Responsabilite civile : Cass. crim., 15 septembre 1986, n° 85-95.718
Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 15 septembre 1986, 85-95.718, Publié au bulletin
Mots-clés
- Responsabilite civile
- Fait des animaux
- Exonération
- Fait de la victime
- Force majeure
- Caractère imprévisible et irrésistible
- Constatations nécessaires
- Code civil, article 1382
- Code civil, article 1385
- Code de procédure pénale, article 470-1
- Code de procédure pénale, article 593
- Cassation partielle
Fiche de l’arrêt
- Juridiction
- Cour de cassation
- Formation
- Chambre criminelle
- Date
- Pourvoi
- 85-95.718
- Publication
- Bulletin criminel 1986 N° 257 p. 653
- Solution
- Cassation partielle
Référence
Cass. crim., 15 sept. 1986, n° 85-95.718, publié au Bulletin
Questions traitées
De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Responsabilite civile ; Fait des animaux ; Exonération ; Fait de la victime ; Force majeure ; Caractère imprévisible et irrésistible ; Constatations nécessaires
Que retient le sommaire officiel de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Seul un événement constituant un cas de force majeure exonère le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert pendant qu'il est à son usage, de la responsabilité du dommage que l'animal a causé. Dès lors, le comportement de la victime, s'il n'a pas été imprévisible et irrésistible pour le gardien de l'animal, ne peut l'en exonérer, même partiellement. Il appartient au juge de relever les circonstances qui confèrent au comportement de la victime un caractère d'imprévisibilité et d'irrésistibilité.
Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Cassation partielle
Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?
Par ces motifs :
CASSE ET ANNULE, mais en ses seules dispositions civiles, l'arrêt susvisé de la Cour d'appel de Rouen en date du 6 novembre 1985,
Et pour qu'il soit à nouveau statué conformément à la loi dans les limites de la cassation prononcée :
RENVOIE la cause et les parties devant la Cour d'appel d'Amiens.
Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?
Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?
La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 15 septembre 1986.
Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?
Bulletin criminel 1986 N° 257 p. 653
Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?
Pourvoi n° 85-95.718
Quels arrêts la Cour de cassation rapproche-t-elle de cet arrêt de sa chambre criminelle ?
(1) A RAPPROCHER : Cour de Cassation, chambre civile 2, 1984-01-18, bulletin 1984 II N° 6 p. 4 (Cassation). Cour de Cassation, chambre civile 2, 1982-03-11 (inédit).
Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?
Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007064108.
Titrage officiel
RESPONSABILITE CIVILE - Fait des animaux - Exonération - Fait de la victime - Force majeure - Caractère imprévisible et irrésistible - Constatations nécessaires
Références de titrage : * ACTION CIVILE - Fondement - Infraction - Homicide ou blessures involontaires - Relaxe - Application des règles du droit civil - Responsabilité du fait des animaux | * ANIMAUX - Responsabilité du fait des animaux - Exonération - Fait de la victime - Force majeure - Caractère imprévisible et irrésistible - Constatations nécessaires | * HOMICIDE ET BLESSURES INVOLONTAIRES - Force majeure - Caractère imprévisible et irrésistible - Constatations nécessaires
Sommaire officiel
Seul un événement constituant un cas de force majeure exonère le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert pendant qu'il est à son usage, de la responsabilité du dommage que l'animal a causé. Dès lors, le comportement de la victime, s'il n'a pas été imprévisible et irrésistible pour le gardien de l'animal, ne peut l'en exonérer, même partiellement. Il appartient au juge de relever les circonstances qui confèrent au comportement de la victime un caractère d'imprévisibilité et d'irrésistibilité.
Textes cités
- Code civil, article 1382
- Code civil, article 1385
- Code de procédure pénale, article 470-1 · sur ce site
- Code de procédure pénale, article 593 · sur ce site
Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.
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Rapprochements officiels
(1) A RAPPROCHER : Cour de Cassation, chambre civile 2, 1984-01-18, bulletin 1984 II N° 6 p. 4 (Cassation). Cour de Cassation, chambre civile 2, 1982-03-11 (inédit).
