Action civile : Cass. crim., 14 juin 1973, n° 72-90.671
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 14 juin 1973, 72-90.671, Publié au bulletin
Mots-clés
- Action civile
- Recevabilite
- Concubine
- Conditions
- Code civil, article 1133
- Code civil, article 1382
- Ancien code pénal, article 319
- Ancien code pénal, article 320
- Ancien code pénal, article 39
- Code de procédure pénale, article 485
- Cassation partielle Cassation
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 72-90.671
- Publication
- Bulletin Criminel Cour de Cassation Chambre criminelle N. 262 P. 627
- Solution
- Cassation partielle Cassation
Référence
Cass. crim., 14 juin 1973, n° 72-90.671, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Action civile ; Recevabilite ; Concubine ; Conditions
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Ne donne pas de base légale à sa décision la Cour d'Appel qui , pour refuser d'allouer à une femme dont le mari a disparu depuis 36 ans, des dommages-intérêts en raison du préjudice résultant pour elle de la mort accidentelle de son concubin avec lequel elle vivait depuis 20 ans, se fonde sur un état d'adultère qui, d'après les constatations de l'arrêt, n'était pas établi dès lors que l 'existence du conjoint était devenue incertaine (1).
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Cassation partielle Cassation
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
- Code civil, article 1133
- Code civil, article 1382
- Ancien code pénal, article 319
- Ancien code pénal, article 320
- Ancien code pénal, article 39
- Code de procédure pénale, article 485
- Code de procédure pénale, article 593
- Code de procédure pénale, article 612
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 14 juin 1973.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin Criminel Cour de Cassation Chambre criminelle N. 262 P. 627
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 72-90.671
Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?
CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1972-04-20 Bulletin Criminel 1972 N. 134 P.333 (REJET)<br/>
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007058602.
Titrage officiel
ACTION CIVILE - Recevabilite - Concubine - Conditions.
Références de titrage : * ACTION CIVILE - Préjudice - Préjudice direct - Concubine - Relations adultères non établies.
Sommaire officiel
Ne donne pas de base légale à sa décision la Cour d'Appel qui , pour refuser d'allouer à une femme dont le mari a disparu depuis 36 ans, des dommages-intérêts en raison du préjudice résultant pour elle de la mort accidentelle de son concubin avec lequel elle vivait depuis 20 ans, se fonde sur un état d'adultère qui, d'après les constatations de l'arrêt, n'était pas établi dès lors que l 'existence du conjoint était devenue incertaine (1).
Textes cités
- Code civil, article 1133
- Code civil, article 1382
- Ancien code pénal, article 319
- Ancien code pénal, article 320
- Ancien code pénal, article 39
- Code de procédure pénale, article 485 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 593 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 612 · sur ce site
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Rapprochements officiels
CF. Cour de Cassation (Chambre criminelle) 1972-04-20 Bulletin Criminel 1972 N. 134 P.333 (REJET)<br/>
Texte intégral
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Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1CASSATION PARTIELLE sur le pourvoi formé par X... (Maria), épouse Y..., partie civile, contre un arrêt de la Cour d'appel de Bordeaux, Chambre des appels correctionnels, en date du 26 janvier 1972, qui a déclaré irrecevable la demande en dommages-intérêts qu'elle avait formée pour obtenir réparation du préjudice tant moral que matériel, résultant pour elle du décès de son concubin De Z... (Déogracias), tué dans un accident de la circulation dont A... (Jacques), condamné pour homicide involontaire a été reconnu entièrement responsable.
2LA COUR, Vu les mémoires produits en demande et en défense ; Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 39, 319, 320 du Code pénal, 1382 et suivants, 1133 du Code civil, 485, 612 et 593 du Code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale, "en ce que l'arrêt attaqué s'est fondé pour déclarer irrecevable la demande de réparation dirigée par la demanderesse contre le tiers auteur de l'accident ayant entraîné le décès de son concubin au motif qu'elle ne pouvait prétendre à la réparation du préjudice basé sur la perte d'une affection ou d'un soutien matériel, ayant eu de son propre fait un caractère délictueux en raison de ce qu'elle se trouvait en état d'adultère ; "alors que notre droit positif reconnaît comme valable entre concubins les libéralités dont la cause impulsive et déterminante repose sur l'exécution d'un devoir de conscience, que la jurisprudence consacre ainsi l'obligation naturelle de ne pas laisser l'autre concubin sans ressources, que dès lors, le caractère illicite du concubinage ne saurait justifier le refus à la concubine du droit d'agir, en réparation du préjudice par elle subi, fondée sur cette obligation naturelle, et ceci d'autant plus que d'une part, l'article 1382 du Code civil pose un principe général qui ne contient aucune restriction et que, d'autre part, dans le cas présent, le concubin n'était pas, quant à lui, tenu par un lien matrimonial quelconque, ce qui ne permet pas d'opposer à la demande de la concubine, une fin de non recevoir, fondée sur l'intérêt supérieur du respect dû à la famille" ;
3Vu lesdits articles ; Attendu que tout jugement ou arrêt doit contenir les motifs propres à justifier la décision ; que l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence ; Attendu que X... (Maria), épouse Y..., a formé une demande en dommages-intérêts pour obtenir réparation du préjudice tant matériel que moral résulant pour elle du décès de son concubin De Z... (Déogracias), victime d'un accident de la circulation dont A... (Jacques) a été reconnu entièrement responsable ; Attendu que l'arrêt attaqué constate que l'époux de X... (Maria) avec lequel elle vivait en Espagne a quitté sa ville natale en 1937, au moment de la guerre civile qui sévissait dans ce pays, sans laisser d'adresse et sans avoir, depuis, donné signe de vie ; qu'en 1949 la demanderesse s'est mise en ménage avec De Z... (Déogracias) et que, depuis cette date, tous deux ont mené une existence commune ; que de cette union est née une fille, âgée actuellement de 20 ans, reconnue par son père ; que celui-ci a subvenu non seulement aux besoins de cet enfant mais encore à ceux de sa concubine, laquelle ne se livrait habituellement à aucune profession rétribuée ;
4Attendu qu'à la suite de ces constatations, l'arrêt rejette la demande de X... (Maria) au motif que celle-ci n'établissant pas le décès de son mari, est demeurée assujettie envers lui à l'obligation de fidélité se trouve donc en état d'adultère ; Mais attendu qu'en se fondant ainsi sur un état d'adultère qui, d'après les autres constatations de l'arrêt, n'était pas établi, dès lors que l'existence du conjoint était devenu incertaine, la Cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ; Par ces motifs : CASSE ET ANNULE l'arrêt de la Cour d'appel de Bordeaux du 26 janvier 1972 dans ses dispositions relatives à la demande en dommages-intérêts de X... (Maria), épouse Y..., toutes les autres dispositions dudit arrêt étant expressément maintenues et pour qu'il soit statué à nouveau conformément à la loi, dans la limite de la cassation ainsi prononcée ; RENVOIE la cause et les parties devant la Cour d'appel de Toulouse.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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