Vous allez quitter votre réponse en cours ; vous la retrouverez dans Dialogue, parmi vos conversations.

Travail : Cass. crim., 8 juillet 1997, n° 96-85.770

Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 8 juillet 1997, 96-85.770, Inédit

Mots-clés

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
96-85.770
Solution
Rejet

Référence

Cass. crim., 8 juill. 1997, n° 96-85.770, inédit

Questions traitées

De quoi traite cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Travail ; Hygiène et sécurité des travailleurs ; Responsabilité pénale ; Chef d'entreprise ; Exonération ; Cas ; Délégation de pouvoirs ; Condition

Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Rejet

Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?

À quelles infractions les textes cités par cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation se rattachent-ils ?

Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 8 juillet 1997.

Quel est le numéro de pourvoi de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Pourvoi n° 96-85.770

Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?

Sur Légifrance, site de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007571989.

Titrage officiel

TRAVAIL - Hygiène et sécurité des travailleurs - Responsabilité pénale - Chef d'entreprise - Exonération - Cas - Délégation de pouvoirs - Condition.

Textes cités

Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.

Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.

Texte intégral

Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.

1AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

2LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, le huit juillet mil neuf cent quatre-vingt-dix-sept, a rendu l'arrêt suivant :

3Sur le rapport de M. le conseiller référendaire DESPORTES, les observations de la société civile professionnelle ROUVIERE et BOUTET, avocat en la Cour, et les conclusions de M. l'avocat général COTTE ;

4Statuant sur le pourvoi formé par :

5- Y... Vincent, contre l'arrêt de la cour d'appel de DOUAI, 6ème chambre, en date du 6 juin 1996, qui, pour blessures involontaires et infraction à la réglementation relative à la sécurité des travailleurs, l'a condamné à 1 mois d'emprisonnement avec sursis et à 20 000 francs d'amende et ordonné la publication et l'affichage de la décision ;

6Vu le mémoire produit ;

7Sur le moyen unique de cassation pris de la violation des articles 320 de l'ancien Code pénal, 121-3, 222-19 du nouveau Code pénal, L. 231-2, L. 262-2, L. 263-2, L. 263-2-1, L. 263-6 du Code du travail, 5 à 12 du décret n° 65-48 du 8 janvier 1965, 485, 593 du Code de procédure pénale, défaut et contradiction de motifs, défaut de réponse à conclusions, manque de base légale ;

8"en ce que l'arrêt attaqué a confirmé le jugement disant recevables les poursuites engagées contre Vincent Y..., déclarant celui-ci coupable des faits qui lui étaient reprochés et le condamnant à un mois d'emprisonnement avec sursis et 20 000 francs d'amende ;

9"aux motifs que Vincent Y... invoque une délégation de pouvoir au profit de Roberto X..., façadier, pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse sur lui; que cependant, la pièces versée qui apparaît être une copie en tous points conforme de celle établie le 25 janvier 1992 ne permet pas à la Cour de s'assurer que lors de l'accident du 9 janvier 1992, l'employeur avait délégué régulièrement ses pouvoirs à une personne disposant de l'autorité nécessaire et ce d'autant qu'en marge du compte rendu de la réunion de chantier du 5 novembre 1991 un autre nom que celui de Roberto X... figurait comme responsable de l'entreprise Y...; que le jugement sera confirmé en ce qu'il a écarté cette délégation; qu'il est constant qu'aucune mesure de protection particulière n'avait été prise puisque les garde-corps avaient déjà fixés sur les balcons à une hauteur de 0,90 mètre ou 1 mètre, selon les procès-verbaux; que cependant cette mesure était insuffisante pour éviter tout risque de chute comme l'a relevé le tribunal, la réglementation imposant la mise en place cumulativement d'un garde-corps à 90 cm et d'un plinthe de 15 cm au moins, à hauteur du plan de travail; que le délit est donc caractérisé et que l'accident n'est pas la conséquence d'une mauvaise organisation du chantier entre les entreprises intervenantes mais le résultat d'un non respect des obligations qui s'imposent à la société Y... dans l'organisation de son travail ;

10"alors, d'une part, que la preuve de la délégation de pouvoir n'étant soumise à aucune forme particulière, la cour d'appel ne pouvait refuser d'admettre que Vincent Y... avait donné une telle délégation à Roberto X... dès lors que ce dernier avait lui-même reconnu l'existence d'une telle délégation, notamment à travers une attestation régulièrement versée aux débats, méconnue par les juges du fond et que Vincent Y... avait fait état d'une telle délégation lors de son audition par les services de gendarmerie; qu'ainsi, en refusant d'admettre l'existence d'une délégation régulière de pouvoir au moment de l'accident, en méconnaissant certains éléments de preuve déterminants et sans rechercher, dans les circonstances de fait, si Roberto X... exerçait effectivement les pouvoirs qui lui avaient été délégués, la cour d'appel a violé les textes visés au moyen ;

11"alors, d'autre part, que la cour d'appel ne pouvait considérer que Vincent Y... avait enfreint les dispositions relatives à la sécurité des travailleurs dès lors que si les lieux n'étaient pas équipés par des plinthes de 15cm de hauteur, cette protection était largement remplacée par les structures métalliques de protection des balcons; qu'en tout état de cause, les juges du fond ne pouvaient condamner le prévenu sans avoir constaté qu'en présence desdites structures il avait néanmoins commis un manquement de façon délibérée; qu'ainsi l'arrêt qui retient la culpabilité du prévenu n'est pas légalement justifié ;

12"alors, enfin que la cour d'appel ne pouvait retenir la culpabilité et condamner Vincent Y... sans répondre aux conclusions de l'intéressé faisant expressément valoir que selon le cahier des clauses générales de la résidence en cours de réalisation, l'organisation et plus spécialement la sécurité du chantier incombaient à la société Eroc; qu'en ne répondant pas à ce moyen essentiel, la cour d'appel n'a pas légalement justifié sa décision" ;

13Attendu que le moyen, inopérant en ce qu'il soutient que les juges n'ont pas établi le caractère "délibéré" du manquement reproché au prévenu, se borne pour le surplus, à remettre en discussion l'appréciation souveraine, par les juges du fond, des faits et circonstances de la cause et des éléments de preuve contradictoirement débattus dont ils ont déduit, sans insuffisance ni contradiction et en répondant aux chefs péremptoires des conclusions qui leur étaient soumises, qu'en sa qualité de président de la société Y..., et en l'absence de délégation de pouvoirs régulière, il appartenait au prévenu de veiller au respect des prescriptions de l'article 5 du décret du 8 janvier 1965, dont la méconnaissance a été à l'origine de l'accident ;

14Qu'un tel moyen ne saurait être accueilli ;

15Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ;

16REJETTE le pourvoi ;

17Ainsi jugé et prononcé par la Cour de Cassation, chambre criminelle, en son audience publique, les jour, mois et an que dessus ;

18Etaient présents aux débats et au délibéré : M. Guerder conseiller le plus ancien, faisant fonctions de président, M. Desportes conseiller rapporteur, M. Joly, Mmes Chanet, Anzani, Garnier conseillers de la chambre, Mme Verdun conseiller référendaire ;

19Avocat général : M. Cotte ;

20Greffier de chambre : Mme Nicolas ;

21En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre ;

Source

Texte et métadonnées officiels de la DILA (Légifrance), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.

Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Chambre criminelle
Date
Pourvoi
96-85.770
Solution
Rejet

Référence

Cass. crim., 8 juill. 1997, n° 96-85.770, inédit

Articles cités

Les 13 textes cités

Même mois

Tous les arrêts de juillet 1997