Cass. crim., 8 janvier 2020, n° 19-80.612
Mots-clés
- Code pénal, article 222-2-1
- Code pénal, article 222-22
- Code pénal, article 222-27
- Code pénal, article 222-28
- Code de procédure pénale, article 567-1-1
- Code pénal, article 222-22-1
- Formation restreinte
- Cassation
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Formation restreinte
- Date
- Pourvoi
- 19-80.612
- ECLI
- ECLI:
FR: CCASS: 2020: CR02809 - Publication
- Non publié
- Solution
- Cassation
Référence
Cass. crim., 8 janv. 2020, n° 19-80.612, inédit
Questions traitées
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Cassation
Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?
Par ces motifs :
CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la cour d'appel d'Angers, en date du 11 décembre 2018, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi,
RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel d'Angers, autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;
ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel d'Angers et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
À quelles infractions les textes cités par cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation se rattachent-ils ?
- Agression sexuelle (numéro d’infraction NATINF 1122)
- Agression sexuelle imposee a une personne vulnerable (numéro d’infraction NATINF 1123)
- Agression sexuelle avec usage ou menace d'une arme (numéro d’infraction NATINF 1124)
- Agression sexuelle commise en reunion (numéro d’infraction NATINF 1126)
- Agression sexuelle par personne abusant de l'autorite que lui confere sa fonction (numéro d’infraction NATINF 1127)
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 8 janvier 2020.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Non publié
Quels sont le numéro de pourvoi et l’identifiant européen de la jurisprudence (ECLI) de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 19-80.612
ECLI : ECLI:FR:CCASS:2020:CR02809
Quelle formation de la chambre criminelle de la Cour de cassation a statué ?
Formation restreinte
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur le site de la Cour de cassation (Judilibre) : https://www.courdecassation.fr/decision/5fca5eff2bc1344620eb9ad5.
Textes cités
- Code pénal, article 222-2-1
- Code pénal, article 222-22 · sur ce site
- Code pénal, article 222-27 · sur ce site
- Code pénal, article 222-28 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 567-1-1 · sur ce site
- Code pénal, article 222-22-1 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 593 · sur ce site
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Texte intégral
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1N° Q 19-80.612 F-D
2N° 2809
3SM12
48 JANVIER 2020
5CASSATION
6M. SOULARD président,
7R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E
8________________________________________
9AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
10_________________________
11ARRÊT DE LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE,
12DU 8 JANVIER 2020
13M. N... G... a formé un pourvoi contre l'arrêt de la cour d'appel d'angers, chambre correctionnelle, en date du 11 décembre 2018, qui, pour agressions sexuelles, l'a condamné à cinq mois d'emprisonnement avec sursis ;
14Un mémoire a été produit.
15Sur le rapport de M. Moreau, conseiller, les observations de la SCP Thouvenin, Coudray et Grévy, avocat de M. N... G..., et les conclusions de M. Valleix, avocat général, après débats en l'audience publique du 27 novembre 2019 où étaient présents M. Soulard, président, M. Moreau, conseiller rapporteur, Mme Drai, conseiller de la chambre, et Mme Darcheux, greffier de chambre,
16La chambre criminelle de la Cour de cassation, composée, en application de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale, des président et conseillers précités, après en avoir délibéré conformément à la loi, a rendu le présent arrêt.
