Action civile : Cass. crim., 7 novembre 2000, n° 00-82.469
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 7 novembre 2000, 00-82.469, Inédit
Mots-clés
- Action civile
- Recevabilité
- Employeur
- Employé victime de viols et de harcèlement sexuel
- Préjudice direct (non)
- Code de procédure pénale, article 2
- Code de procédure pénale, article 575
- Code du travail, article L. 122-48
- Code de procédure pénale, article 3
- Code de procédure pénale, article 593
- Rejet
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 00-82.469
- Solution
- Rejet
Référence
Cass. crim., 7 nov. 2000, n° 00-82.469, inédit
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Action civile ; Recevabilité ; Employeur ; Employé victime de viols et de harcèlement sexuel ; Préjudice direct (non)
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
null
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Rejet
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 7 novembre 2000.
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 00-82.469
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007584977.
Titrage officiel
ACTION CIVILE - Recevabilité - Employeur - Employé victime de viols et de harcèlement sexuel - Préjudice direct (non).
Sommaire officiel
null
Textes cités
- Code de procédure pénale, article 2 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 575
- Code du travail, article L. 122-48
- Code de procédure pénale, article 3 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 593 · sur ce site
Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.
Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
2LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, le sept novembre deux mille, a rendu l'arrêt suivant :
3Sur le rapport de M. le conseiller JOLY, les observations de la société civile professionnelle LYON-CAEN, FABIANI et THIRIEZ, avocat en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général LUCAS ;
4Statuant sur le pourvoi formé par :
5- La CAISSE CENTRALE D'ACTIVITES SOCIALES DES PERSONNELS DES INDUSTRIES ELECTRIQUES ET GAZIERES (CCAS), partie civile,
6contre l'arrêt de la chambre d'accusation de la cour d'appel de PARIS, en date du 15 mars 2000, qui, dans l'information suivie contre Pascal X... des chefs de viols et harcèlement sexuel, a confirmé l'ordonnance du juge d'instruction déclarant irrecevable sa constitution de partie civile ;
7Vu l'article 575, alinéa 2, 2 , du Code de procédure pénale ;
8Vu le mémoire produit ;
9Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles L. 122-48 du Code du travail, 2, 3, 575 et 593 du Code de procédure pénale, défaut de réponse à conclusions, défaut de motifs et manque de base légale :
10"en ce que l'arrêt attaqué a confirmé l'ordonnance du juge d'instruction déclarant irrecevable la constitution de partie civile de la Caisse Centrale d'Activités Sociales des Industries Electriques et Gazières ;
11"aux motifs que si les comportements fautifs de salariés dans le cadre de leurs fonctions peuvent, lorsqu'ils sont constitutifs d'infractions pénales, ouvrir à leur employeur la possibilité de mettre en oeuvre l'action civile en réparation du dommage causé par l'infraction, cette action doit obéir aux conditions générales exigées aux termes des dispositions de l'article 2 du Code de procédure pénale, qui prévoient que celle-ci appartient à tous ceux qui ont personnellement souffert du dommage causé directement par l'infraction ; que tel n'est pas le cas en l'espèce, s'agissant de faits de viols et de harcèlement sexuel qui ne permettent pas d'admettre comme possible un préjudice directement supporté par la partie civile pour les motifs qu'elle invoque et qui tiennent à sa seule qualité d'employeur ;
12"alors que, d'une part, la perturbation occasionnée au fonctionnement d'un service du fait des agissements répréhensibles commis par un salarié à l'encontre de ses collègues, en l'occurrence des actes de harcèlement et d'agressions sexuelles, et l'obligation corrélative en résultant pour l'employeur de prendre toutes mesures pour y mettre un terme et satisfaire ainsi aux exigences posées par l'article L. 122-48 du Code du travail, constituent un préjudice découlant directement des faits susvisés rendant recevable la constitution de partie civile de la CCAS au seul motif que son préjudice résulterait de sa seule qualité d'employeur sans prendre en considération la perturbation apportée à l'exécution du service par les agissements de Pascal X... pourtant invoquée dans le mémoire de la partie civile et en faisant abstraction de la condamnation prononcée par la juridiction prud'homale à l'encontre de la partie civile pour avoir pris des mesures imposées par la loi mais rendues nécessaires à raison même des faits commis par son salarié, la chambre d'accusation n'a pas, en l'état de ces énonciations entachées d'insuffisance et qui ne répondent pas aux articulations essentielles du mémoire, légalement justifié sa décision ;
13"alors que, d'autre part, la commission de tels agissements, en jetant le discrédit sur l'employeur parce qu'ils mettent en cause sa capacité, voire sa volonté, de prendre les mesures nécessaires pour les éviter ainsi que l'exige pourtant l'article L. 122-48 du Code du travail, porte atteinte à sa considération et lui cause ainsi un préjudice moral rendant là encore recevable sa constitution de partie civile" ;
14Attendu qu'il appert de l'arrêt attaqué et des pièces de la procédure que la Caisse Centrale d'Activités Sociales des Personnels des Industries Electriques et Gazières (CCAS) s'est constituée partie civile au cours de l'information suivie contre l'un de ses préposés pour faits de viol et harcèlement sexuel que celui-ci aurait commis sur la personne d'un membre du personnel de l'entreprise ;
15Attendu que, pour confirmer l'ordonnance du juge d'instruction déclarant irrecevable cette constitution de partie civile, l'arrêt attaqué retient que ces infractions ne permettent pas d'admettre comme possible un préjudice directement supporté par la partie civile à raison de sa qualité d'employeur ;
16Attendu qu'en cet état, la chambre d'accusation a justifié sa décision ;
17Qu'en effet, l'employeur d'une personne victime de viols et d'harcèlement sexuel ne peut se prévaloir que d'un préjudice indirect ;
18Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ;
19REJETTE le pourvoi ;
20Ainsi jugé et prononcé par la Cour de Cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus ;
21Etaient présents aux débats et au délibéré, dans la formation prévue à l'article L.131-6, alinéa 4, du Code de l'organisation judiciaire : M. Cotte président, M. Joly conseiller rapporteur, Mme Chanet conseiller de la chambre ;
22Avocat général : M. Lucas ;
23Greffier de chambre : Mme Daudé ;
24En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre ;
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
Poser une question sur cette décision à BRANCO · Vérifier une citation · Toute la jurisprudence pénale