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Abandon de famille : Cass. crim., 3 octobre 1988, n° 87-82.048

Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 3 octobre 1988, 87-82.048, Publié au bulletin

Mots-clés

  • Abandon de famille
  • Contribution aux charges du ménage
  • Décision de justice
  • Caractère exécutoire
  • Durée
  • Code civil, article 1273
  • Ancien code pénal, article 357-2
  • Code de procédure pénale, article 593
  • Ancien code pénal, article 3
  • Cassation partielle

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
87-82.048
Publication
Bulletin criminel 1988 N° 326 p. 878
Solution
Cassation partielle

Référence

Cass. crim., 3 oct. 1988, n° 87-82.048, publié au Bulletin

Questions traitées

De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Abandon de famille ; Contribution aux charges du ménage ; Décision de justice ; Caractère exécutoire ; Durée

Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

La caducité d'une décision de justice fixant le montant de la contribution aux charges du ménage ne saurait se présumer ni résulter de la seule volonté d'un des époux (1).

Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Cassation partielle

Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?

Par ces motifs :

CASSE ET ANNULE, mais en ses seules dispositions civiles, l'arrêt de la cour d'appel de Douai, du 19 mars 1987, et pour qu'il soit à nouveau jugé dans les limites de la cassation ainsi prononcée :

RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel d'Amiens.

Lire le texte intégral

Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?

Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 3 octobre 1988.

Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?

Bulletin criminel 1988 N° 326 p. 878

Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Pourvoi n° 87-82.048

Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?

CONFER : (1°). Chambre criminelle, 1962-01-09 Bulletin criminel , 1962, n° 13, p. 23 (rejet).

Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?

Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007064887.

Titrage officiel

ABANDON DE FAMILLE - Contribution aux charges du ménage - Décision de justice - Caractère exécutoire - Durée

Sommaire officiel

La caducité d'une décision de justice fixant le montant de la contribution aux charges du ménage ne saurait se présumer ni résulter de la seule volonté d'un des époux (1).

Textes cités

Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.

Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.

Rapprochements officiels

CONFER : (1°). Chambre criminelle, 1962-01-09 Bulletin criminel , 1962, n° 13, p. 23 (rejet).

Texte intégral

Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.

1CASSATION PARTIELLE sur le pourvoi formé par :

2- X... Marcelle, partie civile,

3contre un arrêt de la cour d'appel de Douai, 4e chambre, en date du 19 mars 1987 qui, après avoir relaxé Y... Abdelkrim du chef d'abandon de famille, a débouté cette partie civile de ses demandes.

4LA COUR,

5Vu le mémoire produit ;

6Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 1273 du Code civil, 357-2 du Code pénal et 593 du Code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale :

7" en ce que l'arrêt infirmatif a, pour déclarer irrecevable la constitution de partie civile, relaxé le prévenu des fins de la poursuite exercée à son encontre pour abandon de famille ;

8" aux motifs qu'il n'est pas contesté que la plaignante était revenue au domicile conjugal antérieurement au 1er juin 1986 pendant une longue période au cours de laquelle son mari lui a versé des sommes variables, parfois importantes, tenant compte de ce qu'il acquittait alors le loyer d'un studio qu'il mettait à la disposition de son épouse ; que cette dernière ne justifie pas d'avoir émis à cette époque la moindre critique quant à ces nouvelles particularités financières, notamment en fonction du montant initial de la contribution aux charges du ménage de 5 000 francs par mois et de son indexation ; qu'il apparaît que, par un accord tacite des époux, le paiement de la même contribution a été remplacé par un mode de financement original des dépenses de la plaignante plus proche du devoir de secours ; que le prévenu a pu légitimement en conclure que son épouse avait ainsi renoncé à la contribution litigieuse ;

