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Cass. crim., 9 juin 2021, n° 18-81.243

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Formation restreinte
Date
Pourvois
18-81.243, 20-84.405
ECLI
ECLI:FR:CCASS:2021:CR00717
Publication
Non publié
Solution
Cassation

Référence

Cass. crim., 9 juin 2021, n° 18-81.243, n° 20-84.405, inédit

Questions traitées

Quelle est la solution de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Cassation

Que décide la chambre criminelle de la Cour de cassation dans son dispositif ?

PAR CES MOTIFS, et sans qu'il soit besoin d'examiner le troisième moyen de cassation proposé, la Cour :

Sur le pourvoi formé contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Poitiers, en date du 13 février 2018 :

DECLARE le pourvoi NON ADMIS ;

Sur le pourvoi formé contre l'arrêt de la cour d'appel de Poitiers, en date du 8 avril 2020 :

CASSE et ANNULE, en ses seules dispositions relatives à la déclaration de culpabilité pour les infractions d'importation, détention, acquisition, transport, emploi, offre ou cession non autorisées de stupéfiants et aux peines, les dispositions de l'arrêt relatives à la culpabilité des chefs d'association de malfaiteurs et de blanchiment du produit d'un trafic de stupéfiants demeurant expressément maintenues, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi, dans les limites de la cassation prononcée ;

RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Poitiers, autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;

ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel de Poitiers et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement annulé ;

Lire le texte intégral

Quels textes cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation cite-t-il ?

À quelles infractions les textes cités par cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation se rattachent-ils ?

Quelle juridiction a rendu cet arrêt, et quand ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation, le 9 juin 2021.

Cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation est-il publié au Bulletin ?

Non publié

Quels sont le numéro de pourvoi et l’identifiant européen de la jurisprudence (ECLI) de cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation ?

Pourvois n° 18-81.243, 20-84.405

ECLI : ECLI:FR:CCASS:2021:CR00717

Quelle formation de la chambre criminelle de la Cour de cassation a statué ?

Formation restreinte

Où lire cet arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur le site officiel ?

Sur le site de la Cour de cassation (Judilibre) : https://www.courdecassation.fr/decision/60c0596ae168ed2fbf8f7719.

Textes cités

Un lien marqué « sur ce site » ouvre la page de l’article, lu dans la base LEGI de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), avec les arrêts qui le citent ; les autres liens ouvrent Légifrance.

Les liens ouvrent la version de l’article en vigueur aujourd’hui ; à la date de la décision, le texte a pu être différent.

Texte intégral

Les numéros en marge repèrent les paragraphes du texte reproduit et donnent un lien vers chacun ; ils ne font pas partie de la décision.

1N° G 20-84.405 F-D

2N° E 18-81.243

3N° 00717

4CK

59 JUIN 2021

6NON-ADMISSION

7CASSATION PARTIELLE

8M. SOULARD président,

9R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E

10________________________________________

11AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

12_________________________

13DÉCISION DE LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE,

14DU 9 JUIN 2021

15M. [D] [H] a formé des pourvois :

16- contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Poitiers, en date du 13 février 2018, qui, dans l'information suivie contre lui des chefs d'association de malfaiteurs, infractions à la législation sur les stupéfiants et blanchiment, a prononcé sur sa demande d'annulation de pièces de la procédure ;

17- contre l'arrêt de la cour d'appel de Poitiers, chambre correctionnelle, en date du 8 avril 2020, qui pour association de malfaiteurs, infractions à la législation sur les stupéfiants et blanchiment, l'a condamné à neuf ans d'emprisonnement, 150 000 euros d'amende, et a ordonné une mesure de confiscation.

18Les pourvois sont joints en raison de la connexité.

19Un mémoire a été produit.

