1° lois et reglements : Cass. crim., 12 juin 1989, n° 88-87.389
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 12 juin 1989, 88-87.389, Publié au bulletin
Mots-clés
- 1° lois et reglements
- Loi
- Constitutionnalité
- Appréciation
- Tribunaux judiciaires (non)
- 2° lois et reglements
- Application dans le temps
- Loi pénale de fond
- Entrée en vigueur
- Antériorité à la publication
- Disposition expresse
- 3° banqueroute
- Syndic
- Malversation
- Loi du 30 décembre 1985
- Loi modifiant les éléments constitutifs de l'infraction
- Code de procédure pénale, article 681
- Code de procédure pénale, article 2
- Code de procédure pénale, article 575
- Code de procédure pénale, article 1985
- Code de procédure pénale, article 30
- Code de procédure pénale, article 591
- Cassation
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 88-87.389
- Publication
- Bulletin criminel 1989 N° 251 p. 622
- Solution
- Cassation
Référence
Cass. crim., 12 juin 1989, n° 88-87.389, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
1° lois et reglements ; Loi ; Constitutionnalité ; Appréciation ; Tribunaux judiciaires (non) ; 2° lois et reglements ; Application dans le temps ; Loi pénale de fond ; Entrée en vigueur ; Antériorité à la publication ; Disposition expresse ; 3° banqueroute ; Syndic ; Malversation ; Loi du 30 décembre 1985 ; Loi modifiant les éléments constitutifs de l'infraction
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
1° Voir le sommaire suivant.
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Cassation
Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?
Par ces motifs :
CASSE ET ANNULE l'arrêt de la chambre d'accusation de la cour d'appel de Poitiers du 8 novembre 1988,
Et pour qu'il soit jugé à nouveau, conformément à la loi :
RENVOIE la cause et les parties devant la chambre d'accusation de la cour d'appel de Toulouse.
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 12 juin 1989.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin criminel 1989 N° 251 p. 622
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 88-87.389
Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?
CONFER : (3°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1974-02-26 , Bulletin criminel 1974, n° 81, p. 201 (rejet) ; Chambre criminelle, 1978-01-25 , Bulletin criminel 1978, n° 31, p. 75 (rejet) ; Chambre criminelle, 1986-10-20 , Bulletin criminel 1986, n° 296, p. 758 (annulation). CONFER : (5°). (2) Cf. Chambre criminelle, 1974-06-06 , Bulletin criminel 1974, n° 207, p. 532 (cassation) ; Chambre criminelle, 1980-06-05 , Bulletin criminel 1980, n° 178, p. 453 (rejet et cassation partielle).
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007063243.
Titrage officiel
1° LOIS ET REGLEMENTS - Loi - Constitutionnalité - Appréciation - Tribunaux judiciaires (non)
2° LOIS ET REGLEMENTS - Application dans le temps - Loi pénale de fond - Entrée en vigueur - Antériorité à la publication - Disposition expresse
3° BANQUEROUTE - Syndic - Malversation - Loi du 30 décembre 1985 - Loi modifiant les éléments constitutifs de l'infraction - Application aux faits commis sous l'empire de la loi ancienne
4° CONVENTION EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME - Article 7 - Condamnation pour des faits ne constituant pas une infraction d'après le droit national ou international au moment où ils ont été commis - Interdiction - Infraction commise sous l'empire de la loi ancienne - Répression sous l'empire de la loi nouvelle - Portée
5° LOIS ET REGLEMENTS - Abrogation - Infraction commise sous l'empire de la loi ancienne - Répression sous l'empire de la loi nouvelle - Conditions
Références de titrage : 5° BANQUEROUTE - Syndic - Malversation - Loi du 30 décembre 1985 - Loi modifiant les éléments constitutifs de l'infraction - Infraction commise sous l'empire de la loi ancienne - Répression sous l'empire de la loi nouvelle - Conditions
Sommaire officiel
1° Voir le sommaire suivant.
2° Voir le sommaire suivant.