Texte intégral
Deux lettres au moins ; Entrée passe à l’occurrence suivante.
Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.
1CASSATION PARTIELLE sur le pourvoi formé par D..., ès qualités d'administrateur légal de son fils mineur M..., partie civile,
2contre un arrêt de la Cour d'appel de Rouen, Chambre correctionnelle, en date du 6 novembre 1985, qui l'a débouté de ses demandes.
3LA COUR,
4Vu les mémoires produits en demande et en défense ;
5Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation des articles 1382, 1385 du Code civil, 470-1 et 593 du Code de procédure pénale et manque de base légale ;
6" en ce que l'arrêt infirmatif attaqué a refusé de condamner T..., dont le chien a gravement mordu le jeune M... D..., à indemniser ce dernier ;
7" aux motifs que ni M... D... ni son grand-père qui l'accompagnait " n'auraient dû prendre le risque de s'aventurer sans autorisation sur la pâture où paissaient les moutons de Daniel T..., surtout que ses animaux étaient gardés par des chiens bergers qui sont loin d'être des bêtes inoffensives, en particulier dans l'accomplissement de leur gardiennage, que M... D... a été on ne peut plus mal inspiré en passant trop près du chien qui l'a mordu étant donné le danger que présente une telle approche " ;
8" alors que seul un événement constituant un cas de force majeure exonère le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert pendant qu'il est à son usage, de la responsabilité du dommage que l'animal a causé ; que dès lors le comportement de la victime, s'il n'a pas été pour le gardien imprévisible et irrésistible, ne peut l'en exonérer, même partiellement ; qu'en l'espèce, la Cour qui n'a pas établi que le comportement de la victime présentât ces caractères, n'a pas légalement justifié sa décision au regard des textes susvisés " ;
9Vu lesdits articles ;
10Attendu que seul un événement constituant un cas de force majeure exonère le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert pendant qu'il est à son usage, de la responsabilité du dommage que l'animal a causé ; que, dès lors, le comportement de la victime, s'il n'a pas été pour le gardien imprévisible et irrésistible, ne peut l'en exonérer, même partiellement ;
11Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué que M... D..., âgé de 14 ans, a été mordu par un chien berger appartenant à Daniel T... et que celui-ci avait attaché dans une pâture, à proximité du chemin traversant cette pâture et emprunté par la victime ;
12Attendu que pour débouter D..., après relaxe de Daniel T... du chef de blessures involontaires, de la demande de réparation qu'il avait présentée au nom de son enfant mineur sur le fondement des articles 1385 du Code civil et 470-1 du Code de procédure pénale, la Cour d'appel, après avoir affirmé que les fautes commises par la jeune victime et par la personne qui l'accompagnait avaient été " imprévisibles et insurmontables " pour le propriétaire du chien, se borne à énoncer que M... D... et son grand-père ont pris un risque en s'aventurant sans autorisation dans une pâture où les animaux étaient gardés par des chiens bergers " qui sont loin d'être des bêtes inoffensives ", et que la victime a été " mal inspirée " en passant trop près de l'un de ces chiens " étant donné le danger que représentait une telle approche " ;
13Attendu qu'en statuant ainsi, sans relever les circonstances qui auraient conféré au comportement de la victime un caractère d'imprévisibilité et d'irrésistibilité, seul de nature à exonérer de sa responsabilité le gardien du chien, la juridiction du second degré a méconnu le principe ci-dessus rappelé ;
14D'où il suit que la cassation est encourue de ce chef ;
15Par ces motifs :
16CASSE ET ANNULE, mais en ses seules dispositions civiles, l'arrêt susvisé de la Cour d'appel de Rouen en date du 6 novembre 1985,
17Et pour qu'il soit à nouveau statué conformément à la loi dans les limites de la cassation prononcée :
18RENVOIE la cause et les parties devant la Cour d'appel d'Amiens.
Source
Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.
Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.
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