20Sur le rapport de M. Turbeaux, conseiller, les observations de la SCP Spinosi, avocat de M. [D] [H], et les conclusions de Mme Bellone, avocat général référendaire, après débats en l'audience publique du 12 mai 2021 où étaient présents M. Soulard, président, M. Turbeaux, conseiller rapporteur, M. de Larosière de Champfeu, conseiller de la chambre, et Mme Lavaud, greffier de chambre,

21la chambre criminelle de la Cour de cassation, composée en application de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale, des président et conseillers précités, après en avoir délibéré conformément à la loi, a rendu le présent arrêt.

22Faits et procédure

231. Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure ce qui suit.

242. Une enquête a été ouverte suite aux déclarations faites par deux personnes qui avaient transporté du cannabis depuis les Pays-Bas vers la France et du numéraire de France aux Pays-Bas, pour le compte d'un réseau dont le donneur d'ordre, surnommé [D], résidait à [Localité 1].

253. Le 5 décembre 2016, une information judiciaire a été ouverte pour importation, acquisition, transport, emploi, détention, offre ou cession non autorisée de stupéfiants ; un peu plus tard des réquisitions supplétives ont été prises visant des faits d'association de malfaiteurs et de blanchiment du produit d'un trafic de stupéfiants.

264. De nombreux protagonistes ont été identifiés, deux d'entre eux ont été interpellés de retour des Pays-Bas à bord d'un véhicule dans lequel se trouvait dissimulé du cannabis ; tous ont mis en cause [D], surnom donné à M. [D] [H].

275. Ce dernier a été interpellé aux Pays-Bas, en exécution d'un mandat d'arrêt européen, puis transféré au tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon.

286. Mis en examen des chefs sus-énoncés, M. [H] a choisi de garder le silence tout au long de l'instruction.

297. Les juges du premier degré ont relaxé le prévenu pour la période de poursuite comprise entre 2010 et le 1er janvier 2014, l'ont déclaré coupable de l'ensemble des infractions pour la période postérieure et condamné à neuf ans d'emprisonnement.

308. M. [H] et le ministère public ont relevé appel de cette décision.

31Examen des moyens

32Sur le premier moyen du pourvoi formé contre l'arrêt de la chambre de l'instruction du 13 février 2018

339. Il n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi au sens de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale.

34Mais sur le deuxième moyen du pourvoi formé contre l'arrêt de la chambre des appels correctionnels du 8 avril 2020

35Enoncé du moyen

3610. Le moyen critique l'arrêt attaqué en ce qu'il a déclaré M. [H] coupable des chefs d'importation, acquisition, transport, emploi, détention, offre ou cession non autorisés de stupéfiants commis au cours de la période courant de janvier 2014 au 13 mars 2017, alors :

37« 1°/ qu'en retenant cumulativement à l'encontre du prévenu les qualifications, d'une part, de détention de stupéfiants, d'autre part d'importation, acquisition, transport, emploi, offre ou cession non autorisés de ces produits, sans relever des faits de détention distincts de ceux qu'elle réprimait déjà sous les qualifications d'importation, acquisition, transport, emploi, offre ou cession non autorisés, la cour d'appel a méconnu les articles 4 du protocole additionnel n° 7 à la Convention européenne des droits de l'homme, 111-4, 132-2 et 132-3 du code pénal, ensemble le principe ne bis in idem ;

382°/ qu'en retenant cumulativement à l'encontre du prévenu les qualifications, d'une part d'importation de stupéfiants, d'autre part d'acquisition, transport, détention, emploi, offre ou cession non autorisés de ces produits, sans relever des faits d'acquisition, transport, détention, emploi, offre ou cession non autorisés distincts de ceux qu'elle réprimait déjà sous la qualification d'importation, la cour d'appel a méconnu les articles 4 du protocole additionnel n° 7 à la Convention européenne des droits de l'homme, 111-4, 132-2 et 132-3 du code pénal, ensemble le principe ne bis in idem ;