3° Les juges répressifs sont tenus d'appliquer la loi dans toutes ses dispositions sans pouvoir en apprécier la constitutionnalité. Encourt la cassation l'arrêt qui méconnaît l'entrée en vigueur d'une loi à la date fixée par une disposition expresse de celle-ci, antérieure à celle résultant de sa publication. Tel est le cas de l'article 94 de la loi du 30 décembre 1985 aux termes duquel sont applicables à compter du 1er janvier 1986 les dispositions de l'article 85 de ladite loi rétablissant l'article 207 de la loi du 25 janvier 1985 relatif au délit de malversation (arrêts n°s 1, 2 et 3) (1).
4° Voir le sommaire suivant.
5° Le principe de la non-rétroactivité des lois répressives, qui dérive de celui de la légalité des délits et des peines, repris à l'article 7.1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne fait pas obstacle à ce qu'une loi nouvelle, se substituant à la loi ancienne par des dispositions équivalentes ou favorables, s'applique à des faits déjà incriminés par la loi ancienne sous l'empire de laquelle ils ont été commis. Tel est le cas du délit de malversation par syndic, prévu et réprimé par l'article 146 de la loi du 13 juillet 1967, qui a été abrogé à compter du 1er janvier 1986 en vertu de l'article 238 de la loi du 25 janvier 1985, mais dont l'incrimination a été reprise par l'article 207 de cette dernière loi, dans sa rédaction issue de l'article 85 de la loi du 30 décembre 1985 applicable à compter du 1er janvier 1986 selon l'article 94 dudit texte (arrêts n°s 1, 2 et 3) (1).
Textes cités
- Code de procédure pénale, article 681
- Code de procédure pénale, article 2 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 575
- Code de procédure pénale, article 1985
- Code de procédure pénale, article 30 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 591 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 592 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 85-1407
Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.
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Rapprochements officiels
CONFER : (3°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1974-02-26 , Bulletin criminel 1974, n° 81, p. 201 (rejet) ; Chambre criminelle, 1978-01-25 , Bulletin criminel 1978, n° 31, p. 75 (rejet) ; Chambre criminelle, 1986-10-20 , Bulletin criminel 1986, n° 296, p. 758 (annulation). CONFER : (5°). (2) Cf. Chambre criminelle, 1974-06-06 , Bulletin criminel 1974, n° 207, p. 532 (cassation) ; Chambre criminelle, 1980-06-05 , Bulletin criminel 1980, n° 178, p. 453 (rejet et cassation partielle).
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1CASSATION sur les pourvois formés par :
21°) X... Josette, épouse Y...,
32°) Y... Bruno,
4parties civiles,
5contre l'arrêt de la chambre d'accusation de la cour d'appel de Poitiers, en date du 8 novembre 1988 qui, dans une procédure suivie contre X des chefs de malversation et complicité, a dit n'y avoir lieu à suivre contre quiconque.
