1° cassation : Cass. crim., 20 novembre 1996, n° 96-81.107
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 20 novembre 1996, 96-81.107, Publié au bulletin
Mots-clés
- 1° cassation
- Pourvoi
- Pourvoi de la partie civile
- Arrêt de la cour d'appel
- Arrêt de relaxe
- Motifs
- Erreur sur le droit
- Motif erroné mais surabondant
- Absence de faute imputable au prévenu
- 2° action civile
- Fondement
- Infraction
- Homicide ou blessures involontaires
- Application des règles du droit civil
- Conditions
- Relaxe
- Code pénal, article 122-3
- Code de procédure pénale, article 470-1
- Rejet
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 96-81.107
- Publication
- Bulletin criminel 1996 N° 414 p. 1203
- Solution
- Rejet
Référence
Cass. crim., 20 nov. 1996, n° 96-81.107, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
1° cassation ; Pourvoi ; Pourvoi de la partie civile ; Arrêt de la cour d'appel ; Arrêt de relaxe ; Motifs ; Erreur sur le droit ; Motif erroné mais surabondant ; Absence de faute imputable au prévenu ; 2° action civile ; Fondement ; Infraction ; Homicide ou blessures involontaires ; Application des règles du droit civil ; Conditions ; Relaxe
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
1° Une décision de relaxe pour homicides et blessures involontaires demeure justifiée, malgré un motif erroné mais surabondant qui relève d'office une erreur sur le droit au sens de l'article 122-3 du Code pénal, dès lors que la cour d'appel constate également l'absence de toute faute personnelle imputable au prévenu(1).
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Rejet
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
- Code pénal, article 122-3
- Code de procédure pénale, article 470-1
- Code civil, article 1382
- Code pénal, article 221-6
- Ancien code pénal, article 319
- Ancien code pénal, article 320
- Code de procédure pénale, article 2
- Code de procédure pénale, article 3
À quelles infractions les textes cités par cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation se rattachent-ils ?
- Homicide involontaire par conducteur de vehicule terrestre a moteur (numéro d’infraction NATINF 224)
- Homicide involontaire dans le cadre du travail (numéro d’infraction NATINF 293)
- Homicide involontaire (numéro d’infraction NATINF 1268)
- Homicide involontaire par conducteur de navire ou engin flottant coupable de delit de fuite (numéro d’infraction NATINF 1620)
- Homicide involontaire lors d'une action de chasse (numéro d’infraction NATINF 1625)
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 20 novembre 1996.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin criminel 1996 N° 414 p. 1203
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 96-81.107
Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1995-11-15, Bulletin criminel 1995, n° 350, p. 1015 (cassation partielle), et l'arrêt cité. CONFER : (2°). (2) Cf. Chambre criminelle, 1987-08-03, Bulletin criminel 1987, n° 305 (1), p. 811 (cassation partielle), et l'arrêt cité ; Chambre criminelle, 1993-03-03, Bulletin criminel 1993, n° 96 (1), p. 230 (rejet).
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007067069.
Titrage officiel
1° CASSATION - Pourvoi - Pourvoi de la partie civile - Arrêt de la cour d'appel - Arrêt de relaxe - Motifs - Erreur sur le droit - Motif erroné mais surabondant - Absence de faute imputable au prévenu.
2° ACTION CIVILE - Fondement - Infraction - Homicide ou blessures involontaires - Application des règles du droit civil - Conditions - Relaxe - Fondement sur la faute (non).
Références de titrage : 1° ERREUR - Erreur sur le droit - Effet - Responsabilité pénale - Exonération - Homicide ou blessures involontaires - Décision de relaxe - Motifs - Motif erroné mais surabondant | 2° HOMICIDE ET BLESSURES INVOLONTAIRES - Relaxe - Application des règles du droit civil - Conditions - Fondement sur la faute (non)
Sommaire officiel
1° Une décision de relaxe pour homicides et blessures involontaires demeure justifiée, malgré un motif erroné mais surabondant qui relève d'office une erreur sur le droit au sens de l'article 122-3 du Code pénal, dès lors que la cour d'appel constate également l'absence de toute faute personnelle imputable au prévenu(1).
2° N'encourt pas la censure l'arrêt qui ayant prononcé la relaxe des prévenus des chefs d'homicides et blessures involontaires réserve les droits des parties civiles par application de l'article 470-1 du Code de procédure pénale, n'excluant par là que la réparation du préjudice sur le fondement d'une faute personnelle(2).
Textes cités
- Code pénal, article 122-3 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 470-1 · sur ce site
- Code civil, article 1382
- Code pénal, article 221-6 · sur ce site
- Ancien code pénal, article 319
- Ancien code pénal, article 320
- Code de procédure pénale, article 2 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 3 · sur ce site
Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.
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Rapprochements officiels
CONFER : (1°). (1) Cf. Chambre criminelle, 1995-11-15, Bulletin criminel 1995, n° 350, p. 1015 (cassation partielle), et l'arrêt cité. CONFER : (2°). (2) Cf. Chambre criminelle, 1987-08-03, Bulletin criminel 1987, n° 305 (1), p. 811 (cassation partielle), et l'arrêt cité ; Chambre criminelle, 1993-03-03, Bulletin criminel 1993, n° 96 (1), p. 230 (rejet).
