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Faits justificatifs : Cass. crim., 16 juillet 1987, n° 86-94.776

Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 16 juillet 1987, 86-94.776, Publié au bulletin

Mots-clés

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
86-94.776
Publication
Bulletin criminel 1987 N° 297 p. 794
Solution
Cassation partielle

Référence

Cass. crim., 16 juill. 1987, n° 86-94.776, publié au Bulletin

Questions traitées

De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Faits justificatifs ; Homicide et blessures involontaires ; Travaux publics ; Réalisation ; Approbation par le maître de l'ouvrage (non)

Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Encourt la cassation l'arrêt qui déclare non constitué le délit d'homicide involontaire reproché à l'exécutant d'un travail public, en se fondant uniquement sur l'approbation, donnée par l'Administration, des conditions dans lesquelles ce travail a été réalisé.

Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Cassation partielle

Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?

Par ces motifs :

CASSE ET ANNULE l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 26 juin 1986, mais en ses seules dispositions de nature civile, toutes autres dispositions étant expressément maintenues,

Et pour qu'il soit à nouveau statué conformément à la loi, dans la limite de la cassation ainsi prononcée :

RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Nîmes.

Lire le texte intégral

Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?

Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 16 juillet 1987.

Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?

Bulletin criminel 1987 N° 297 p. 794

Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Pourvoi n° 86-94.776

Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?

CONFER : (1°). rapprocher : Chambre criminelle, 1974-06-26 Bulletin criminel 1974, n° 241, p. 616 (rejet) ; Chambre criminelle, 1983-10-24 Bulletin criminel 1983, n° 260, p. 661 (rejet).

Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?

Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007064680.

Titrage officiel

FAITS JUSTIFICATIFS - Homicide et blessures involontaires - Travaux publics - Réalisation - Approbation par le maître de l'ouvrage (non)

Références de titrage : * HOMICIDE ET BLESSURES INVOLONTAIRES - Faits justificatifs - Travaux publics - Réalisation - Approbation par le maître de l'ouvrage (non)

Sommaire officiel

Encourt la cassation l'arrêt qui déclare non constitué le délit d'homicide involontaire reproché à l'exécutant d'un travail public, en se fondant uniquement sur l'approbation, donnée par l'Administration, des conditions dans lesquelles ce travail a été réalisé.

Textes cités

Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.

Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.

Rapprochements officiels

CONFER : (1°). rapprocher : Chambre criminelle, 1974-06-26 Bulletin criminel 1974, n° 241, p. 616 (rejet) ; Chambre criminelle, 1983-10-24 Bulletin criminel 1983, n° 260, p. 661 (rejet).

Texte intégral

Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.

1CASSATION PARTIELLE sur les pourvois formés par :

2- X... Raymond,

3- X... Hervé,

4- X... Marc,

5parties civiles,

6contre un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, 7e Chambre, en date du 26 juin 1986 qui, après avoir relaxé Y... Pierre du chef d'homicide involontaire, les a déboutés de leurs demandes de réparations civiles.

7LA COUR,

8Vu le mémoire en demande, commun aux demandeurs et le mémoire en défense ;

9Joignant les pourvois en raison de la connexité ;

10Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 319 du Code pénal, 591 et 593 du Code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale :

11" en ce que l'arrêt infirmatif a déclaré M. Y... non coupable du délit d'homicide involontaire ;

12" aux motifs que Mme X..., circulant en voiture, a dérapé sur des gravillons recouvrant la chaussée ; qu'elle est décédée dans l'accident ; que les travaux de réfection des accotements de la route, avec épandage de gravillons, venaient d'être effectués sous la direction de Y..., chef de chantier ; qu'à l'issue des travaux, les gravillons avaient été balayés ; qu'à la suite de son inspection, le représentant de la direction départementale de l'équipement avait autorisé le déplacement du panneau mobile signalant les travaux et que Y... n'était plus responsable d'un état des lieux qui avait été jugé conforme par le maître de l'ouvrage ;

13" alors que si les travaux avaient été jugés conformes par le maître de l'ouvrage, cette appréciation, même émanant d'une autorité administrative, ne dispensait pas Y... de la responsabilité pénale qu'il pouvait encourir vis-à-vis des usagers de l'ouvrage du fait de sa négligence ; que la cour d'appel qui constate la présence en abondance sur la chaussée de gravillons avant et après l'accident et les dérapages dont plusieurs automobilistes avaient été victimes, devait rechercher si, comme l'avaient estimé les premiers juges, ces circonstances n'établissaient pas l'insuffisance du balayage des gravillons répandus sur la route et par suite la négligence de Y... " ;

14Vu lesdits articles ;

15Attendu que l'approbation, par le maître de l'ouvrage, de la manière dont celui-ci a été réalisé n'exonère pas l'exécutant de la responsabilité pénale qu'il peut encourir à l'occasion de ce travail et ne relève pas la juridiction répressive, saisie de poursuites contre l'exécutant, de son obligation de rechercher si celui-ci a commis une infraction de nature à engager sa responsabilité ;

16Attendu qu'il ressort de l'arrêt attaqué que l'automobile conduite par Francine X... a, dans un virage, dérapé sur du gravillon et heurté un engin de travaux publics en stationnement sur le côté de la route ; que la conductrice a été tuée ;

17Attendu que le Tribunal avait déclaré coupable d'homicide involontaire Y..., conducteur de travaux à l'entreprise qui procédait à la remise en état des accotements et à l'épandage de gravillons, et accordé des dommages-intérêts aux ayants droit de la victime ; que les premiers juges avaient retenu que, les travaux terminés sur cette portion de route, Y... après avoir nettoyé la chaussée des gravillons qui la parsemaient, avait entassé ceux-ci insuffisamment à l'écart des voies de circulation, ce qui avait entraîné, sur la chaussée en courbe, la projection de gravier par les automobiles débordant sur l'accotement ;

18Attendu que pour dire au contraire l'infraction non constituée et débouter les parties civiles les juges du second degré se sont bornés à retenir que quelques heures avant l'accident un représentant de l'Administration, inspectant le chantier, avait constaté que " les travaux avaient été menés à terme de façon satisfaisante ", que " le balayage avait été effectué à moins de 0, 40 mètre de l'extérieur des bandes de rives " que la route était " propre " et que, dès lors, " Y... n'était plus responsable de l'état des lieux qui avait été jugé, par le représentant du maître de l'ouvrage, conforme aux normes applicables en la matière " ;

19Mais attendu qu'en l'état de ces seuls motifs la cour d'appel a, au regard du principe ci-dessus énoncé, privé sa décision de base légale ;

20Que la cassation est, en conséquence, encourue ;

21Par ces motifs :

22CASSE ET ANNULE l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 26 juin 1986, mais en ses seules dispositions de nature civile, toutes autres dispositions étant expressément maintenues,

23Et pour qu'il soit à nouveau statué conformément à la loi, dans la limite de la cassation ainsi prononcée :

24RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Nîmes.

Source

Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.

Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
86-94.776
Publication
Bulletin criminel 1987 N° 297 p. 794
Solution
Cassation partielle

Référence

Cass. crim., 16 juill. 1987, n° 86-94.776, publié au Bulletin

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