6LA COUR,
7Vu l'arrêt de la chambre criminelle en date du 10 décembre 1986 portant désignation de juridiction en application de l'article 681 du Code de procédure pénale ;
8Joignant les pourvois en raison de la connexité ;
9Vu l'article 575, alinéa 2, 3°, du Code de procédure pénale ;
10Vu le mémoire produit ;
11Sur le moyen unique de cassation proposé par Bruno Y... et pris de la violation des articles 196, 197 et 207 de la loi du 25 janvier 1985 sur le redressement judiciaire et la liquidation des biens, modifiée par la loi n° 85-1407 du 30 décembre 1985, 591 et 592 du Code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale :
12" en ce que l'arrêt attaqué, après avoir constaté l'abrogation des articles 95 et 146 de la loi du 13 juillet 1967 par l'article 238 de la loi du 25 janvier 1985 sur le redressement judiciaire, a déclaré ne pas avoir lieu à suivre contre personnes dénommées des chefs de malversations et complicité de ce délit ;
13" aux motifs, d'une part, que les articles 196 et 197 de la loi du 25 janvier 1985, entrée en vigueur le 1er janvier 1986, contiennent une nouvelle définition de la banqueroute applicable aux personnes physiques ou morales, objet de procédures de redressements judiciaires, ce qui ne concerne pas les syndics et les magistrats consulaires ;
14" aux motifs, d'autre part, que le délit de malversation réapparu lors de l'entrée en vigueur de la loi du 30 décembre 1985 donne une nouvelle définition de cette incrimination, mais qu'en matière pénale une loi nouvelle ne peut être applicable à des procédures ouvertes ou à des faits commis avant son entrée en vigueur ;
15" alors, d'une part, que les articles 196 et 197 de la loi du 25 janvier 1985 relative au redressement judiciaire et à la liquidation des biens concernent seulement les délits de banqueroute prévus au chapitre I de la loi précitée, de sorte que les faits de malversation, objet de la plainte de la partie civile, ne sont pas soumis à leurs exigences ;
16" alors, d'autre part, qu'en l'absence de disposition contraire expresse, la loi nouvelle qui, après avoir abrogé une incrimination, détermine différemment les éléments constitutifs de l'infraction, s'applique aux faits commis antérieurement à son entrée en vigueur si ses dispositions ne sont pas plus sévères ; qu'ainsi, si la loi du 25 janvier 1985 a, par son article 238, abrogé les articles 95 et 146 de la loi du 13 juillet 1967 incriminant le délit de malversation à compter du 1er janvier 1986, la loi du 30 décembre 1985 a rétabli l'article 207 de la loi du 25 janvier 1985 qui réprime depuis le 1er janvier 1986 tout fait de malversation commis par les administrateurs, les liquidateurs et tout représentant des créanciers ; que, dès lors, en déclarant que la nouvelle définition du délit de malversation ne peut s'appliquer à des faits commis avant son entrée en vigueur, la cour d'appel n'a pas légalement justifié sa décision au regard des textes susvisés " ;
17Et sur le même moyen relevé d'office en faveur de Josette X..., épouse Y... ;
18Les moyens étant réunis ;
19Vu lesdits articles, ensemble l'article 94 de la loi du 30 décembre 1985 et l'article 7 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
20Attendu que le principe de la légalité des délits et des peines ne met pas obstacle à ce qu'une loi nouvelle, en ses dispositions équivalentes ou favorables, s'applique à des faits déjà incriminés par la loi ancienne sous l'empire de laquelle ils ont été commis ;
21Attendu que la chambre d'accusation, pour dire n'y avoir lieu à suivre contre quiconque des chefs de malversation et complicité, se borne à énoncer que l'article 238 de la loi du 25 janvier 1985 ayant abrogé à compter du 1er janvier 1986 l'ancien article 146 de la loi du 13 juillet 1967 qui prévoyait et punissait le délit de malversation, il ne saurait être fait application de l'article 85 de la loi du 30 décembre 1985 lequel a ajouté à la précédente loi un article 207 ayant donné une définition différente des éléments constitutifs du nouveau délit de malversation, cette loi du 30 décembre 1985 et son article 85 étant inapplicables à des faits commis, comme en l'espèce, avant son entrée en vigueur ;
22Mais attendu qu'en prononçant ainsi sans analyser les faits objet de la poursuite au regard des deux incriminations successives et alors que l'article 94 de la loi du 30 décembre 1985 énonce expressément que l'article 85 sera applicable à compter du 1er janvier 1986, la chambre d'accusation a méconnu le sens et la portée du principe ci-dessus rappelé ;
23Que dès lors l'arrêt attaqué encourt la cassation ;
24Par ces motifs :
25CASSE ET ANNULE l'arrêt de la chambre d'accusation de la cour d'appel de Poitiers du 8 novembre 1988,
26Et pour qu'il soit jugé à nouveau, conformément à la loi :
27RENVOIE la cause et les parties devant la chambre d'accusation de la cour d'appel de Toulouse.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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