Texte intégral
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Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1REJET des pourvois formés par :
2- X... Francis,
3- Y... Michèle, épouse X...,
4parties civiles,
5contre l'arrêt de la cour d'appel de Paris, 20e chambre, du 26 janvier 1996, qui, après relaxes des prévenus dans la procédure suivie contre eux des chefs d'homicides et blessures involontaires, a prononcé sur les intérêts civils.
6LA COUR,
7Joignant les pourvois en raison de la connexité ;
8Vu les mémoires produits en demande et en défense ;
9Attendu qu'il appert de l'arrêt attaqué que 7 personnes ont trouvé la mort, et que plusieurs autres ont été blessés, à la suite de l'effondrement d'un immeuble, causé par une explosion due à une fuite de gaz dans l'appartement occupé par les époux Z... et leurs fils Stéphane, cette fuite étant imputable à un raccordement défectueux du tuyau souple de la plaque de cuisson à l'embout de la canalisation d'arrivée du gaz ;
10Attendu que, sur les poursuites exercées contre les époux Z... et leur fils Stéphane, pour homicides et blessures involontaires, et sur la constitution de parties civiles, notamment, des époux X..., l'arrêt attaqué prononce la relaxe des prévenus et, avant dire droit sur la demande d'indemnisation des époux X..., fondée subsidiairement sur l'article 470-1 du Code de procédure pénale, et l'exception de non-garantie présentée par la compagnie Uni-Europe, partie intervenante, renvoie les débats à une audience ultérieure déterminée, afin de permettre aux prévenus de conclure sur ces derniers points ;
11En cet état,
12Sur le premier moyen de cassation, pris de la violation des articles 122-3 et 221-6 du nouveau Code pénal, 319 et 320 du Code pénal, 2 et 3 du Code de procédure pénale, 1382 du Code civil, défaut de motifs et manque de base légale :
13" en ce que l'arrêt attaqué a relaxé Gilles, Stéphane et Mireille Z... des chefs d'homicides et blessures involontaires et débouté les demandeurs de leur demande de réparation sur le fondement de l'article 1382 du Code civil ;
14" aux motifs que les prévenus ne sont pas responsables de l'erreur de droit qu'ils ont commise, en raccordant 2 tuyaux de diamètre inégal, alors qu'il n'est pas établi que les dispositions de l'arrêté du 2 avril 1977, prévoyant que les caractéristiques des tuyaux souples de raccordement doivent être adaptées au diamètre des embouts de raccordement, ait été portée à leur connaissance, notamment au moyen d'une information diffusée par EDF-GDF, ou d'une notice du fabricant ;
15" alors, d'une part, qu'il appartient à celui qui se prévaut d'une erreur de droit de rapporter la preuve de son caractère inévitable ; qu'en l'espèce il appartenait aux prévenus de rapporter la preuve du défaut de publicité de l'arrêté du 2 août 1977, qui aurait rendu inévitable l'erreur de droit qu'ils avaient commise par ignorance de ces dispositions ; qu'en déclarant les prévenus pénalement irresponsables pour erreur de droit et en retenant qu'il n'était pas établi que ces dispositions avaient été portées à leur connaissance, la cour d'appel a renversé la charge de la preuve et violé les dispositions susvisées ;
16" et alors, d'autre part, que le fait que les dispositions de l'arrêté du 2 août 1977 n'aient pas été portées spécialement à la connaissance des prévenus au moyen d'une information diffusée par EDF-GDF ou d'une notice du fabricant ne rendait nullement inévitable l'erreur de droit commise par les prévenus par ignorance de ces dispositions, dès lors que celles-ci avaient été régulièrement publiées ; qu'en statuant ainsi sans constater que l'arrêté du 2 août 1977 n'avait pas été régulièrement publié, l'arrêt attaqué a violé les dispositions susvisées " ;
17Sur le deuxième moyen de cassation, pris de la violation des articles 221-6 du nouveau Code pénal, 319 et 320 du Code pénal, 1382 du Code civil, défaut de motifs et manque de base légale :
18" en ce que l'arrêt attaqué a relaxé Gilles, Stéphane et Mireille Z... des chefs d'homicides et blessures involontaires, et débouté les demandeurs de leur demande d'indemnisation sur le fondement de l'article 1382 du Code civil ;
19" aux motifs que l'inégalité de diamètre du tuyau souple et de la canalisation n'était pas telle que les extrémités ne puissent s'emboîter l'une dans l'autre, étant observé au surplus que le caoutchouc permet une telle dilatation ; que l'on peut croire les prévenus lorsqu'ils affirment que l'installation avait une bonne tenue, même sans collier de serrage, et on ne peut leur reprocher d'avoir ignoré la loi mécanique énoncée par l'expert, homme de l'art, donc plus avisé que la moyenne des individus, suivant laquelle cet emmanchement imparfait et l'élasticité du caoutchouc ne pouvaient que favoriser son glissement vers l'extrémité de l'embout et entraîner sa désolidarisation, d'autant plus que l'assujettissement du tuyau n'était pas amélioré par un collier de serrage, conclusions que les individus normalement avisés ne sont pas tenus de connaître ;