9" alors que, d'une part, la novation ne pouvant se présumer en application de l'article 1273 du Code civil, les juges d'appel qui n'ont nullement songé à contester que le prévenu avait bien été condamné par une décision exécutoire à verser à son épouse une pension mensuelle de 5 000 francs à titre de contribution aux charges du ménage et qui n'ont pas contesté non plus qu'il avait, du 1er juin au 1er décembre 1986, omis de s'acquitter de cette obligation, ne pouvaient, sans violer le texte précité ainsi que l'article 357-2 du Code pénal, considérer que le délit prévu par ce texte pouvait n'être pas constitué parce que le fait que l'épouse ait accepté sans protester pendant une période antérieure à celle visée par la prévention au cours de laquelle le couple avait repris la vie commune, que son mari s'acquitte envers elle de son obligation de contribuer aux charges du ménage selon des modalités différentes de celles prévues par la décision de justice susvisée, pouvait constituer la preuve d'une novation ;

10" alors que, d'autre part, le fait que l'épouse ait pu accepter sans protester pendant la période de reprise de la vie commune antérieure à celle visée par la prévention, que son mari s'acquitte envers elle de son obligation de contribuer aux charges du ménage selon des modalités différentes de celles prévues par la décision de justice qui avait statué sur cette question, ne pouvait évidemment et en tout état de cause être considéré comme constituant une renonciation totale et définitive à cette contribution légale ; que, dès lors, la Cour s'est contredite et a privé sa décision de motifs en prononçant la relaxe ;

11" et qu'enfin, aux termes de l'article 357-2, alinéa 3, du Code pénal, le défaut de paiement est présumé volontaire sauf preuve contraire ; que, dès lors, la Cour a violé ce texte en admettant que le prévenu qui ne contestait pas qu'il savait qu'il avait été condamné à verser une pension mensuelle de 5 000 francs à sa femme à titre de contribution aux charges du ménage, avait pu légitimement déduire de l'abstention de sa femme à lui réclamer cette somme pendant la période au cours de laquelle le couple ayant repris provisoirement la vie commune, il avait assumé son obligation selon des modalités différentes de celles prévues par le jugement, que son épouse avait définitivement renoncé à ce qu'il s'acquitte de toute contribution " ;

12Vu lesdits articles ;

13Attendu que tout jugement ou arrêt doit être motivé, que l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence ;

14Attendu qu'Abdelkrim Y... a été poursuivi devant la juridiction correctionnelle, pour être, du 1er juin 1986 jusqu'au 1er décembre 1986, volontairement demeuré plus de 2 mois sans acquitter le montant intégral de la somme mensuelle de 5 000 francs qu'il a été condamné à verser à son épouse Marcelle X... au titre de sa contribution aux charges du mariage par jugement du tribunal d'instance de Saint-Pol-sur-Ternoise en date du 21 février 1984 ;

15Attendu que, pour relaxer le prévenu, les juges d'appel relèvent que le jugement, base de la poursuite, est intervenu à une époque de séparation de fait des époux, que par la suite et jusqu'au 1er juin 1986 ils ont repris la vie commune et modifié au cours de cette période les modalités de financement des dépenses du ménage ; que les juges énoncent " que le prévenu a pu légitimement en conclure que son épouse avait ainsi renoncé à la contribution litigieuse " après la nouvelle rupture de la vie commune en juin 1986 ;

16Mais attendu qu'en statuant ainsi, alors que la caducité d'une décision de justice ne saurait se présumer ni résulter de la seule volonté d'une des parties, la cour d'appel a méconnu le principe sus-énoncé ;

17D'où il suit que la cassation est encourue ;

18Par ces motifs :

19CASSE ET ANNULE, mais en ses seules dispositions civiles, l'arrêt de la cour d'appel de Douai, du 19 mars 1987, et pour qu'il soit à nouveau jugé dans les limites de la cassation ainsi prononcée :

20RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel d'Amiens.

Source

Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.

Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
87-82.048
Publication
Bulletin criminel 1988 N° 326 p. 878
Solution
Cassation partielle

Référence

Cass. crim., 3 oct. 1988, n° 87-82.048, publié au Bulletin

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