'article 349 du Code de procédure pénale ;
18Vu ledit article ;
19Attendu qu'aux termes du deuxième alinéa de ce texte, une question est posée sur chaque fait spécifié dans le dispositif de l'arrêt de renvoi ;
20Attendu qu'il résulte des énonciations de l'arrêt de mise en accusation que Y... et X... ont été renvoyés devant la cour d'assises pour s'être livrés tour à tour à des actes constitutifs de viol sur la personne d'une même victime ;
21Attendu que la Cour et le jury ont répondu affirmativement à une première question, posée de manière abstraite, par laquelle il leur était demandé s'il est constant que, le 17 août 1988, des actes de pénétration sexuelle par violence, contrainte ou surprise ont été commis sur la personne de Z... ;
22Mais attendu que cette question est entachée de complexité prohibée comme englobant, en une formule unique, des crimes distincts perpétrés sur une même victime par deux auteurs différents, en sorte que, en répondant affirmativement aux questions subséquentes portant sur la culpabilité de chaque accusé des faits spécifiés dans la première, la Cour et le jury ont nécessairement déclaré chacun d'eux coupable non seulement d'un ou des viols qui lui étaient personnellement imputés, mais en outre de ceux qui l'étaient à l'autre ;
23D'où il suit que la cassation est également encourue de ce chef ;
24Par ces motifs :
25CASSE ET ANNULE l'arrêt susvisé de la cour d'assises de la Côte-d'Or, du 20 février 1990, ayant condamné X... et Y... chacun à 13 ans de réclusion criminelle, ensemble la déclaration de la Cour et du jury et les débats qui l'ont précédée pour être statué à nouveau conformément à la loi :
26RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'assises du Doubs.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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