17Sur le premier moyen de cassation :
18Vu l'article 567-1-1 du code de procédure pénale ;
19Attendu que le moyen n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi ;
20Sur le second moyen de cassation, pris de la violation des articles des articles 222-22, 222-2-1, 222-27, 222-28 2° du code pénal, et 593 du code de procédure pénale, contradiction et défaut de motifs, défaut de réponse et manque de base légale ;
21"en ce que, infirmant le jugement ayant relaxé le prévenu pour les faits commis courant avril 2014, l'arrêt attaqué a déclaré ce dernier coupable des faits d'agressions sexuelles pour toute la durée visée par la prévention, l'a condamné à une peine de cinq mois d'emprisonnement avec sursis et a constaté son inscription au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ;
22"alors que, lorsque les faits sont commis sur la personne d'un mineur, la contrainte morale peut résulter de la différence d'âge existant entre une victime et l'auteur des faits et de l'autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur la victime, cette autorité de fait pouvant être caractérisée par une différence d'âge significative entre la victime mineure et l'auteur majeur ; que l'exposant faisait valoir que M. A... ayant fêté son dix-huitième anniversaire le 1er avril 2014, les faits reprochés pour la période d'avril 2014 ne pouvaient donner lieu à application de l'article 222-2-1 ; que la cour d'appel ne pouvait déclarer l'exposant coupable d'agression sexuelle par contrainte morale résultant de sa différence d'âge avec la victime mineure pour la totalité des faits visés à la prévention, sans répondre à ce moyen déterminant des conclusions dont elle se trouvait saisie" ;
23Vu l'article 593 du code de procédure pénale ;
24Attendu que tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux chefs péremptoires des conclusions des parties ; que l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence ;
25Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure que l'évêque de Laval a informé, en septembre 2014, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Laval que M. A..., né le [...] , servant d'autel à l'Eglise [...], s'était confié à lui pour dénoncer des faits d'attouchement sexuel commis par le chanoine de ladite Eglise, M. G... ; qu'au terme de l'information, M. G... a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour avoir, à Laval, entre le 1er décembre 2012 et le 13 avril 2014, commis ou tenté de commettre une atteinte sexuelle avec violence, contrainte, menace ou surprise sur la personne d'H... A..., en procédant sur lui à des attouchements de nature sexuelle, avec cette circonstance que les faits ont été commis par un ascendant ou par toute autre personne ayant sur la victime une autorité de fait ou de droit ; que le tribunal correctionnel a relaxé le prévenu pour les faits commis en avril 2014, alors que M. A... était majeur et qu'il avait déclaré avoir été consentant, et condamné M. G... pour les faits antérieurs, en relevant que les premiers faits de décembre 2012 avaient été commis par surprise et que les autres atteintes sexuelles l'avaient été sous l'emprise d'une contrainte physique et morale, exercée par le prêtre sur le mineur ; que M. G... et le ministère public ont fait appel de cette décision ;
26Attendu que, pour retenir le prévenu dans les liens de la prévention pour la période du 1er décembre 2012 jusqu'au 13 avril 2014, et répondre aux conclusions déposées, l'arrêt, requalifiant les faits poursuivis en faits d'agressions sexuelles, énonce que le prévenu a commis sur M. A... une atteinte sexuelle avec surprise en décembre 2012, puis des atteintes sexuelles avec contrainte morale, au sens de l'article 222-22-1 du code pénal, du fait de l'écart d'âge très important existant entre l'adolescent et le prévenu, alors âgé de trente ans, et retient que la circonstance aggravante de personne ayant autorité sur la victime doit être écartée, cette autorité de fait étant un élément constitutif de la contrainte ;
27Mais attendu qu'en se déterminant ainsi, sans répondre aux conclusions du prévenu qui avaient soulevé l'impossibilité de faire application des dispositions de l'article 222-22-1 du code pénal à compter de la majorité de M. A..., et sans autrement caractériser l'existence d'une contrainte morale exercée sur le jeune majeur pour les faits postérieurs au 1er avril 2014, la cour d'appel n'a pas justifié sa décision ;
28D'où il suit que la cassation est encourue ;
29Par ces motifs :
30CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la cour d'appel d'Angers, en date du 11 décembre 2018, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi,
31RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel d'Angers, autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;
32ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel d'Angers et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;
33Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le huit janvier deux mille vingt.
Source
Texte et métadonnées officiels de la Cour de cassation (Judilibre), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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