20" alors que tout individu normalement avisé et prudent connaît les dangers du gaz et doit, lorsqu'il procède au raccordement d'une table de cuisson avec la canalisation murale d'arrivée de gaz, s'assurer que le tuyau de raccordement concorde parfaitement avec l'embout métallique et que l'installation est sans faille ; qu'ainsi, en installant en force un tuyau de raccordement d'un diamètre inférieur à celui de l'embout métallique, sans même prendre la précaution de renforcer l'embranchement avec un collier de serrage, les prévenus se sont rendus coupables d'imprudence et de négligence fautives, constitutives du délit d'homicides et de blessures involontaires ; qu'en décidant le contraire l'arrêt attaqué a violé les dispositions susvisées " ;
21Sur le troisième moyen de cassation, pris de la violation des articles 122-3 et 221-6 du nouveau Code pénal, 319 et 320 du Code pénal, défaut de motifs et manque de base légale :
22" en ce que l'arrêt attaqué a relaxé Mireille Z... des chefs d'homicides et blessures involontaires et a débouté les demandeurs de leur demande de dommages-intérêts sur le fondement de l'article 1382 du Code civil ;
23" aux motifs que dans une situation normale le gaz ne s'échappe dans l'atmosphère qu'en cas de mise en fonctionnement des brûleurs, même si la vanne d'arrivée du gaz de ville est ouverte ; que la situation était en apparence normale et que dans ces conditions on ne peut imputer à faute à Mireille Z... l'absence de fermeture du robinet ;
24" alors qu'il résulte des propres constatations des juges du fond que Mireille Z... avait remarqué l'absence de collier de serrage, s'était promis d'en acheter un mais avait différé cet achat ; qu'en attendant de procéder à cette acquisition, qu'elle avait jugée nécessaire pour consolider le raccordement du tuyau, il appartenait à Mireille Z... de prendre la précaution élémentaire de fermer le robinet à gaz ; qu'en décidant que son abstention d'effectuer cette fermeture ne constituait pas une imprudence ou une négligence fautive, la cour d'appel n'a pas légalement justifié sa décision " ;
25Les moyens étant réunis ;
26Attendu que, pour relaxer les prévenus, la juridiction du second degré retient qu'on ne saurait reprocher aux époux Z... et à leur fils d'avoir méconnu la loi mécanique énoncée par l'expert à propos de l'emmanchement d'un tuyau souple élastique sur un embout de diamètre différent, dès lors qu'ils avaient constaté que l'installation avait une bonne tenue, même sans collier de serrage ; que les juges ajoutent qu'on ne saurait imputer la faute à Mireille Z... de s'être abstenue de fermer la vanne d'arrivée du gaz de ville, en présence d'une situation normale ;
27Attendu qu'en l'état de ces motifs, exempts d'insuffisance ou de contradiction, et qui procédent de l'appréciation souveraine, par les juges du fond, des faits et circonstances de la cause, ainsi que de la valeur et de la portée des éléments de preuve contradictoirement débattus, la cour d'appel, abstraction faite des motifs énoncés mais surabondants, relatifs à une erreur sur le droit, a justifié sa décision sans encourir les griefs allégués ;
28D'où il suit que les moyens doivent être écartés ;
29Sur le quatrième moyen de cassation, pris de la violation des articles 122-3 et 221-6 du nouveau Code pénal, 319 et 320 du Code pénal, 2 et 3 du Code de procédure pénale, 1382 du Code civil :
30" en ce que l'arrêt attaqué, après avoir relaxé pour erreur de droit Gilles, Stéphane et Mireille Z... des chefs d'homicides et blessures involontaires, a débouté les époux X..., parties civiles, de leur demande de réparation sur le fondement de l'article 1382 du Code civil ;
31" au motif que la responsabilité pénale des prévenus n'étant pas retenue, aucune réparation ne peut être accordée sur un fondement quasi délictuel (arrêt, page 11, alinéa 6) ;
32" alors que l'erreur de droit de l'article 122-3 du nouveau Code pénal ne constitue pas une cause d'irresponsabilité civile ; que nul n'étant censé ignorer la loi la méconnaissance des prescriptions de l'arrêté du 2 août 1977 constitue à tout le moins une faute civile, sans qu'au plan civil les prévenus puissent se prévaloir d'une prétendue erreur de droit " ;
33Attendu que les juges, qui ont réservé les droits des parties civiles au regard des règles du droit civil en application de l'article 470-1 du Code de procédure pénale, énoncent qu'en raison de la relaxe des prévenus des fins de la poursuite pénale, aucune réparation ne pouvait être accordée sur le fondement " quasi délictuel " ;
34Mais attendu que la relaxe n'est justifiée que par l'absence de faute imputable aux prévenus et non par l'erreur sur le droit retenue à tort par la cour d'appel ; que, dès lors, le moyen devenu inopérant ne saurait être accueilli ;
35Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ;
36REJETTE les pourvois.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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