393°/ qu'en se bornant, pour entrer en voie de condamnation des chefs d'importation, acquisition, transport, emploi, détention, offre ou cession non autorisés de produits stupéfiants, à l'encontre de M. [H], à affirmer que celui-ci, sous le pseudonyme de « [D] », était « l'organisateur du réseau » et qu'il « négociait les commandes, fixait les rendez-vous et imposait les modalités d'échange, de paiement et de transport », la cour d'appel qui n'a aucunement démontré l'existence d'actes précis et effectifs d'importation, acquisition, transport, emploi, détention, offre ou cession non autorisés de produits stupéfiants imputables au prévenu, n'a pas légalement justifié sa décision au regard des articles 111-4, 222-36, 222-37 du code pénal, préliminaire, 485, 512 et 593 du code de procédure pénale. »

40Réponse de la Cour

41Vu les articles 485 et 593 du code de procédure pénale :

4211. Il résulte des textes précités que tout jugement ou arrêt de condamnation doit relever l'existence de chacun des éléments constitutifs de chacune des infractions dont il déclare le prévenu coupable. Tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence.

4312. Pour déclarer le prévenu coupable d'importation, acquisition, transport, emploi, détention, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, l'arrêt attaqué retient que tous les protagonistes de l'affaire, dont les déclarations sont corroborées par les investigations techniques, notamment les écoutes et interceptions téléphoniques mises en oeuvre par les enquêteurs, ont désigné M. [H] comme étant l'organisateur du réseau.

4413. Les juges ajoutent que c'est ce dernier qui négociait les commandes, fixait les rendez-vous et imposait les modalités d'échange, de paiement et de transport.

4514. Les juges relèvent que le train de vie de M. [H] atteste de ressources occultes, qui ne peuvent évidemment provenir du seul commerce de vêtements comme il a tenté de le soutenir devant la cour.

4615. Ils en concluent que la culpabilité de M. [H] est amplement démontrée quant aux faits de trafic et d'importation de produits stupéfiants qui lui sont reprochés, tout au moins pour la période courant du mois de janvier 2014 au 13 mars 2017.

4716. En se déterminant ainsi, sans constater, à la charge du prévenu, des faits distincts, caractérisant sa culpabilité pour chacune des infractions précitées dont il a été reconnu coupable, la cour d'appel n'a pas justifié sa décision.

4817. La cassation est par conséquent encourue de ce chef. Elle ne concernera pas les déclarations de culpabilité pour le délit d'association de malfaiteurs et de blanchiment, qui ne sont pas visées par les moyens présentés.

49PAR CES MOTIFS, et sans qu'il soit besoin d'examiner le troisième moyen de cassation proposé, la Cour :

50Sur le pourvoi formé contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Poitiers, en date du 13 février 2018 :

51DECLARE le pourvoi NON ADMIS ;

52Sur le pourvoi formé contre l'arrêt de la cour d'appel de Poitiers, en date du 8 avril 2020 :

53CASSE et ANNULE, en ses seules dispositions relatives à la déclaration de culpabilité pour les infractions d'importation, détention, acquisition, transport, emploi, offre ou cession non autorisées de stupéfiants et aux peines, les dispositions de l'arrêt relatives à la culpabilité des chefs d'association de malfaiteurs et de blanchiment du produit d'un trafic de stupéfiants demeurant expressément maintenues, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi, dans les limites de la cassation prononcée ;

54RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Poitiers, autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;

55ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel de Poitiers et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement annulé ;

56Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le neuf juin deux mille vingt et un.

Source

Texte et métadonnées officiels de la Cour de cassation (Judilibre), diffusés sous Licence Ouverte, reproduits sans modification. Lire la décision sur le site officiel.

Les questions reprennent les champs officiels de l’arrêt ; les pastilles de mots-clés reprennent le titrage officiel, les articles cités, la formation et la solution.

Fiche de l’arrêt

Juridiction
Cour de cassation
Formation
Formation restreinte
Date
Pourvois
18-81.243, 20-84.405
ECLI
ECLI:FR:CCASS:2021:CR00717
Publication
Non publié
Solution
Cassation

Référence

Cass. crim., 9 juin 2021, n° 18-81.243, n° 20-84.405, inédit

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